Soro et son Conseil politique : Voici l’intégralité de sa conférence de presse

Guillaume Soro et ses porte-paroles

L’ex-président de l’assemblée nationale était devant la presse ce vendredi 16 février 2019. Nous vous proposons le contenu de son entretien avec les journalistes

Pourquoi vous créez un Comité politique et non un parti politique ?

Le document est clair. Tout y est. Pour l’instant, on ne parle même pas de parti politique.

Le Comité politique va-t-il intégrer la Plateforme du président Bédié ? 

Le Comité politique ne parle pas de Plateforme. Je vous ai dit pourquoi le comité politique a été créé. 

Quelle sera l’idéologie du Comité politique dont vous êtes membre fondateur  vu que vous avez dit que vous êtes Marxiste ?

Je suis très heureux de me retrouver devant vous après mon départ de la tête du parlement. Je voudrais me réjouir d’être ici avec deux (02) nouveaux porte-parole pour cette nouvelle. Alors on m’a présenté comme Marxiste, je ne suis pas Marxiste. C’est tout. Le Comité politique n’est pas Marxiste. Ce n’est pas un parti.  

Vous dites qu’on vous a présenté comme Marxiste. Vous-même, vous dites que vous êtes de Gauche mais en 2000,  vous aviez été le colistier de Mme Henriette Dagri Diabaté avec le RDR. Aujourd’hui,  quelle est votre position. On veut savoir où vous êtes ?

Je vais être précis dans mes réponses. Quand on dit qu’on est de Gauche, on va de la Gauche à l’extrême Gauche. Donc dans la Gauche, il y a plusieurs idéologies. Il y a la sociale démocratie, il y a le socialisme et il y a le communisme. Il y a la Droite, il y a aussi bien les libéraux que les néo libéraux. Je dis, je suis démocrate. Vous dites que j’ai été avec Mme Henriette Dagri en 2000 comme colistier. Vous auriez pu dire mieux. Dans un passé récent, j’ai été vice-président du Rdr. Donc je ne sais pas si au Rdr, il y avait des Marxistes. Ce que je vais dire, il ne faut pas confondre les  variantes conjoncturelles et les postures idéologiques des uns et des autres.

Vous avez dit que vous n’êtes plus astreint au droit de réserve est-ce que cela veut dire que le député Soro va commencer à livrer  des secrets d’Etat ? 

Non. Quand on a été aux plus hautes fonctions de l’Etat, il y a des secrets d’Etat aussi. J’ai dit que je ne suis plus astreint au droit de réserve parce que maintenant, je peux diriger le Comité politique. 

Par cette formule « Je laisse le tabouret pour aller chercher le fauteuil », je voudrais savoir s’il s’agit-là d’une simple boutade ou alors d’une réelle ambition de vous présenter à la présidentielle en 2020 ?

Je m’en tiens à la déclaration. Je ne suis pas un marabout ou un devin. Je dis, je rends le tabouret pour aller chercher un fauteuil pour être plus confortable. Vous voyez aujourd’hui, je suis déjà sur une chaise.


Le président que vous avez connu dans l’opposition a-t-il changé, ne le reconnaissez-vous plus ? Pourquoi le président vous a-t-il traité de jeune homme au Niger ? L’adresse du président dans laquelle il vous recommandait de ne pas vous associer au président Bédié, la percevez-vous comme une menace ?  

Je ne souhaite pas commenter certains propos. Aujourd’hui, le Comité politique est né. C’est le plus important. Les autres questions qui ont été posées, ce n’est pas à moi que vous devez les poser. Ce n’est pas moi qui ai fait ces affirmations.  Je ne réponds pas et me réfère qu’au  Comité politique.

Comment s’articule le Comité politique avec le Raci ?


Je suis le président d’honneur du  Raci. Le président exécutif, l’honorable Soro Kanigui, m’a informé de ce que le Raci  se transformera en parti politique. Je souhaite bon vent au Raci. En ce qui concerne le Comité politique, il vient de naître, ce n’est pas un parti politique. Le porte-parole Messou Kouablan l’a bien précisé.   C’est un outil qui existe. J’invite les journalistes à regarder les premiers pas du Comité politique.

