Meurtre du capitaine Djah Dago : Un rescapé raconte ses dernières minutes

Le commandant de la 4è compagnie mobile de gendarmerie de Korhogo, le capitaine a été froidement assassiné par orpailleurs clandestins à (Boundiali), le lundi 30 juillet 2018. Un des rescapés nous relate les faits. Meurtre du capitaine Djah Dago.

Alors qu’il était allé pour une mission de démantèlement d’un site d’orpaillage à Koffré, dans la sous-préfecture de Baya, dans le département de Boundiali, située dans l’extrême nord de la Côte d’Ivoire, il a rencontré son destin. Un destin tragique. Dans la localité de Koffré, se trouve un important filon d’or  qui est exploité par des orpailleurs clandestins maliens et guinéens.

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Déterminé à mettre de l’ordre, dans cette localité où règle l’insécurité, il est mort dans l’exercice de ses fonctions. Selon un des gendarmes rescapés, il y a environ 3 000 orpailleurs clandestins dans cette partie du pays. Partis en mission, les ordres du capitaine étaient clairs : « Dis aux autres qu’on n’a reçu aucun ordre de tirer sur les 3 000 orpailleurs trouvés ».

C’est donc avec cette consigne ferme que la mission s’est rendue sur le site, quand bien même le capitaine était déterminé à mettre de l’ordre, dans cette localité où règle l’insécurité. Il était un homme de terrain, qui prenait la tête du peloton pour affronter le danger : « Il était lui-même dans la brousse avec nous, il nous disait de ne pas ouvrir le feu sur qui que ce soit, tant que la hiérarchie ne nous avait pas donné d’instructions dans ce sens ».

Quand la querelle éclate entre les gendarmes et les orpailleurs, à propos d’un jeune malien, acheteur clandestin d’or qui avait été interpellé et qui refusait d’obtempérer, fidèles à la consigne, les gendarmes n’ont pu que procéder par la dissuasion. « Nous procédions par des tirs de sommation vu que les orpailleurs étaient très hostiles. A force de faire les tirs de sommation, toutes nos munitions se sont épuisées », raconte le gendarme rescapé.

« Nous faisions chemin ensemble dans la brousse en rang serré, afin d’échapper à leur furia. Mais à un moment donné, il est tombé parce qu’à bout de souffle, sûrement à cause de son âge avancé »

Le capitaine Pierre Djah Dago qui avait déjà reçu des coups de pioche et qui, dans un geste courageux avait réussi à se relever avec l’aide des autres gendarmes de la mission, dont deux étaient déjà blessés, a malheureusement été rattrapé par les agresseurs en furie.

« Nous faisions chemin ensemble dans la brousse en rang serré, afin d’échapper à leur furia. Mais à un moment donné, il est tombé parce qu’à bout de souffle, sûrement à cause de son âge avancé », raconte le rescapé.

Rattrapés et à cours de munitions, chaque gendarme a dû commencer à sauver sa propre peau :  « A un moment donné chacun a préféré se sauver. Après nous sous sommes réunis pour aller le chercher là où nous l’avions laissé. Mais à notre arrivée, nous avons constaté les dégâts. Le capitaine Pierre Djah Dago gisait dans une mare de sang. Il avait été exécuté par les vandales ».

Karina Fofana

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