Affaire Brice Siesson et Evariste Méambly : Comment la police a mis aux arrêts l’avatar Gala Kolebi

L'une des images de Gala Kolebi publiée par ses amis et utilisée par la police
La publication de Gala Kolébi qui indiquait qu’il se trouverait parmi les marcheurs

Affaire et , voici comment la police a mis aux arrêts l’avatar . Le rôle ambigu joué par un socialiste français.

C’est son profil qui a été le premier à accuser Évariste Méambly, d’avoir commandité le meurtre de Brice Siesson. Le jeune homme, alors proche du député-président du conseil régional du s’était rendu chez ce dernier, pour une mission en province, et avait été retrouvé mort, portant un impact de balle et des blessures sur le corps.

Sans gants, ni précaution, l’avatar Gala Kolébi accusait régulièrement Evariste Méambly. Alors que ce dernier se défendait tant bien que mal, d’avoir commandité la « mort accidentelle » de Brice Siesson et annonçait avoir porté plainte contre l’avatar qui l’accusait, Gala Kolebi continuait à le narguer dans diverses publications, créant souvent le buzz. C’est sans doute cette soif de buzz qui a été l’une des causes de sa « perte ». En effet, la veille de la marche interdite nuitamment par les autorités, l’avatar avait encore nargué l’ancien responsable patriote proche de Charles Blé Goudé, élu président de conseil régional sous la bannière RHDP, mais député indépendant.

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« J’apprends que le député Méambly dit qu’il fera tout pour connaître mon visage demain. Dites lui que je serai en caleçon rouge », avait-il écrit dans un style moqueur, salué par ses amis. Le jour de la marche, c’est encore la volonté de buzz de ses amis qui a mis la puce à l’oreille de la police. Alors qu’une cinquantaine de manifestants avait été arrêtée et qu’il était impossible à la police de savoir qui se cachait derrière l’avatar Gala Kolebi (son vrai nom n’est pas révélé ici) et même qu’il était parmi les manifestants, plusieurs publications de (Gbagbo ou rien) signalaient son arrestation.

« Poussés par le socialiste français Michel Galy, professeur à l’Institut des relations internationales, principalement actif sur les réseaux sociaux pro-Gbagbo ivoiriens, certains proches du jeune activiste ont vite fait de publier son image »

Avant donc midi, la police savait que Gala Kolebi se trouvait parmi les personnes arrêtées. Il restait désormais à l’identifier. Comble de l’ironie, c’est encore les milieux GOR qui vont livrer le visage du jeune homme sur un plateau d’or. En effet, poussés par le socialiste français Michel Galy, professeur à l’Institut des relations internationales, principalement actif sur les réseaux sociaux pro-Gbagbo ivoiriens, certains proches du jeune activiste ont vite fait de publier son image, pour exiger sa libération. Une vraie bêtise qui ne s’inscrivait dans aucune stratégie politique… Il ne restait plus qu’à la police de la croiser avec les manifestants qu’elle avait arrêtés.

Gala Kolebi et les autres

Le même jour, alors que la police avait libéré une vingtaine de manifestants, Gala Kolebi est resté entre les mains de la police. Il fait désormais partie des dix-huit personnes déférées devant le parquet le vendredi 23 mars 2018 et envoyés dans la soirée à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). En plus de la participation à une marche interdite, il devra répondre aux accusations de diffamation à l’aide d’un système informatique.

Ces dernières semaines, les appels au meurtre sur les réseaux sociaux se sont multipliés. Un jeune militant du Front populaire ivoirien () qui avait appelé au meurtre d’enfants de gendarmes a été condamné à un an de prison, dans un procès de flagrant délit. Si cette condamnation semble méritée, les observateurs ne comprennent pas l’impunité dont jouissent ceux qui lancent les mêmes appels contre des opposants. A la veille de la marche interdite, un jeune militant du Rassemblement des républicains (, parti présidentiel) dont le post a été largement partagé, avait lui aussi, appelé au meurtre des opposants, assurant avoir déjà fait ce job, par le passé.

Emmanuel Gautier

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