Affaire « 2.8% de taux de chômage en Côte d’Ivoire » : Sidi Touré continue de se ridiculiser

Ne donne pas ta voix au chômage
Ne donne pas ta voix au chômage

Affaire « 2.8% de taux de chômage en Côte d’Ivoire » : continue de se ridiculiser. Dans cet entretien accordé à TV5, en marge de la semaine nationale de l’emploi des jeunes, qui soit dit en passant, n’attire plus du monde (les jeunes assimilant ces rendez-vous comme une pure perte de temps, qui sert davantage comme une action médiatique politique); il tente de s’expliquer, sans convaincre.

Sidi Riémoko Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service Civique

Il y a quelques semaines, il y a eu cette polémique du taux du chiffre de chômage à 2% ou 5%. Selon vous quel est le vrai chiffre ?

Ecoutez, il n’est jamais aisé de parler de chiffre dans un environnement tel que le nôtre qui est africain où la réalité sociologique est très difficile. J’aimerais dire deux points. Le premier point, du point de vue référentiel, pour pouvoir nous comparer aux autres pays occidentaux, le taux de chômage, du point de vue des critères du en  Côte d’Ivoire est de 2,8%.

« Maintenant, la réalité sociologique qui est celle de l’informalité (sic) de notre économie, nous amène à apprécier deux taux pour pouvoir mieux dresser nos politiques, pour pouvoir prendre en charge les jeunes qui sont en attente d’insertion »

Maintenant, tenant compte de la réalité sociologique du vécu des Ivoiriens et surtout du caractère informel de notre économie qui est pratiquement à 93% informelle, nous prenons d’autres critères combinés, qui pour apprécier au mieux la problématique de la vulnérabilité des jeunes dans leur recherche d’emploi. En réalité tout taux annoncé en dehors du taux référencé BIT, n’est qu’un taux de vulnérabilité qui est combiné.

C’est très technique ce que vous dites…

Oui, c’est une réalité sociologique dont il faut tenir compte. Parce que nos économies sont pour l’essentiel informelles. Donc de ce point de vue, les taux peuvent être appréciés à 23, 26% selon les taux combinés que nous utilisons.

Comment expliquer que vous avez deux autorités au sein de la même équipe gouvernementale qui ont des chiffres différents ?

Nous n’avons pas dit les choses différentes. Les choses sont clairement établies telles qu’elles et elles ont été dites telles que je vous les confirme. Le taux de chômage du point de vue BIT, pour être comparable aux autres pays appréciés est de 2, 8% en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas loin du taux des autres pays avoisinants. Maintenant, la réalité sociologique qui est celle de l’informalité (sic) de notre économie, nous amène à apprécier deux taux pour pouvoir mieux dresser nos politiques, pour pouvoir prendre en charge les jeunes qui sont en attente d’insertion.

Jeunes demandeurs d'emploi en Côte d'Ivoire
Jeunes demandeurs d’emploi en Côte d’Ivoire

Le chômage est une priorité. Que faites-vous pour réduire le chiffre, si on part du principe qu’il y a 2% ?

Beaucoup d’initiatives sont prises par nos différents gouvernements. Particulièrement pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, nous avons élaboré sous l’initiative du chef de l’Etat, une politique nationale de la jeunesse qui aujourd’hui a des stratégies très opérationnelles, et la stratégie de l’insertion et l’emploi des jeunes, avec la mise en place d’un service public de l’emploi, qui aujourd’hui déploie des initiatives dans le développement de compétences des jeunes.

Quelles initiatives concrètes ?

En matière de développement de compétences des jeunes, nous avons ce qu’on appelle les formations complémentaires qualifiantes, qui permettent aux jeunes d’avoir des suppléments de formation à l’effet d’être insérés et avoir un profil qui puissent être adaptésau mieux aux besoins de l’emploi du secteur qui puisse les absorber.

A la clé ?

A la clé, un emploi, une insertion. Et maintenant, vous avez d’autres dispositifs tels que l’emploi salarié communément appelé une insertion en entreprise, à cet effet, vous avez le programme d’aide à l’embauche et vous avez aussi les différents dispositifs de stage qui nous permettent de donner de l’employabilité aux jeunes pour une perspective d’insertion immédiate.

On parle aussi des enfants « microbes » ces enfants des rues comment règle-t-on cette situation qui s’éternise depuis des années ?

Il y a deux approches à voir en la matière. Quand on qualifie d’enfant « microbe » tous ceux qui sont pris dans la rue, c’est souvent de la délinquance urbaine. Ceux qui sont en âge de majorité sont traités par les dispositifs de répression normaux. Ceux qui sont en âge de la minorité, nous avons un dispositif qui s’appelle le service civique d’emploi et de développement, qui les encadre et les met dans un centre de redressement qui leur permet d’avoir au bout du compte sur une période de 6 à 9 mois une insertion.

Quand ils sont dans les rues ?

Ils ne sont pas tous dans les rues. Ce n’est pas spécifiquement africain, c’est un phénomène mondial. Nos urbanités créent les enfants dans les rues, il nous faut trouver du point de vue des différents gouvernements, des différents leviers pour pouvoir les absorber.

Donc, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, nous avons le service civique d’action et de développement, qui a mis en place des centres qui permettent de les absorber, de leur donner à la clé un emploi pour ne pas qu’ils se retrouvent dans la rue.

Propos retranscrits par Prince Beganssou

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