Vavoua racket : Ici un document administratif coûte 80 000 FCFA !

La sous-préfecture de Vavoua a été saccagée, lors de la crise postélectorale

: Ici un document administratif coûte 80 000 FCFA à l’usager. Et encore qu’il faut accepter d’être soumis à un parcours du combattant.

Les populations de la sous-préfecture centrale de Vavoua ne savent plus aujourd’hui à quel saint se vouer. Et pour cause : lors de la crise postélectorale de 2010 à 2011, la sous-préfecture centrale a été saccagée avec tous les documents administratifs dont les registres d’actes de naissance.

« Les personnes dont l’extrait a été détruit suite à ces évènements  ne peuvent plus en avoir », regrette Sahiri Zoro Lou Nahon. Au cours de la première session du Conseil régional du Haut-Sassandra, fin janvier 2018, celle-ci a lancé ce cri du cœur à Alphonse Djédjé Mady, président dudit Conseil. A  l’en croire, c’est à l’issue d’un parcours de combattant franchi en cinq étapes, qu’un requérant peut obtenir un acte de naissance.

Il s’agit, entre autres, selon Lou Nahon, « d’une recherche infructueuse dans les archives pour un coût de 3000 FCFA, à la sous-préfecture, pendant deux jours. Les frais de transport de Vavoua à Daloa s’élèvent à 2000 FCFA. Les frais d’enrôlement du dossier pour une audience coûtent 3500 francs CFA par dossier. Pour avoir tous ces papiers, il faut au moins cinq mois, pour un coût de 52 000 FCFA. Si le requérant réside à Vavoua, selon les lieux où il se trouve, le coût d’un acte administratif revient finalement à 80.000 FCFA.

Vavoua racket et faux frais

Le conseil régional a, de ce fait, été saisi, afin qu’il s’empare de ce problème de faux frais. Les faux frais qui sont en réalité la manifestation visible du racket dans l’administration publique, deviennent de plus en plus normaux en Côte d’Ivoire. Au ministère de l’Education nationale par exemple, les instituteurs stagiaires sont constamment soumis à un racket de la part soit de leur hiérarchie, soit d’une direction centrale dudit ministère.

En début d’année scolaire, la Fédération estudiantine et scolaire (, principal mouvement estudiantin) avait déclenché une grève, pour que les faux frais d’inscription soient proscrits à l’école. En vain.

Elvire Ahonon