Adama Dembélé : « J’ai peur pour mon pays » 

« J’ai peur pour mon pays et je ne saurai demeurer insensible aux maux qui minent la société ivoirienne », voilà ce qu’écrit Adama Dembélé, officier de l’ordre du Mérite ivoirien, à propos de la recrudescence des tensions politiques en Côte d’Ivoire.

 

J’ai peur pour mon pays et je ne saurai demeurer insensible aux maux qui minent la société ivoirienne. Nous aimons tous notre pays et nul ne voudrait  voir cette belle Côte d’Ivoire sombrer dans le chaos alors que le gouvernement est engagé dans la voie du développement.

Pourquoi arrêter cet élan par des actes et comportements inexplicables, intolérables et préjudiciables à la paix sociale.

« Calmons nos ardeurs, asseyons-nous et discutons »

J’en appelle à l’apaisement, à l’esprit de dialogue aux uns et aux autres. Depuis quelques jours, des houphouetistes se livrent à des propos incendiaires, à des menaces tant au cours de leurs meetings que dans la presse.

Quel gauchis. Des frères, des sœurs, des militants d’une union commune à laquelle ils ont volontairement, sans contrainte, accepté d’adhérer, se déchirent.

Est-ce l’esprit et la pensée du père fondateur ?

Mes frères et sœurs Houphouetistes, pourquoi refuser de nous asseoir à la même table et discuter franchement, objectivement et surtout sincèrement.

Vos militants sont désemparés et n’ont plus de repères

Sachez une chose, l‘état de la maison inquiète. Le mur est lézardé et vous favorisez, par cette attitude, la division au sein  de la famille des Houphouetistes.

Oui, le père fondateur est vraiment mort. Aucune compassion de la part de ses enfants qui, à petit feu, sont en train de détruire l’héritage.

Nous sommes en démocratie. A ce titre, nous devons accepter la contradiction positive et surtout respecter la parole donnée.

Nous ne devons, en aucun cas, pour des calculs politiciens, sacrifier la vie d’innocentes personnes que nous entraînons malheureusement au gré de nos humeurs.

Assumons les conséquences de nos propos et dérives oratoires

Cette fois, nul ne doit allumer le feu et se complaire dans un exil à l’extérieur du pays. Le pays doit brûler avec tout le monde si telle est la volonté de Dieu.

Que le Tout Puissant nous en épargne.

Monsieur le Président Bédié, digne héritier de feu Félix Houphouet Boigny, les Ivoiriens vous regardent et comptent sur vous pour garantir la paix en Côte d’Ivoire, préalable a tout développement auquel vos frères et sœurs aspirent.

Le Père Fondateur vous en voudra si vous demeurez sourd au cri du cœur de vos compatriotes qui aiment leur pays et qui sont fiers d’y vivre.

L’héritage de feu Félix Houphouet BOIGNY doit être préservé

Ivoiriennes, Ivoiriens faisons, en sorte d’éviter que la colère du Tout Puissant ne s’abatte sur nous.

Certes, nous demandons aux religieux Imams, Prêtes et Pasteurs de prier pour éviter à la Côte d’Ivoire une guerre, un déchirement du tissu social.

Mais, en retour, que faisons-nous pour éviter ces calamités ?

L’égoïsme, l’enrichissement par tous les moyens, le mépris du bas peuple qui s’enlise dans la pauvreté ont pris le dessus sur l’amour du prochain, la solidarité, la fraternité, le pardon, la tolérance et le bonheur pour tous.

Ivoiriennes, Ivoiriens, aujourd’hui, il y a des signes qui nous interpellent (enlèvements d’enfants, tueries, incendies, saccage des lieux publics, etc…) et si nous n’y prenons garde, la Côte d’Ivoire vivra des moments sombres et les prières que nous réclamons aux uns et aux autres, malheureusement, ne nous sauveront point.

Sachons tous que Dieu est amour et il ne tolérera jamais ces dérives orchestrées et encouragées par certains Ivoiriens tapis dans l’ombre oubliant que tôt ou tard, ils rendront compte au Maitre des Cieux et de la terre.

Nul n’est éternel et la disparition de nos illustres personnalités, parents amis et connaissances doit nous interpeller.

Nous les rejoindrons tôt ou tard quel que soit le temps de notre vie sur terre.

Abusons de notre pouvoir, pillons les richesses, écrasons les faibles, installons l’injustice mais Dieu, dans son jugement, sera sans pitié.

Ne l’oublions pas : la vie sur terre n’est qu’éphémère

Alors, Ivoiriennes, Ivoiriens, ressaisissons nous et par notre inconscience, évitons à la Côte d’Ivoire une catastrophe que nous aurons nous-mêmes préparée et entretenue par notre égoïsme, notre orgueil, notre jalousie, notre hypocrisie, notre mensonge, notre haine, notre méchanceté et notre abus du pouvoir.

Les générations présentes et futures attendent de nous les vertus d’amour, de pardon, de tolérance, de justice et de paix véritable.(…)

Ne cédons pas à la panique et à la colère.

En ces circonstances, la sagesse recommande le silence, la lucidité et la retenue.

Messieurs les présidents OUATTARA et BEDIE, sans délai, intervenez énergiquement afin de mettre fin à ces diatribes car au regard de ce constat, sans être devin, au risque de nous tromper, nous courons vers une fracture du RHDP.

Alors, calmons nos ardeurs, asseyons-nous et discutons

L’opposition nous observe et se réjouit, à juste titre, de voir que nous sommes en train de préparer son lit.

Ne dit-on pas que qui aime bien châtie bien. C’est pourquoi, nous ne devons pas demeurer dans un mutisme face à tout ce qui pourrait emporter notre union.

Sachons tous qu’unis et solidaires, nous vaincrons toutes les adversités.

Que Dieu inspire les uns et les autres pour construire une nation forte auréolée des vertus humaines rappelées ci-dessus.

Que le Tout Puissant, dans sa miséricorde et son infinie bonté couvre notre pays de sa grâce, nous protège et nous guide sur le chemin d’un bonheur sans fin.

DEMBELE Adama

Officier de l’ordre du Mérite ivoirien