Monsieur le président, quel est l’épilogue de l’aventure Soro Guillaume, c’est-à-dire la fin de l’aventure de Soro Guillaume ?    

Quant à la fin de l’aventure de Guillaume Soro, l’épilogue, seul Dieu sait et je ne suis ni Dieu ni marabout. 

Monsieur le président Guillaume Soro , je reviens un peu sur l’interview du président Ouattara qui disait que ce n’était pas exclu de revenir au Rhdp. Est-ce que, selon vous, la page RDR, la page RHDP est tournée ?

J’appartiens maintenant au comité politique. Ce sera au comité politique de décider. Il y a quelques jours, La lettre du continent parlait des manœuvres que le pouvoir serait en train de mettre en place pour vous traquer.

Avec ce que vous commencez, est-ce que vous n’avez pas peur ?

Enfin, j’ai lu La lettre du continent comme vous. Pour être honnête, je n’ai pas d’élément sur quelques intentions du pouvoir.  Maintenant, le Comité politique est créé, il me semble que c’est un droit constitutionnel de participer à l’expression démocratique dans son pays.

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Monsieur Guillaume Soro, je sais que vous êtes un frustré. Depuis la rébellion, vous avez été ministre, Premier ministre, et président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui avec la création du Comité politique, quelles sont vos réelles ambitions ? Et quelle offre politique que vous donnez à la Côte d’Ivoire ?

Le Comité politique a pour mission de mener des réflexions sur les grandes questions d’intérêt national, de proposer des instruments et des cadres de promotion de la démocratie, de consolidation de l’Etat de droit et le raffermissement des valeurs républicaines. Voici mes ambitions Vous avez été très proche de Laurent Gbagbo,  vous avez été même l’un de ses collaborateurs.

Aujourd’hui, Laurent Gbagbo est libéré. Est-ce que Guillaume Soro serait prêt à aller rencontrer Laurent Gbagbo ?

Si le président Laurent Gbagbo le désire, et j’en ai déjà fait l’appel, je le rencontrerai. C’est un homme politique ivoirien. Il a été président de la Côte d’Ivoire, j’ai été son premier ministre. Donc c’est sans hésitation que je le rencontrerai, s’il le désire lui aussi..Nous avons lu un communiqué dans le mois de janvier qui disait que Monsieur Guillaume Soro s’absenterait de la Côte d’Ivoire parce qu’il devrait suivre des cours à mais on constate que le président est encore à Abidjan.


Est-ce que c’est vrai qu’il s’est réellement inscrit à Harvard parce que, selon certaines indiscrétions, votre nom ne figurait pas sur la liste des étudiants de cette université ?

Je ne comprends pas l’affolement de la presse sur cette question de Harvard. En tout cas, je ne suis pas à Harvard, je suis à Abidjan. Je n’ai pas quitté Abidjan depuis décembre 2018. Quand je m’étais inscrit à l’école de commerce de Lyon, personne n’en savait rien. Je devrais effectivement me rendre aux Etats-Unis, je ne l’ai pas fait, je suis encore à Abidjan. Je n’ai jamais déclaré que j’étais inscrit à Harvard. Ou bien y a-t-il une déclaration de moi qui dit que je suis inscrit à Harvard? Je pose la question à la presse. Ce que j’ai dit à la presse, c’est que je cherche stage. Mais si vous allez sur Harvard online, certainement que vous verrez ma photo. 

Vous avez été secrétaire général des Forces nouvelles,  et l’un des résultats a été la candidature du chef de l’Etat Alassane Ouattara. Est-ce que vous regrettez d’avoir mené ce combat ?

Non, je ne le regrette pas, toute expérience mérite d’être vécue. Si vous êtes candidat en 2020 et si le président Ouattara est également candidat, est-ce que vous l’affronterez ?Avec si on construit des châteaux en Espagne. Donc pour le moment, le Comité politique est né.

On vous annonce dans un nouveau groupe parlementaire, je voudrais savoir si c’est exact. 

Effectivement, j’ai signé dans le groupe parlementaire en voie de création dénommé le Rassemblement.

Retranscrit par Prince Beganssou