Crime rituel sur le petit Bouba, cheikh Boikary Fofana : « Où va notre monde ? »

Le meurtre du petit Bouba a soulevé une vague d'indignation dans le pays
le cheikh Boikary Fofana, président du Cosim

Le cheikh Boikary Fofana, président du Conseil supérieur des imams (Cosim) de Côte d’Ivoire, invite les fidèles musulmans à ne pas succomber aux gains liés à un . Il s’est prononcé sur l’affaire d’Aboubacar Sidick Traoré, le , à l’occasion d’un sermon à la mosquée d’Aghien. Ci-dessous ses propos.

Chers fidèles, à ce stade de mes propos, je m’en vais évoquer ce drame qui fait l’actualité et qui nous ramène au thème de notre sermon réservé à la foi. Il s’agit de l’assassinat sur recommandation d’un féticheur, de cet enfant innocent de quatre ans, dans le cadre d’un crime rituel avec pour objectif d’être riche.

« Où va donc notre monde aujourd’hui ? Les riches ont peur de perdre leur fortune et les pauvres ont peur de ne pas en avoir »

Au-delà de l’acte, sachons tous que Dieu dit dans le saint coran, au verset 32 de la sourate 5 Al –Ma’idah (la table servie) : « Quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque fait don de la vie, c’est comme s’il avait fait don de la vie à tous les hommes ».

Chers fidèles, vous déduisez avec moi, à partir de ce passage coranique que, la vie est sacrée et mérite d’être respectée, surtout quand il s’agit de la vie d’un innocent. La disparition d’Aboubacar Sidick Traoré, de manière tragique; constitue une véritable épreuve pour sa famille, à laquelle j’adresse mes condoléances les plus attristées, de même que celle de tous les imams de Côte d’Ivoire.

Crime rituel, crime contre l’Islam

Devant ce genre d’épreuve, Dieu nous dit de nous référer aux versets 155, 156 et 157 de la sourate 2 du saint coran, Al Baqarah (la vache) où il affirme : « Très certainement, nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants. Qui disent quand un malheur les atteint : ‘Certes, nous sommes à Allah, et c’est à lui que nous retournerons’. Ceux-là reçoivent les bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde, et ceux-là sont les bien guidés ».

Chers fidèles, tout le monde veut avoir de l’argent. Mais sachez que l’argent n’est rien .Ce n’est pas l’argent qui fera notre bonheur ici-bas. Le bonheur ne peut venir que de Dieu. L’on peut être pauvre et être plus tranquille, plus à l’aise et plus heureux qu’un homme riche.

Chers fidèles, le monde vit aujourd’hui un véritable paradoxe. En effet, les plus riches, ceux qui sont les plus puissants de ce monde, sont fatigués. Dans le même temps, les pauvres, ceux qui sont au bas de l’échelle sociale sont également fatigués. De même, ceux qui constituent la classe moyenne, entre les deux extrêmes, sont également fatigués. En un mot, tout le monde est fatigué et le monde vit une angoisse permanente.

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Où va donc notre monde aujourd’hui ? Les riches ont peur de perdre leur fortune et les pauvres ont peur de ne pas en avoir. Et pourtant, le monde a atteint un niveau de développement scientifique, technique, économique, social, jamais égalé. C’est en cela que Dieu dit : « Ô vous qui avez la foi, votre cœur sera tranquille, vous aurez la paix, la quiétude ».

En d’autres termes, ce n’est pas par un crime, un rituel qu’on s’enrichit ; ce n’est pas le vol qui enrichit ; ce n’est pas le mensonge qui enrichit non plus. C’est Dieu qui est le pourvoyeur par excellence comme il est dit dans le Saint Coran à la sourate 42, As-Sûrâ au verset 12 : « Il possède les clefs (les trésors) des cieux et de la terre. Il attribue ses dons avec largesses, ou les restreint à qui il veut. Certes, il est omniscient ».

Chers fidèles, remettons-nous donc à Dieu qui, dirige notre vie. Qu’il nous guide sur le bon chemin et nous pourvoit de sa grâce infinie !

Elvire Ahonon, avec K. B

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