Ouattara cède le réseau de stations-services de Petroci à son neveu

Cette station de Petroci sera désormais gérée par Puma Energy Petroleum Côte d’Ivoire (PEPCI)

L’information circulait depuis plusieurs mois dans les couloirs du pouvoirs, depuis ce 28 février 2018, l’Etat a décidé d’autoriser la cession du réseau de stations-services de la Société nationale d’opérations pétrolières de Côte d’Ivoire () à la société Puma Energy Côte d’Ivoire (PECI) dont le patron n’est autre que Ahmadou Touré, l’un des neveux du Président .

Le gouvernement explique que cette opération s’inscrit « dans le cadre de la restructuration organisationnelle, sociale et stratégique » de Petroci, « en vue de rétablir son équilibre économique et financier ». La volonté de restructurer cette entreprise est née en 2015, au plus fort de la crise énergétique, quand Petroci a enregistré une perte sèche de 39 milliards FCFA.

37 stations-services de Petroci

Si la décision de cession du réseau de 37 stations-services se comprenait à cette époque, même si certains analystes financiers estiment que la perte n’était pas forcément liée à la gestion des stations-services, mais à la chute du cours du pétrole à l’échelon mondial, celle-ci se comprend difficilement trois ans après, d’autant que Petroci a reçu une planche de sauvetage la même année, de la part de l’entreprise franco-belge Sea-Invest. L’Etat avait, en effet validé une cession de la base logistique de Petroci dédiée aux services pétroliers. Et en 2016, l’entreprise avait renoué avec les bénéfices, soit 5 milliards FCFA.

Le gouvernement ivOIRIEN est coutumier des ventes opérées sans communication autour des montants exacts, ce qui augmentE le sentiment de corruption des élites, répandu AU SEIN DE l’opinion »

Pour sa part, le gouvernement reste droit dans ses bottes de vendeurs d’entreprises, se limitant à indiquer que la vente est « conforme à la réglementation nationale en vigueur en matière de sociétés d’Etat, (qui) autorisent ces différentes opérations de cessions et de prises de participation ».

Soit. Mais les conditions de cession du réseau de Petroci à PECI restent très floues. Le gouvernement ayant refusé de communiquer sur le montant des transactions. Des sources proches du dossier avancent le chiffre de 20 milliards FCFA. Le gouvernement ivoirien est coutumier des ventes opérées sans communication autour des montants exacts, ce qui augmente le sentiment de corruption des élites, de plus en plus répandu au sein de l’opinion.

Elvire Ahonon

A lire : Rapport complet de la Banque mondiale sur la Côte d’Ivoire