Attaques contre le Cames : « Il n’y a que nous, bénéficiaires des grades du Cames, pour défendre ce Label » (Pr Victor Topanou)

Topanou Prudent Victor K. Kouassivi
Topanou Prudent Victor K. Kouassivi

Attaques contre le : « Il n’y a que nous, bénéficiaires des grades du , pour défendre ce Label » (Pr Victor Topanou). A lire son intervention dont le titre original est « Le un bien précieux à préserver à tout prix »

Depuis quelques temps, la maison Cames connait de virulentes attaques venues de toutes parts et même si la plupart d’entre elles sont injustes et injustifiées, il n’en demeure pas moins qu’elles créent une atmosphère malsaine dont le Cames se serait bien passée. Récemment, c’est le Collègue qui a coécrit un livre au titre provocateur et excessif de « Le CAMES : la nébuleuse qui entrave l’essor du et de l’Afrique ».

Ce titre est provocateur parce que les auteurs de ce livre savent très bien que les entraves à l’essor du Bénin et de l’Afrique sont ailleurs et ont pour nom, entre autres, l’analphabétisme, la corruption des gouvernants et le faible niveau d’industrialisation de nos économies. Il est excessif parce que le Cames ne concerne, pour l’heure, que les pays francophones qui ne sont pas les seuls pays africains : l’Afrique c’est bien plus que l’Afrique noire francophone.

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Le hic, c’est qu’au terme de leurs réflexions, nos Collègues demandaient, ni plus ni moins, la fin du Cames. Nous faisons le pari, pas très difficile à tenir, qu’ils n’auront pas gain de cause. En effet, en dehors du Cames, il n’y aura que les systèmes nationaux d’évaluation dont les expériences passées  ont démontré l’inefficacité pour la simple raison que la promiscuité incestueuse des différents acteurs d’un système national ne permet pas toujours d’en garantir l’objectivité et l’impartialité.

Or, ce qui est en jeu ici, c’est la qualité des ressources humaines mises à la disposition des Etats pour leur développement global. Le Cames, c’est un Label d’excellence qui met à la disposition des Etats membres, des cadres de haut niveau à travers une sélection particulièrement objective et rigoureuse que favorisent la distance, les critères d’évaluation et l’anonymat des évaluateurs.

« Le Cames, c’est enfin un véritable outil d’émulation, de compétition saine avec une richesse infinie de production scientifique comparée »

Le Cames c’est également un excellent outil de coopération universitaire sud-sud et aussi sud-nord. Les Maîtres-Assistants, les maîtres de conférences ainsi que les Professeurs Titulaires sont consacrés Maîtres Assistants, Maître de conférences et Professeurs Titulaires « des Universités », sous-entendu « des Universités des pays membres du Cames ».

De même, les collègues du nord prennent part à certains programmes créant ainsi des cadres d’échanges et surtout d’enrichissement fécond et mutuel aussi bien sur le plan  intellectuel et scientifique. Le Cames, c’est enfin un véritable outil d’émulation, de compétition saine avec une richesse infinie de production scientifique comparée.

Pour nous, le Cames est une belle Institution aux idéaux nobles. Pour autant, nous ne pensons pas du tout que le Cames soit parfait, loin s’en faut. Comme toutes les Institutions, il peut faillir, quelques fois, trébucher souvent, mais toutes les fois, par le fait de quelques uns des hommes et des femmes qui le composent.

A la vérité, le Cames est malade du fait d’une infime minorité de ses membres qui transforment les positions institutionnelles et stratégiques qu’ils occupent pour « terroriser » et « bloquer » dans leur carrière, d’une part, les plus jeunes parce que plus fragiles et, d’autre part, tous ceux qu’ils considèrent subjectivement, au mieux comme des adversaires et au pire comme des ennemis.

« Nul n’a le droit de transformer les programmes du Cames en instruments de règlement de compte ni pour faire la promotion des plus médiocres »

Ce faisant, ils tentent de reproduire à l’international, dans le cadre du Cames, la promiscuité incestueuse qui a rendu inefficaces les systèmes nationaux d’évaluation en faisant peser sur l’immense majorité silencieuse, la peur, la terreur et la loi du silence. Nul n’a le droit de transformer les programmes du Cames en instruments de règlement de compte ni pour faire la promotion des plus médiocres d’entre nous au détriment des meilleurs.

