Gbi de Fer à Ouattara : « La crise avec Bédié et Soro a pour origine la parole donnée »

L’humoriste Ivoirien s’exprime sur l’actualité politique du pays. Pour lui s’il y a des discordes entre le président , et , cest parce que la parole donnée n’a pas été respectée.

Monsieur le président de la république, il faut que je vous interpelle. Henri Konan Bédié est ancien président, Guillaume soro est président de l’assemblée nationale, aujourd’hui, vous êtes en discorde, vous êtes en histoires. Vous savez pourquoi ? Je vous explique. Dans la vie, il faut avoir une valeur.

Le langage, la parole donnée, c’est très important. Chez les Akans, la parole c’est très important. L’Akan même peut se tuer rien que pour sa parole. Lorsque vous avez accédé au pouvoir, vous avez demandé à Bédié de vous donner un deuxième mandat, de vous appuyer pour un deuxième mandat. Ce n’était pas écrit et il a donné son accord et vous avez dit, monsieur Bédié, il faut maîtriser tes gars, il faut leur parler. Il a dit je vais les maîtriser c’est ce que Bédié dit. Et il a donné son accord.

C’est comme cela qu’ils vous ont accompagné au premier mandat et au deuxième mandat. Il était question que maintenant à son tour, que vous donniez l’ascenseur au PDCI. Il l’a dit lui-même qu’il est âgé. Mais lorsqu’il a constaté que les gens de ton régime ont commencé à dire que Ouattara n’a rien promis à Bédié, il vous a appelé mais vous avez dit de laisser tomber et de ne répondre au coup pour coup et qu’au moment venu, la solution sera trouvée.

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Le moment venu, dans l’entendement de Bédié, il voulait vous proposer trois noms afin qu’un choix puisse être parmi les trois. C’est quand vous-même vous avez dit que vous n’avez rien promis à Bédié, qu’il a dépêché  des gens auprès de vous pour dire ce que vous êtes en train de dire n’est pas bien pour la quiétude des Ivoiriens. Bédié n’était pas prêt pour être candidat. Il voulait vous donner trois noms pour que vous choisissiez un parmi eux.

Mais pourquoi vers la fin c’est devenu comme cela ? Même le cas de Soro. Il a appelé Soro chez lui à Daoukro pour lui dire d’enlever de sa tête qu’il veut être candidat en 2020. Et il a dit à Soro, tu es encore très jeune il faut que tu apprennes à l’assemblée nationale, on va te mettre dans l’exécutif. Comme cela tu vas apprendre et sortir après. Mais je te préviens tu vas devenir président de la république un jour, mais pas en 2020.

Et Soro a donné son accord pour ne pas être en accord en 2020. Bien que d’après Soro, vous lui avez promis de lui donner le pouvoir en 2020, Bédié l’en a dissuadé. Ce qui se passe aujourd’hui monsieur le président, Bédié est fâché, Soro est fâché à cause d’après eux de la parole donnée. Vous avez dit que Bédié va choisir des gens et vous allez accompagner le PDCI et à la fin du match, ce n’est pas ce qui a eu lieu.

C’est ce qui énerve Bédié, et c’est ce qui énerve Guillaume Soro. Monsieur le président, en matière de pratique politique, à un moment donné, il faut tenir parole. Le langage, la vérité c’est très bien. On peut dire autre chose au peuple, mais entre vous, apprenez à être très sincères. Aujourd’hui, nous sommes à une période de notre vie où on ne veut pas qu’on dise des choses qui ne sont pas vraies.

C’est pourquoi chaque fois, nous allons interpeller tout le monde. Et puis nous allons dire aux uns et aux autres que la Côte d’Ivoire sort d’une crise, on n’est pas encore stable, je vous en prie les ambitions personnelles ne doivent pas détruire la Côte d’Ivoire, allons tous doucement.

Retranscrit par Prince Beganssou