Mort de Dezy Champion par « manque de soins » : Une intox signée François Kency et Yves Armand de Bordeaux (ASK)

Dezy Champion est décédé ce samedi 31 mars 2018, des suites d'une attaque cardiaque

Mort de par « manque de soins » : Une intox signée et . a enquêté et a pu trouver l’origine de la fausse rumeur répandue hier, sur les réseaux sociaux, sur les circonstances du décès de Dezy Champion, dont la mort serait survenue, par manque de soins à l’hôpital de Bingerville. Une fausse rumeur, vraie intoxication avec des intentions nécrophiles et surtout politiques. Ci-dessous le texte du journaliste-écrivain, prix spécial Norbert Zongo du journalisme d’investigation.

Hier, c’est avec consternation que j’ai entendu des choses sur les circonstances de la mort de Dezy Champion. Cela m’a tellement choqué que j’ai décidé de mener ma petite recherche sur l’origine de la rumeur selon laquelle l’artiste serait mort, par manque de soins à l’hôpital de Bingerville. Eh bien, la rumeur a enflé suite à un post de François Kency, un artiste que je respecte pourtant et une déclaration de Yves Armand de Bordeaux, se présentant comme manager d’artistes. Une stratégie nécrophile bien huilée, qui, malheureusement contient d’énormes failles, que nous découvrirons ensemble.

En effet, c’est exactement à 9h41, que François Kency a écrit son texte sur Facebook : « Repose en paix Dezy Champion, que la terre te soit légère et que le Dieu que tu louais, fortifie ta famille et tes proches. Salut l’artiste ! ». Jusque-là, le texte ne pose aucun problème. Cependant, au paragraphe suivant, l’artiste va s’adonner à une intoxication nécrophile de la pire espèce. Suivez !

Capture de l’intox balancé par François Kency à 8h TU

Mort de Dezy Champion selon François Kency

Dans le paragraphe suivant (voir capture d’écran), il écrit : « NB: aux dernières nouvelles, Dezy aurait eu un problème dans sa voiture, sur la route de Bingerville, pendant qu’il s’y rendait. Est-ce une sortie de route ou une crise qu’il a piquée ? (on en saura un peu plus). Toujours est-il qu’il a eu le temps d’appeler son « vieux père » avec qui il avait RDV à 02h du matin. Il aurait été conduit ensuite à l’hôpital de Bingerville, là bas, pendant 2 heures, il n’a pas reçu de soins. C’est en le transportant au CHU de Cocody qu’il aurait rendu l’âme. (Info donnée par Yves Armand D. à « Rien à cacher » sur Radio Nostalgie).

L’intention manifeste de manipuler l’opinion est ici flagrante. D’abord François Kency commence ses allégations, en usant du conditionnel, sachant que sur Facebook, une information donnée au conditionnel est très vite reprise à l’affirmative par les « diseurs » de scoops dans les quartiers.

Ensuite, il utilise la forme interrogative en évoquant deux pistes sur les circonstances de la survenue de la tragédie. Je vous expliquerai pourquoi il évoque ces deux pistes. Par la suite, pour donner un semblant de vérité à son mensonge, il tente de donner un détail de sachant : « il a eu le temps d’appeler son « vieux père ». Evidemment, la technique est vieille comme la manipulation, on cite un « vieux père » en prenant bien le soin de ne pas donner le nom de ce « vieux père », qui, de toute évidence, n’existe pas.

On en arrive donc à l’intention réelle de l’auteur contenue dans cette phrase : « Il aurait été conduit ensuite à l’hôpital de Bingerville, là bas, pendant 2 heures, il n’a pas reçu de soins ». L’intention était de laisser dans l’opinion, l’information selon laquelle Dezy Champion est mort, par manque de soins à l’hôpital de Bingerville, et connaissant les opinions politiques de l’auteur, l’on se doute bien de l’objectif qu’il cherche à atteindre.

En effet, alors que toutes ces informations qu’il donne jusque-là sont au conditionnel, l’artiste ne se gêne pas pour affirmer que « là bas (hôpital de Bingerville, NDLR), pendant 2 heures, il n’a pas reçu de soins ».

Et pour dégager sa responsabilité, comme tout propagateur irresponsable de fausses informations, il attribue la source à un certain Yves Armand D, que nous avons, du reste, retrouvé. Mais dans sa volonté d’intoxiquer, l’artiste n’a pas fait attention à un détail qui l’a trahi. Au moment où il écrivait son texte, sinon son mensonge, il était 9h41 et à cette heure, l’émission à succès de Radio Nostlagie qu’il cite, n’avait pas encore commencé. Cette émission a lieu entre 10h et 12h (voir capture d’écran). L’intention manifeste d’intoxiquer est là.

Rien à cacher, lors du passage de Yves Armand de Bordeaux

Le rôle joué par Yves Armand de Bordeaux

Le « Yves Armand D » qu’a évoqué François Kency n’est personne d’autre que Yves Armand de Bordeaux, manager d’artistes, qui était effectivement invité à l’émission de Radio Nostalgie, à 10h. Nous avons retrouvé la partie de son intervention où il évoque la mort de Dezy Champion. Nous vous proposons les questions-réponses telles que retranscrites, pour que vous voyez par vous-même, la mauvaise foi nécrophile.

Yves Armand de Bordeaux bonjour, toi qui étais au cœur de l’action comme le disait tantôt Yves a  pu suivre les péripéties de ce qui s’est arrivé, peux- tu nous retracer ce qui s’est passé ?