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour la dénonciation de ces comportements déviants que nous observons au sein du CTS droit et science politique et qui ternissent l’image et la crédibilité de notre Institution (I) en nous référant strictement au Code d’éthique et de déontologie adopté depuis l’an 2000 par le Conseil des Ministres (II).

I / Les comportements déviants au sein du CTS Droit et Science politique

Dans une publication récente, nous nous sommes appesantis sur les techniques de tricherie et de fraude que certains de nos collègues utilisent pour avancer dans les grades. Nous avions dénoncé les pratiques frauduleuses de codirections de thèses en vue de passer le grade de la Titularisation, la pratique des manuscrits à peine relus qui servent de publications et celle du plagiat.

« Monsieur , Directeur adjoint de la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS) a délibérément refusé de transmettre à ses collègues du département de Droit public, les dossiers que le Cames a bien voulu leur confier pour évaluation »

Ce que nous ne savions pas au moment où nous écrivions cet article, c’est la technique de la rétention frauduleuse des dossiers des collègues. En effet, c’est au que Monsieur Kossivi Hounaké, Directeur adjoint de la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS) a délibérément refusé de transmettre à ses collègues du département de Droit public, les dossiers que le Cames a bien voulu leur confier pour évaluation.

Il s’est permis de faire, sans rien craindre, les instructions en leurs lieux et place puis de les envoyer sous, on ne sait quelles signatures, au Cames. Au moment où nous écrivons cette tribune, les collègues Togolais du département de droit public sont vent debout contre lui. Certains ont saisi leur Doyen par écrit pour s’en plaindre, d’autres plus courageux, ont saisi directement le Secrétaire Général du Cames pour dégager leur responsabilité.

 » En effet, c’est pour avoir refusé de se rendre coupable de ces pratiques frauduleuses (codirections fictives et rétention administrative illégale de dossiers) que Monsieur Djondo a perdu son fauteuil de Directeur de la DASS »

Tout le monde sait à l’Université de Lomé que Monsieur Kossivi Hounaké, dont le parcours estudiantin jonché de fraude et de tricherie est connu de tous dans cette Faculté, n’a pu agir ainsi sans la caution morale de son mentor, Monsieur Dodzi Kokoroko. En effet, c’est pour avoir refusé de se rendre coupable de ces pratiques frauduleuses (codirections fictives et rétention administrative illégale de dossiers) que Monsieur Djondo a perdu son fauteuil de Directeur de la DASS.

Ce sont des actes d’une extrême gravité, contraires au Code d’éthique et de déontologie du Cames, aussi bien dans les faits que dans l’esprit, et que l’on ne peut tolérer sous aucun prétexte. L’Université de Lomé qui a connu de célèbres Recteurs et Présidents tels Johnson Ampah, Komlanvi Seddoh, Nicoué Gayibor, François Gbeassor et Koffi Ahadzi-Nonou mérite beaucoup mieux que ses dirigeants actuels.

Mais les conséquences de ces actes déviants que l’on pourrait qualifier de fraude à la chose intellectuelle sont dévastatrices aussi bien pour les Collègues que pour les jeunes Docteurs qui sont formés dans nos Institutions universitaires.

C’est ainsi que nous avons dans nos rangs des enseignants de rang magistral (Maître de conférences ou Professeurs Titulaires) et qui n’ont aucune pensée originale, aucune production scientifique (ni un manuel ni un livre de doctrine ; ils ont tout au plus, quelques articles de vingt-deux à 30 pages)  et sont au mieux de bons commentateurs des idées d’autrui et au pire de piètres enseignants incapables de tenir un raisonnement cohérent dans un langage fluide au cours d’un débat contradictoire d’une durée de quinze minutes.

