La Friedrich-Ebert-Stiftung révèle : « De nombreuses ONG ivoiriennes n’existent que de nom »

La Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire révèle : « De nombreuses n’existent que de nom ». Ci-dessous, une contribution parue sur le titre originel : « La parole social-démocrate : Qui est donc la société civile ? »

Au gouvernement ivoirien comme sur le plan international, on entend souvent qu’il faudrait impliquer la « société civile » dans les processus de mise en œuvre de mesures de sécurité, de protection sociale ; et dans la politique en générale. Pourquoi ? Car une vraie démocratie est inclusive et elle est vécue par chaque citoyen. La démocratie n’est pas seulement un événement qui resurgit tous les cinq ans, elle devrait faire partie du quotidien, elle devrait être durable. Les intentions du gouvernement et des acteurs internationaux, y compris celles de la fondation Friedrich-Ebert, sont louables.
L’implication de la société civile est une bonne chose.

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Pourtant, il convient de s’interroger sur notre perception de la société civile. Il y a d’abord le problème de la pléthore d’Organisations Non Gouvernementales en Côte d’Ivoire. Au point où l’on en arrive à se demander s’il n’y aura pas bientôt plus d’ONG que d’ivoiriens dans ce pays. Mais quelle est la capacité, la légitimité et la raison d’être de ces organisations ?

De nombreuses ONG existent seulement de nom, et certaines d’entre elles réalisent même de bonnes brochures à l’intention des bailleurs de fond. Cette propension à attirer les organisations internationales plutôt qu’à accomplir leur vrai rôle de représentants de la société fait qu’il est difficile de juger du sérieux d’une ONG. Malgré tout, cette tendance ne doit pas être généralisée à toutes les organisations et ternir l’image de bonnes ONG qui opèrent en Côte d’Ivoire.

ONG ivoiriennes : de bons et mauvais élèves

Mais si l’on observe un paysage si vaste d’ONG, c’est à cause de l’image que l’on se fait de la société civile. Notre perception de la société civile est souvent limitée aux organisations structurées et enregistrées en tant qu’ONG. Pourtant, dans une démocratie, la société civile va au-delà des ONG. Tous ceux qui réussissent à rassembler des citoyens et à influencer la société font partie de la « société civile ». C’est le cas des syndicats, des comités d’entreprise, des églises, des chefferies coutumières, des mosquées, des équipes de sport, des associations de quartier, des coopératives, etc. Chaque citoyen qui s’intéresse aux sujets de société ou politiques est membre de la société civile. Ces citoyens font partie du « démos » de la démocratie.

« La démocratie est inclusive, elle ne connait pas de boîte e-mail et elle laisse tout le monde s’exprimer »

Pourquoi cette question de la société civile est-elle pertinente ? Car nos hommes et nos femmes politiques, nos organisations internationales et nos médias en Côte d’Ivoire favorisent et privilégient les ONG qui font le plus de bruit. Il ne faut pas leur en vouloir, car c’est dans la nature du travail. On aime bien ceux qui possèdent un siège, un président avec une carte de visite, un cachet officiel, du papier en-tête et une preuve de l’enregistrement de l’organisation auprès du Ministère de l’Intérieur. Cela facilite la traçabilité des fonds avec des pièces comptables et la justification des activités. Mais nous manquons l’opportunité d’impliquer plus d’ivoiriens dans la démocratie.

La démocratie est inclusive, elle ne connait pas de boîte e-mail et elle laisse tout le monde s’exprimer. Ainsi, chers internautes, soyez encouragés à impliquer tout le monde ; l’homme ou la femme dans la rue, le chauffeur de taxi ou la vendeuse de fruits au marché. Leurs perspectives pourraient vous étonner. Il faudrait les écouter.

Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire

NDLR : la titraille est de la rédaction

Pénurie d’eau en Côte d’Ivoire : « Les solutions proposées sont d’ordre conjoncturel et non structurel » (Friedrich-Ebert-Stiftung)