Brahima Soro : « Si la CEI est réformée sans la loi électorale, on aura fait un travail à moitié »

Brahima Soro, président de l'UPCI
Brahima Soro, président de l'UPCI

L’Union pour la paix en Côte d’Ivoire (UPCI) n’a pas été invité au débat sur la réforme de la Commission électorale indépendante () organisé par le gouvernement ivoirien, dit ne pas être surpris. Il l’a déclaré au cours d’une conférence mercredi 23 janvier 2019 à Abidjan-Cocody.

Nous n’avons pas été invités à participer à cette première séance entre le gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques ivoiriens relativement au projet de reformes de la CEI. Nous le constatons et nous le dénonçons. Mais en tout état de cause, nous ne sommes pas surpris parce que l’entreprise de division des partis politiques qui a été enclenchée depuis des années, n’avait pour but que d’arriver à ça.

Sélectionner les interlocuteurs, en laissant de côté une bonne partie des interlocuteurs crédibles. C’était un choix et ce n’est que le déroulement d’un plan savamment orchestré. Toutefois, nous allons leur faire parvenir nos propositions pour la réforme de la CEI et nous partagerons nos positions avec tous les acteurs politiques qui participent à ce débat. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas été invités que nous allons garder nos propositions.

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La veille de l’ouverture de ce débat, des responsables politiques de premier plan notamment des membres du gouvernement et des partisans, vous disent qu’en 2020 c’est déjà géré, vous le voulez, vous ne le voulez pas en 2020 on va gagner. A quoi ça sert de parler de réforme de la CEI si on connait déjà le vainqueur ? Nous sommes en droit de nous poser la question.

« A quoi ça sert de parler de réforme de la CEI si on connait déjà le vainqueur ? »

Est-ce que nous ne sommes pas en train de nous enfermer dans un schéma ou quelles que soient les propositions, elles ne serviront à rien, sinon de valider la position du gouvernement ? Cependant, nous ne voulons pas adopter une posture défaitiste et consacrer l’échec d’une discussion qui vient à peine de commencer.

Nous voulons leur donner le crédit de la bonne foi. De plus, cette réforme ne doit pas se limiter seulement à la CEI mais elle doit s’étendre à la loi électorale. Ce sont deux choses différentes mais elles vont de paire. Si la CEI est réformée sans la loi électorale, on aura fait un travail à moitié.

Roxane Ouattara