Pire, c’est la catégorie des collègues qui écument les couloirs du politique pour obtenir un poste alors qu’il ne revient pas à l’intellectuel de courir derrière le politique mais bien au politique de courir derrière l’intellectuel. Ce sont aussi des enseignants sans personnalité obligés de faire la courbette tout au long de leur carrière à ceux grâce à qui ils doivent leur promotion.

« En ce qui concerne les jeunes Docteurs qui sont formés par les Collègues aux promotions douteuses, c’est pour éviter d’étaler sur la place publique les lacunes de leur encadrement que ces enseignants s’empressent de constituer des jurys de soutenance de complaisance exclusivement composés de leurs amis »

En ce qui concerne les jeunes Docteurs qui sont formés par les Collègues aux promotions douteuses, c’est pour éviter d’étaler sur la place publique les lacunes de leur encadrement que ces enseignants s’empressent de constituer des jurys de soutenance de complaisance exclusivement composés de leurs amis ; ce qui est préjudiciable à la qualité de la formation de la relève : le Cames n’aurait jamais dû être ainsi perverti, surtout avec le Code d’éthique et de déontologie qui est le sien.

II / Le Code d’éthique et de déontologie

Si les jeunes Collègues Camésiens renonçaient jusqu’ici à dénoncer les brimades dont ils sont victimes, c’est bien parce qu’ils ont fini par intégrer, à tort, que ces pratique étaient généralisées, alors que c’est le fait d’une ultra minorité. C’est le lieu de rappeler les dispositions de l’article 25 du Code d’éthique et de déontologie qui fixent comme missions à la Commission d’éthique et de déontologie, entre autres, d’assurer « la vulgarisation du présent Code dans tous les Etablissements affiliés au Cames ».

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce Code est inconnu du grand nombre. Le Secrétariat devrait veiller à ce que cette mission soit bien remplie par la Commission. En revanche, si les collègues moins jeunes, eux, renoncent à dénoncer ces pratiques, c’est bien souvent parce qu’ils ont peur d’être taxés de diffamation ou de dénonciations calomnieuses.

C’est le lieu de les rassurer : la justice éthique n’est pas la même, ni avec la justice judiciaire, encore moins la justice administrative. L’éthique, est une notion essentiellement philosophique avant d’être juridique dans sa dimension sanction. La justice éthique s’accommode très bien de la dénonciation, pourvu que les faits allégués soient vrais et vérifiables.

« Dans la justice éthique, ce n’est pas celui qui dénonce qui est poursuivi ; il ne peut être accusé ni de diffamation encore moins de dénonciations calomnieuses au contraire, c’est l’auteur des actes dénoncés qui est poursuivi et qui est sanctionné au terme d’une procédure prévue à cet effet (confère les articles 29 et suivants du Code) »

Dans la justice éthique, ce n’est pas celui qui dénonce qui est poursuivi ; il ne peut être accusé ni de diffamation encore moins de dénonciations calomnieuses au contraire, c’est l’auteur des actes dénoncés qui est poursuivi et qui est sanctionné au terme d’une procédure prévue à cet effet (confère les articles 29 et suivants du Code).

C’est du moins ce que prévoit l’article 28 dudit Code lorsqu’il stipule que « toute autorité, tout membre des instances du Cames et tout participant aux programmes qui découvrent, dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions, un manquement aux dispositions du présent code, passible de l’une des sanctions prévues à l’article 26, en informent sans délai le Secrétaire Général du Cames ».

Pour nous, dénoncer ces pratiques ne relève ni de la diffamation ni de dénonciations calomnieuses pas plus qu’elle ne relève du domaine de la justice judiciaire ou administrative. C’est faire œuvre de salubrité publique, de protection des jeunes générations et de réhabilitation du Label Cames sans compter tout l’impact que cela peut avoir sur le développement intégral de nos Etats et de nos sociétés. Il n’y a que nous-mêmes, bénéficiaires des grades du Cames, pour défendre ce Label ; nous n’avons pas le droit de nous taire sur les comportements déviants et inacceptables de certains d’entre nous.

Par Topanou Prudent Victor K. Kouassivi,

Maître de conférences des Universités

Université d’Abomey-Calavi (Bénin)

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