Municipales au Plateau : Akossi Bendjo, un virage communautaire dangereux pour la démocratie

Noël Akossi Bendjo
Noël Akossi Bendjo

Municipales au : Akossi Bendjo, un virage communautaire dangereux pour la démocratie. Lire ci-dessous la réponse apportée au maire (PDCI) du , par un partisan de , candidat indépendant déclaré, avec dit OD (RDR), auxdites élections locales.

« Je suis fier d’appartenir à ce grand peuple, généreux, doté d’un sens très élevé du sacrifice, de l’hospitalité et de la responsabilité au service de la nation. Nous avons, en illustration de cette réalité , sacrifié nos terres, notre lagune, souvent un peu de nous-mêmes toutes les fois que la construction de ce pays l’a exigé. Mais, rien ne nous fera sacrifier notre dignité ni aujourd’hui ni demain ». Ainsi parla , ci-devant maire de la commune du Plateau, depuis 17 ans et candidat à sa propre succession.

« Pourquoi ne célèbrent-ils pas le maire atchan Danho Paulin d’ ou le maire atchan Aby Raoul de ? Ah tiens, à Attécoubé et à , il n’y a pas de candidat « étranger » comme au Plateau »

La manifestation organisée le samedi dernier à Abobdoumé, un village atchan qui ne fait pas partie de la circonscription électorale du Plateau, en dit long sur la volonté de ce cadre du PDCI, présenté comme le numéro trois de ce parti, de se lancer sur la voie du repli communautaire et identitaire.

« Ce ne sont plus les institutions qui imposent un message à leurs fidèles, mais les individus qui vont librement prendre ce qui leur convient dans les traditions : une appartenance culturelle ou identitaire, une foi, des pratiques, des repères éthiques, un partage collectif, etc. Ce qui était jusqu’ici conjoint dans un cadre unique se disloque », disait le philosophe français Frédéric Lenoir.

Municipales au Plateau : repli identitaire

En choisissant la voie du recours à sa communauté, le maire Bendjo fait recours à un vieux réflexe ivoiritaire qui a causé tant de maux à notre pays. Et les discours nationalistes, comme il fallait s’y attendre, n’ont pas manqué, ce samedi, de la part du principal concerné, comme de la bouche de certains intervenants. « Vive le peuple Atchan, vive la Côte d’Ivoire ! », a scandé le « héros » du jour que les « 63 villages atchan » ont choisi de célébrer.

« Le discours politicien (appel à la libération des prisonniers, au dégel des comptes, au retour des exilés) fait curieusement penser à un discours prononcé par Aboudramane Sangaré »

L’on se demande pourquoi c’est seulement le maire atchan Noël Akossi Bendjo que les « 63 villages atchan » ont d’ailleurs choisi de célébrer. Pourquoi ne célèbrent-ils pas le maire atchan Danho Paulin d’Attécoubé ou le maire atchan Aby Raoul de Marcory ? Ah tiens, à Attécoubé et à Marcory, il n’y a pas de candidat « étranger » comme au Plateau.

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Cette façon de faire de la politique, pour une personnalité qui a prétendu dans son discours vouloir « promouvoir un esprit nouveau au sein de la classe politique » est dangereuse pour la démocratie ivoirienne. En effet, imaginez un instant que chaque candidat qui se sente menacé dans sa circonscription fasse appel à sa tribu, à sa communauté, à sa famille, pour espérer faire peur ses adversaires, que deviendrait la Côte d’Ivoire ?

Sans entrer dans le fond du discours politicien (appel à la libération des prisonniers, au dégel des comptes, au retour des exilés) qui fait curieusement penser à un discours prononcé par Aboudramane Sangaré, nous aimerions sincèrement demander au maire Bendjo, de se ressaisir. Il est encore temps.

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