Me Altit passe à l’offensive : « L’armée ivoirienne n’a jamais été mono-ethnique sous Gbagbo »

Me Emmanuel Altit a introduit une requête de non-lieu pour Laurent Gbagbo
Me Emmanuel Altit a introduit une requête de non-lieu pour Laurent Gbagbo

Le procès en vue de la demande d’acquittement de et de Charles Blé Goudé, à la Cour pénale internationale (), a repris ce lundi 12 novembre 2018. Nous vous proposons de larges extraits des propos de l’avocat de Laurent Gbagbo,

Le procureur tente de démontrer qu’aurait existé une structure parallèle, en postulant l’existence de cette structure. Personne de crédit parmi les témoins du procureur n’est allé dans l’existence d’une structure parallèle. Personne n’est allé dans l’existence d’un cercle d’initiés, et personne n’est allée dans l’existence d’un plan commun.

C’est le même procédé intellectuel que le procureur a utilisé tout au long de sa réponse écrite, et de son exposé oral, en laissant entendre de façon constante que l’absence de preuves directes de l’existence d’un soi-disant plan commun, constituerait l’existence de ce plan commun. Autrement dit, une absence de preuves, est pour lui la preuve évidente d’un complot.

A lire aussi : Adama Bictogo : Le super homme d’affaires qui ne connaît pas la crise (Acte 1)

Le problème est que cette soi-disant preuve, ne peut jamais reposer sur quoi que ce soit. Les seuls ordres dont il est fait état dans le dossier, sont les ordres normaux donnés par des gradés de l’armée et des gradés de la police à leurs subordonnés, en vue de prévenir les attaques des groupes de rebelles lourdement armés contre les institutions, ou en vue de défendre la population.

Le procureur ne répond pas quand il s’agit de savoir comment une armée multi-ethnique dont les commandants avaient été à tous les niveaux au mérite, se serait soudainement transformée en 2010, en une armée mono-ethnique s’attaquant à la population et aux institutions de la République.

Il ne répond pas parce que l’armée n’a jamais été mono-ethnique en Côte d’Ivoire, sous le président Gbagbo. L’armée est restée l’armée comme l’ont dit ses témoins. Et c’est l’armée de Côte d’Ivoire, rassemblant les officiers, les hommes de confessions diverses, qui a défendu la république et ses institutions.

« La police puis l’armée ont été attaquée à Abidjan dès décembre 2010, par des rebelles infiltrés pendant les mois précédant l’élection présidentielle »

Les témoins du procureur ont indiqué que les interventions de l’armée et de la police avaient été faites selon les règles. Que le droit international humanitaire avait été respecté, et que toutes les mesures avaient été prises en toutes circonstances, pour que les civils ne soient pas les victimes de la guerre qui faisait rage entre les rebelles et les autorités républicaines.

La police puis l’armée ont été attaquées à Abidjan dès décembre 2010, par des rebelles infiltrés pendant les mois précédant l’élection présidentielle et elles se sont défendues. Elles ont été ensuite attaquées et détruites par l’armée française avant qu’Abidjan ne soit envahie par les rebelles venus du nord composés notamment, de mercenaires étrangers et de dozos.

Retranscription Prince Beganssou

Adama Bictogo : Le super homme d’affaires qui ne connaît pas la crise (Acte 2)