Marien Fauney Ngombé (écrivain congolais) : « La Côte d’Ivoire est le pays de tous les possibles »

Marien Fauney Ngombé

Marien Fauney Ngombé est un congolais résidant en France depuis plus de 25 ans. Comptable de formation, il est actuellement responsable administratif et financier dans un cabinet d’avocats. Celui qui se définit comme étant « un africain averti résidant en France », s’inscrit dans la liste des fils et filles d’Afrique qui essaient de faire bouger les choses et de jeter les bases de l’Afrique qui adviendra.

En effet, à l’origine de différentes initiatives associatives, nous nous sommes arrêtés sur deux plateformes dont il est l’initiateur : le club de réflexion socio-économique Club Lenda et SO’ART BRAND, le concept qui a pour but de valoriser la culture africaine.

Qui est Marien Fauney Ngombé ? En quelques lignes parlez – nous de votre parcours.

Je suis le 4ème d’une famille congolaise de 5 enfants. Arrivé en France pour échapper à une guerre civile à 15 ans, je m’y suis installé. J’ai eu un diplôme de Comptabilité et depuis je travaille dans ce domaine. En parallèle, je nourris une passion pour la Culture de manière générale, la musique et la littérature en particulier. J’ai publié à ce jour quatre ouvrages et mon prochain projet littéraire, un roman est en cours de finalisation.

Parlez-nous de vos publications et de votre projet littéraire.

J’ai en premier publié un recueil de nouvelles intitulé « Escales » qui parle de voyages. Voyages initiatiques et voyages introspectifs en quatre nouvelles. Ma seconde publication individuelle est « Le Bâtiment A », un roman qui raconte la vie d’un jeune étudiant africain dans une cité universitaire de province : les difficultés du quotidien, les amitiés, la nostalgie et autres aspérités de l’existence. Ensuite, j’ai participé à deux projets collectifs, un qui questionne les notions de Norme et Marginalité qui a pour tire « Sous mes paupières. Extérieurs vies » et enfin l’ouvrage collectif que j’ai initié en hommage à un chantre des révolutions africaines, en l’occurrence l’artiste musicien . Le recueil de nouvelles a pour titre « , ».

A partir de quel moment avez – vous mis en place le CLUB LENDA et le concept SO’ART ? Un lien existe-t-il entre ces deux réalisations ?

Ma dernière publication a eu la chance d’avoir une grande couverture médiatique, particulièrement dans les médias africains de Paris. Cette publication m’a permis également d’élargir mon réseau. En parallèle de cela, mon envie de conjuguer différents talents devenait de plus en plus grande. J’étais persuadé que mettre des efforts en commun permettrait de donner de la force aux initiatives individuelles. Voilà comment, habité par une passion pour le rayonnement de l’Afrique, avec des amis nous avons mis en place le CLUB LENDA constitué de personnes de profils différents et complémentaires (juristes, marketeurs, comptables, ingénieurs en informatique…) et SO’ART : la rencontre créée pour mettre en lumière les talents artistiques des Afriques.

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Quelles sont les actions ainsi que les ambitions du CLUB LENDA ?

Le Club Lenda est un cercle qui s’inscrit dans une démarche résolument tournée vers la société civile. Alors que les cercles de réflexions africains ont tendance à vouloir s’adresser aux organes de décisions du continent, le Club Lenda a pour vocation de s’adresser à tout Africain averti, qui a pris conscience de l’importance des sujets qui représentent des enjeux pour le continent. Le club organise des rencontres récurrentes sur des sujets microéconomiques (ex : Quelles sont les différentes sources de financements pour une PME et les moyens pour y accéder) ou des sujets macroéconomiques (ex : Le rôle et le fonctionnement des institutions financières internationales). En plus de ces rencontres qui visent la vulgarisation de la culture économique, notre Club est une plateforme d’experts qui se proposent d’accompagner les entrepreneurs en puissance dans la mise en place et/ou le développement de leur entreprise. Les ambitions du Club sont d’aider les projets embryonnaires à arriver à maturation. Les membres du Club sont pour la plupart des entrepreneurs, le but étant que les projets portés aussi par chacun puissent éclore. Voilà en somme, nous avançons avec prudence et nous espérons nous déployer davantage sur le continent. Nous avons trois membres sur le continent, 2 au Congo (Brazzaville et Pointe-Noire) et 1 en Côte d’Ivoire (Abidjan) et nous souhaitons poursuivre ce maillage et mettre sur pied des conférences et des ateliers de formation dans ces pays.

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Comment SO’ART s’inscrit dans les actions du Club Lenda ?

Il s’agit de deux actions compartimentées. Les membres de So’Art ne sont pas ceux qui vont vivre LENDA. So’Art est une association Loi 1901 au départ qui est devenue une société. Au départ, il s’agissait de rencontres culturelles organisées sur Paris. Ces rencontres avaient pour maître – mot la transversalité des arts. Nous voulions pour chaque rencontre faire découvrir à la fois un écrivain, un chanteur et un sculpteur par exemple. Trois artistes de différents domaines à chaque fois. Il s’agissait au départ d’un afterwork organisé dans le 8ème arrondissement parisien. Depuis l’afterwork, So’Art Café a donné naissance à So’Art Book consacré au livre, So’Art Live consacré au concert acoustique.

« La Côte d’ivoire, l’un des pays les plus attrayants de l’Afrique francophone… les Etats-Unis d’Afrique »

Le projet a grandi au point de devenir une rubrique littéraire dans l’émission Ambiance Africa d’Aissa Thiam sur la . Depuis quelques semaines, So’Art BRAND, (le nom de la société qui organise toutes les activités), va co-produire l’album d’un des plus grands musiciens de la , de MI AMOR. C’est le lieu de saluer ici Laetitia M., et qui font grandir l’idée.

Et La Côte d’Ivoire dans tout cela ?

Les indicateurs économiques font de la Côte d’ivoire, l’un des pays les plus attrayants de l’Afrique francophone. Mais surtout je suis amoureux de ce pays, qui à juste titre certains appellent les Etats-Unis d’Afrique. On y retrouve un melting pot culturel à nulle autre pareille. C’est le pays de tous les possibles et il y existe une vitalité non démentie jusqu’à ce jour. Le Club Lenda a réalisé une conférence au Congo en novembre, mais aimerait organiser des formations en terre d’Eburnie. L’un des membres du Club a réalisé de nombreuses formations à Abidjan mais cela avait été fait en som nom propre. Nous espérons le faire très bientôt au nom du Club. Concernant So’Art, nous sommes partenaires du festival de Bouaké qui aura lieu en Avril 2019 avec en invité d’honneur l’artiste Doudou Copa. Mais So’Art viendra aux Ivoiriens tôt ou tard, c’est une certitude.

Pour finir, dans 10 ans comment voyez ces actions survivre ?

Si les ancêtres le souhaitent, ces actions survivront aux mains de petits frères plus avertis que nous.

Recueillis par Emmanuel Gautier

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