Koumassi : Affrontements élèves et policiers, après le décès brutal d’une enseignante

Affrontements élèves et policiers ce mardi 15 mai 2018 à Koumassi à Abidjan
Affrontements élèves et policiers ce mardi 15 mai 2018 à Koumassi à Abidjan

La commune de (Abidjan) a été secouée par des affrontements entre élèves et policiers, ce mardi 15 mai 2018, à la suite du décès brutal d’une enseignante. Le calme est revenu en fin d’après-midi. affrontements élèves policiers.

La tension est vite montée ce mardi. Il est presque midi quand une enseignante de mathématiques pique une crise et s’écroule en pleine classe, au . Ces élèves paniqués ne savent que faire. C’est alors qu’un petit groupe d’élèves décide de la conduire au centre de santé le plus proche, à savoir l’.

Sans qu’on ne sache exactement ce qui s’est passé, aux urgences de l’hôpital (à l’heure où nous mettons sous presse), l’enseignante décède. Entre-temps, par SMS et appels téléphoniques, plusieurs élèves qui souhaitaient prendre les nouvelles de leur professeur, affluent vers l’hôpital. Informés du décès, ils accusent le personnel médical d’avoir refusé de prendre en charge la patiente.

A lire aussi. Drame à Koumassi-Remblais : L’élève défunte mariée à son tueur présumé, sa rivale libérée

C’est alors que l’attroupement devient important devant l’hôpital et que les premières casses interviennent. Alertée, la police est arrivée sur les lieux et a tenté, dans un premier temps de convaincre les élèves visiblement en colère, de se retirer. Les esprits se sont encore chauffés, quand des barricades ont commencé à être dressées sur la chaussée, pour empêcher tout trafic.

Affrontements élèves policiers ce mardi 15 mai 2018 à Koumassi (Abidjan)
Affrontements élèves policiers ce mardi 15 mai 2018 à Koumassi (Abidjan)

En définitive, la police a dû procéder à des tirs de bombes lacrymogènes pour disperser les élèves et aussi la foule qui se joignait aux manifestants et qui criait sa colère contre le système de santé en Côte d’Ivoire.

« Manque de procédure et faillite du système de prise en charge »

Contacté par , , journaliste-écrivain et éveilleur de consciences a indiqué que « ce drame est la conséquence d’une double situation que nous décrions depuis longtemps et sur laquelle nous ne cessons d’attirer l’attention des décideurs : le manque de procédure claire dans nos administrations et la faillite du système de prise en charge dans nos hôpitaux.

« Pourquoi dans ce pays, les professeurs qui gèrent notre système de santé, ne peuvent pas mener une toute petite réflexion pour proposer un système de prise en charge des premiers soins » (ASK)

Depuis toujours, je demande aux responsables de l’éducation nationale de sortir les règlements intérieurs de nos écoles. S’il y avait un règlement intérieur su de tous dans cette école, des élèves n’auraient pas décidé d’eux-mêmes de conduire un enseignant dans un centre de santé. La procédure aurait été enclenchée.

Par ailleurs, tant que notre système de prise en charge des malades privilégiera l’argent avant les premiers soins, au lieu des premiers soins avant l’argent, nous assisterons toujours à ce genre de drame. Pourquoi dans ce pays, les professeurs qui gèrent notre système de santé, ne peuvent pas mener une toute petite réflexion pour proposer un système de prise en charge des premiers soins, tout en trouvant des mécanismes de payement de ces soins, à posteriori ?

Cette faillite de la réflexion et des initiatives, qui privilégie la fatalité au lieu de la réactivité, est quand même étonnante. Je répète que cela est faisable. Cela se faisait déjà en Côte d’Ivoire et cela se fait dans les pays qui se respectent ».

Elvire Ahonon

Drame à Koumassi-Remblais : Une élève projetée du 4è étage, son prof-amant fait des aveux, sa rivale arrêtée