Les grandes (in)justices de l’ère Ouattara (acte 3) : Un handicapé ivoirien arnaqué par un Français, la justice complice ?

Kouadio Kouamé Nathanaël, victime du Français Fontova, avec la complicité de la justice ivoirienne
Kouadio Kouamé Nathanaël, victime du Français Fontova, avec la complicité de la justice ivoirienne

Les grandes (in)justices de l’ère Ouattara, dans son acte 3, s’arrête aujourd’hui à , pour faire la lumière sur une surprenante arnaque à la Française, avec la complicité de la justice ivoirienne. Récit pour rendre justice à un jeune Ivoirien handicapé qui a tout perdu.  une arnaque à la française.

Je rencontre Kouadia Kouame Nathanael après mon passage à l’émission CMIDI de la télévision ivoirienne du 03 mai 2018. Convaincu par le récit que j’avais fait sur les risques de mon métier de reporter télé, l’homme décida de se confier à moi. Je décide alors de porter cette affaire sur ma chaine de télévision Sikka TV qui malheureusement a refusé de diffuser ce reportage.

Kouadio Kouamé Nathanël a tout perdu
Kouadio Kouamé Nathanël a tout perdu

J’ai donc décidé de publier ce reportage qui certainement aidera chacun à faire son idée sur cette histoire.  Je sais que je signe la cessation de mon contrat avec cette chaine que j’ai servie pendant 4 ans, mais si mon témoignage peut sauver cet handicapé, alors je suis prêt à prendre tous les risques.

Kouadio Kouamé Nathanaël vit reclus dans un appartement non loin de la pharmacie de la mairie de Yopougon au quartier Selmer. Il a perdu l’usage de sa jambe gauche dans un accident de travail en 2012. Après un long procès ou l’employeur a refusé de le dédommager, il reçoit une compensation de son assurance. Malheureusement, il sera défalqué par la CNPS qui lui prendra la moitié de cette somme. Il se retrouvera avec 600.000 FCFA, ce que Nathanaël n’a pas digéré jusqu’ici.  Petit à petit il retrouve le goût à la vie et décide de payer un taxi compteur avec ses dernières économies.

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En 2015 alors qu’il se trouvait dans une station d’essence il rencontre un Français du nom de Fontova Gilles Claude, à bord d’une Patrol. Ce dernier se fait passer pour un chef d’entreprise, spécialisée dans la construction de bateaux. Il lui propose de louer son véhicule pour ses courses personnelles. Ce qu’accepta Nathanaël contre la somme de 36.000 FCFA par jour.  Au bout d’une semaine, il lui remit 600.000 FCFA et proposa dès lors, à notre ami d’acheter sa voiture. Ce que refusa Nathanaël. Quelques semaines après il lui proposa de l’aider à aller en France, en vue de lui permettre de bénéficier d’une bonne prothèse. Seulement voilà, trois mois après cette proposition, Fontova était introuvable avec la voiture de l’handicapé, marié et père de deux enfants.

Quand l’ivoirien perd confiance en sa justice

Après avoir lancé un avis de recherche, le Français est interpellé par la gendarmerie.

Copie du passeport français de Fontova Gilles
Copie du passeport français de Fontova Gilles

Conduit au tribunal de Yopougon il avoue avoir vendu la voiture. Nathanael découvrira plus tard les épaves de sa voiture sur les rails en Zone 4 de Marcory. Condamné par la justice, il remit un chèque en bois au juge et fut relâché. Après avoir dépensé les 600.000 FCFA remis par Fontova pour ses frais de justice, depuis 2015 Nathanael n’a plus les nouvelles de son bourreau. Il a maintes fois tenté de se confier à la justice mais il lui est impossible de faire face aux frais de la justice.

Aujourd’hui malade et couché sur son lit, a perdu confiance en la justice ivoirienne. L’homme se sent abandonné du fait de son handicap mais il a aussi conscience que la frilosité de la justice ivoirienne est due à la nationalité du malfaiteur. Athlète paralympique, ce jeune handicapé passe des jours difficiles, entre certains créanciers qui le menacent de recours à la justice (comble d’ironie) ou d’expulsion. Désormais, il compte les jours où l’on lui rendra justice. Fontova Gilles Claude lui doit plus de 50 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

Chris Paterne Assémian

 Journaliste reporter d’images

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