Hamed Bakayoko au Figaro : « L’acquittement de Gbagbo ne nous impressionne pas »

Hamed Bakayoko à Abobo le 5 septembre 2018
Hamed Bakayoko à Abobo le 5 septembre 2018

Trois jours après le 1er Congrès ordinaire du RHDP, le ministre ivoirien de la Défense Hamed Bakayoko a accordé une interview au journal français le Figaro. Un entretien au cours duquel Hamed Bayayoko revient, entre autres, sur l’acquittement de Laurent Gbagbo par la Cour pénale internationale.

Hamed Bakayoko est ministre de la Défense de Côte d’Ivoire. C’est un proche du chef de l’État Alassane Ouattara, lequel lui a rendu un vibrant hommage, samedi dernier à Abidjan, lors du « congrès constitutif » unifiant la mouvance présidentielle sous l’étiquette du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).


LE FIGARO. – Comment réagissez-vous à l’acquittement par la CPI de l’ex-président Laurent Gbagbo et à la perspective probable de son retour en Côte d’Ivoire ?
Hamed BAKAYOKO. – Nos partisans ont été confrontés à Laurent Gbagbo lorsque celui-ci était au pouvoir (de 2000 à 2011, NDLR). Nous ne sommes pas impressionnés. Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête. Nous ne souhaitons pas commenter les décisions de la justice internationale.

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En revanche, ce que nous disons, c’est que ces décisions ne doivent pas être source de déstabilisation et de désordre. Les Ivoiriens ne veulent pas d’un retour en arrière. Regardez, des mesures ont été prises en faveur de l’opposition. Simone Gbagbo (l’ex-première dame, NDLR) a été libérée l’an dernier, elle a paradé un moment et puis plus rien. Nous gérons le pays, nous obtenons des résultats. Nous n’allons pas adapter notre politique à Gbagbo mais garder le cap que nous nous sommes fixé pour la réconciliation des Ivoiriens.


« Nous n’allons pas adapter notre politique à Gbagbo »

Au Sahel, l’évolution de la crise sécuritaire vous inquiète-t-elle ?
C’est une situation qui nous engage. La Côté d’Ivoire a pris la décision de participer très bientôt à l’opération de maintien de la paix des Nations unies au Mali (Minusma). Il ne s’agit pas de la crise d’un pays mais de toute la sous-région. Nous sommes très engagés et j’ai bon espoir qu’avec tous les moyens déployés, nous pourrons dans les deux ou trois ans réduire nettement la violence.

La Côte d’Ivoire a-t-elle des problèmes sur ses frontières ?
Il y a des problèmes et nous travaillons avec certains États (c’est le cas avec le Ghana, sur fond d’enjeux pétroliers, NDLR) pour nous mettre d’accord sur une parfaite délimitation de nos frontières à travers des commissions mixtes qui sont à pied d’œuvre. Ensuite, il y a des problèmes de surveillance de ces frontières. C’est une réalité. Même chez un grand pays comme les États-Unis, il y a un débat sur le mur pour surveiller la frontière avec le Mexique…

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Mais aujourd’hui, les équipementiers ont développé des solutions qui nous permettent, grâce à des satellites et à des scanners, de rendre ces frontières plus sûres. Toutes ces technologies sont les bienvenues. Nous devons nous doter des moyens, biométriques notamment, qui nous permettent de savoir qui passe les frontières et pourquoi, en rattachant un visage à une identité. Il y a, dans la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), une libre circulation des populations. Cette libre circulation ne doit pas devenir une menace pour nos territoires.

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