Ce qui s’est passé, Dezy n’est pas mort d’un AVC comme on le dit, il est mort d’une émotion cardiaque (sic). Il a eu un accident sur la route de  Bingerville entre 2h30 et 3h du matin. Il a eu le temps d’appeler son vieux père qu’il est allé voir, pour lui dire qu’il vient de faire un accident.

A- t-il heurté  une autre voiture ?

C’est une sortie de route. Il était seul à bord du véhicule. Il partait voir un de ses vieux pères et il fait un accident. Dans l’accident, il a la force d’appeler son vieux père. On l’amène à l’hôpital de Bingerville, durant deux heures de temps, il n’y a pas de médecin. Les gars décident de l’amener au . Et c’est sur la route que son cœur arrête de battre. C’est ce qu’on appelle en médecine, une émotion cardiaque.

Tu es manager et producteur d’artiste, es-tu allé le voir quand les choses se sont passées ?

Non, mais j’étais au téléphone avec lui. J’étais quelque part, sans faire de publicité et on m’appelait pour me donner des informations.

A quelle heure ça s’est passé exactement ?

On va dire, entre 3h et 3h30 du matin.

Et il est mort à quelle heure ?

Il est mort entre 3h30 et 4h, ça s’est passé à 2h du matin.

Intox, mensonges et manipulations

Que peut-on retenir de l’interview de Yves Armand de Bordeaux ? Eh bien, un fatras de mensonges ! Un : il déclare que l’artiste a fait une sortie de route, sans nous dire qu’il a été blessé ou été traumatisé, suite à cette sortie de route. Ce qui signifie que la sortie de route n’a pas été aussi grave, sinon il aurait appelé les pompiers.

Dans sa déclaration, le manager d’artistes tente de faire croire que l’attaque cardiaque est survenue après le manque de soins, or il semble, que c’est justement cette attaque, qui a provoqué la sortie de route. Et c’est bien parce que cette subtilité n’échapperait pas à un esprit critique, que François Kency, dans sa publication, a préféré évoquer les deux pistes. En laissant le soin à l’intoxicateur suivant, de choisir une. C’est malhonnête !

Deux: tous les témoignages recueillis auprès des parents et amis de l’artiste (voir les vidéos de la RTI et des amis de Sicogi publiés sur Facebook) sont unanimes sur un fait : les proches disent avoir appris la mort de l’artiste à 3h, quelque temps après qu’il les a quittés. Seul le fameux manager situe l’heure de la mort entre 3h30 et 4h. Mais il est obligé de situer la mort à cette heure, pour être cohérent dans ses propres allégations. Sauf qu’il n’arrive pas à être cohérent dans son récit. Tantôt il évoque l’accident à 2h30, tantôt à 2h. Tantôt, il situe la mort entre 3h et 3h30, tantôt entre 3h30 et 4h.

Trois. C’est même une question de bon sens. Si Dezy a passé deux heures à l’hôpital de Bingerville sans soins et qu’il était en train d’être conduit au Chu de Treichville (au passage le Chu le plus proche était celui d’Angré ou celui de Cocody), alors que sa sortie de route remonte à 2h30, cela veut dire que sa mort remonterait logiquement à 5h au moins, vu qu’il a fallu au moins 30 minutes, pour se mettre en trajet pour Treichville. Or, je répète : les proches de l’artistes sont tous unanimes pour dire qu’ils ont appris la mauvaise nouvelle à 3h (ce qui veut dire que le décès est survenu avant). En clair, le manager ment et le pire, c’est qu’il a bien conscience qu’il est en train de réécrire l’histoire des circonstances de la mort de l’artiste, à des fins de manipulation de l’opinion.

En définitive, il y a eu une connexion entre François Kency et Yves Armand de Bordeaux, pour exploiter à des fins de propagande et de manipulation, la mort de Dezy Champion. A ces deux personnes, je dis: pourquoi cette haine inutile ? Dans quel genre de miroir moral vous regardez-vous ? Comment pouvez-vous pousser aussi loin l’indécence nécrophile ? N’avez-vous donc pas de compassion ? Jusqu’à quand allez-vous utiliser toutes les occasions à des fins politiciennes ? Que Dieu ait pitié de nous !

Pour le reste, je vous propose les vraies circonstances de la mort de Dezy Champion. Je répète : que Dieu ait pitié de nous !

Les circonstances exactes de la mort de Dezy Champion, selon Fernand Dédeh

La disparition de l’artiste-Zouglou, Dezy Champion me choque et change tous mes plans. Il n’était pas que chanteur et pasteur. Il était aussi mon beau, notre beau-frère.
J’ai entendu les pleurs de son ami qui était avec lui à Bingerville en cette nuit tragique. J’ai fait un tour à l’hôpital. J’ai rencontré le directeur de l’hôpital de Bingerville.

L’information en ma possession, l’artiste a piqué une crise. Ses amis ont tenté de l’évacuer à l’hôpital. La voiture s’est embourbée dans le sable en cours de route. Ce qui a retardé l’arrivée à l’hôpital. À destination, ils l’installent dans un fauteuil roulant pour l’urgence. L’agent de santé a très vite constaté le décès de l’artiste et propose aux amis de conduire le corps à la morgue. Les amis appellent plutôt la police pour le constat d’usage puis le corps est évacué à Treichville.

L’émotion est vive dans la cité tranquille. La nouvelle a vite fait le tour du pays. Ils sont nombreux, les fans de l’artiste qui n’y croient pas et qui demandent à comprendre. Malheureusement, la pire faucheuse de l’histoire est passée avec ses faucilles ».

André Silver Konan

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