Daloa : Comment Samba Coulibaly a creusé sa propre tombe

Le maire sortant de , , tête de liste lors des élections municipales du 13 octobre 2018, est tombé face à Auguste , un « simple » conseiller sur la liste, militant du RHDP et proche du ministre Mamadou Touré. Au-delà des complaintes de ses proches, l’homme paye de fait, le prix du non respect de sa parole.

Ce fut un vrai coup de tonnerre à Daloa. Le très populaire Stéphane Gbeuly a été élu maire, le jeudi 13 décembre 2018 par la majorité des conseillers municipaux (24 voix contre 22) à la place de la tête de liste du RHDP, le maire sortant Samba Coulibaly.

Ce dernier et les adjoints qu’il a proposés ont été battus au scrutin secret. La liste des six adjoints au maire proposée par Samba Coulibaly était loin de faire l’unanimité. Preuve que Samba Coulibaly avait proposé une autre liste d’adjoints devant composer la municipalité, celle-ci n’était pas conforme à la liste des 49 conseillers déposée à la CEI. A en croire ses détracteurs, il a voulu faire un passage en force en voulant faire élire des adjoints qu’il a délibérément choisis, foulant ainsi les engagements préalablement pris et les règles du consensus au sein du , lors de la constitution des listes pour les municipales.

En effet, à en croire une source, qui a participé aux négociations, la défaite de Samba Coulibaly trouve ses origines dans la constitution de la liste RHDP. Les différentes composantes de cette liste avaient décidé que Samba Coulibaly en soit celui qui ouvre la voie par consensus. « Ils étaient quatre candidats à la candidature du RHDP, Gbeuly n’était pas candidat. Après d’âpres négociations menées par le député-ministre Mamadou Touré qui n’était pas candidat, les uns et les autres sont parvenus à un accord. cet accord était de laisser Samba Coulibaly conduire la liste à la mairie et l’ex-ministre Mathieu Babaud Darret préalablement pressenti à la mairie, de conduire la liste aux régionales. La liste des adjoints au maire avait été faite et dans l’ordre chronologique, ils figuraient sur la liste déposée à la CEI. Tout le monde était d’accord avec cela, quand à la veille de l’élection à la mairie, Samba Coulibaly a sorti une autre liste, en écartant tous les adjoints désignés par consensus »..

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C’est ainsi que Coulibaly a composé une liste selon l’ordre ci-après : (RDR), (RDR), (MFA), (RDR), (RDR) et (RDR). Face à ce coup de force en vue, des négociations étaient engagées au soir du mercredi 12 décembre pour essayer de ramener le maire sortant à la raison. Mais contre toute attente, celles-ci se sont butées sur le refus de ce dernier à revoir sa copie. « C’est lui-même qui a proposé d’aller vote pour trancher, convaincu qu’outre ses propres soutiens qu’il évaluait à un peu plus de 20, que les six conseillers issus du PDCI de la liste de Séry Kossougro, son éternel adversaire, allaient voter pour lui mais c’était mal connaître ce dinosaure de la politique locale », confie une source proche du dossier.

Mais il semble que Samba Coulibaly avait tout calculé sauf l’entrée en scène de Stéphane Gbeuly. Jeune et populaire aussi bien au sein de la communauté autochtone dont il est issu, que de la communauté allochtone, traditionnellement proche du RDR, il a été sollicité par les adversaires de Samba Coulibaly, pour conduire une liste dissidente, avec l’appui de Mamadou Touré dont il est proche depuis les législatives de 2016. La suite est connue. A l’issue du scrutin, Gbeuly passe de justesse devant Coulibaly. Le maire sortant venait de réaliser qu’il avait creusé sa propre tombe politique.

Karina Fofana