Un président de parti de gauche à Assoa Adou : « Ne fragilisez pas l’appel de Bédié »

Lida Kouassi, Simone Gbagbo et Assoa Adou libérés ce mercredi 8 août 2018
Lida Kouassi, Simone Gbagbo et Assoa Adou libérés ce mercredi 8 août 2018

Après la sortie d’, secrétaire général du Front populaire ivoirien ( de ) ce lundi 7 janvier 2019, , président du Rassemblement des fiers Ivoiriens (RFI, parti de gauche) réagit et plaide pour que les deux consignes de Gbagbo ne fragilisent pas l’appel d’Henri Konan Bédié, à former une plateforme non idéologique.

L’ancien ministre socialiste, Assoa Adou, a rendu publiques, le lundi dernier, les « deux consignes fermes » qu’il dit avoir reçues de Laurent Gbagbo, désormais redevenu chef du FPI, à savoir : d’abord, mobiliser tous les Ivoiriens épris de paix pour rendre effectives la réconciliation nationale et la cohésion sociale en Côte d’Ivoire ; ensuite, regrouper autour du FPI tous les partis de gauche pour renforcer la lutte d’opposition gauchiste.

Le Rassemblement des Fiers Ivoiriens (R.F.I.) salue vivement ce mot d’ordre ardent lancé par le Président Laurent Gbagbo, par la voix de son émissaire Assoa Adou, Secrétaire Général du FPI. En effet, l’instabilité socio-politique que le régime Ouattara fait lourdement planer sur notre pays ne méritait pas qu’un tel appel, au rassemblement des Ivoiriens indignés, ne soit lancé par l’ancien Président de la République. C’est donc une bonne chose d’entendre le Président Laurent Gbagbo donner, en tant que chef de parti, de la voix pour  aider à redonner sa stabilité à la Côte d’Ivoire, un pays toujours en crise, un pays encore en danger sous son successeur.

Mais il faut, tout aussi, comprendre qu’il s’agit, d’abord, de ressusciter une opposition qui avait vraiment touché le fond et qui était l’ombre d’elle-même. Ensuite, savoir que cette opposition, qui se réveille enfin, devra être composite et former l’image d’un océan vigoureux dans lequel se déversent les courants d’eau qui y ruissèlent pour le faire mugir sous le ciel, avec sa dimension d’océan.

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Nous voulons dire, tout simplement, que pour battre, à plate couture, le régime Ouattara qui organise, en ce moment même, l’instauration d’un parti-Etat en Côte d’Ivoire, tous les partis, mouvements et groupements politiques, ainsi que les organisations de la société civile, qui refusent ce projet arriéré, devront se mettre ensemble et former un grand bloc d’opposition capable de renverser politiquement la situation et rendre ainsi service au peuple et au pays.

L’appel du PDCI-RDA de Bédié, à former une grande Plateforme « non idéologique », répondait, justement, à cette nécessité de faire dresser, face au pouvoir actuel devenu impopulaire, ce grand bloc d’opposition dont la mission commune et ponctuelle serait de mettre politiquement en déroute le régime RDR-RHDP désormais mis ainsi en minorité dans le pays.

« Notre souhait, à l’endroit du FPI, est simple et clair : que les deux consignes de Laurent Gbagbo, qui disent, en réalité, la même chose
ne fragilisent pas, par la mise en avant de l’idéologie de gauche, l’Appel de Bédié »

Notre souhait, à l’endroit du FPI, est simple et clair : que les deux consignes de Laurent Gbagbo, qui disent, en réalité, la même chose, concernant la mobilisation des Ivoiriens indignés, ne fragilisent pas, par la mise en avant de l’idéologie de gauche, l’Appel de Bédié, en morcelant et en effritant l’espoir d’un grand bloc d’opposition. Que la Côte d’Ivoire ne souffre pas de la tripolarisation qui la guette et qui pourrait ruiner les efforts de la Plateforme « non idéologique ».

Car nous pensons, au Rassemblement des Fiers Ivoiriens, que ce n’est pas le moment, pour le FPI de Laurent Gbagbo, de parler, dans son coin, d’idéologie de gauche pour contrer véritablement le régime Ouattara dans ses dérives autocratiques, mais plutôt d’intelligences politiques diverses et variées à mettre en commun au sein de cette Plateforme, en vue de réaliser, ensemble, l’objectif ultime qu’attend le peuple dont nous défendons, tous, la cause : libérer démocratiquement, en 2020, le pays de l’asphyxie politique, économique et sociale où le tient le régime Ouattara.

Sylvain Takoué,

Président du Rassemblement des Fiers Ivoiriens (R.F.I.)