Alain Lobognon: « la PLCC ne doit pas tuer la liberté d’expression en Côte d’Ivoire »

 interpelle la population ivoirienne relatif aux détentions des membres du clan par le régime Ouattara.

Savez-vous combien de Citoyens ivoiriens ont été convoqués par la PLCC et déférés à la sans procès? La Plateforme de lutte contre la cybercriminalité ne doit pas tuer les libertés citoyennes en Côte d’Ivoire?

Si vous n’avez aucune idée de la réponse, c’est la preuve que des choses très graves se déroulent et l’on se contente d’avaler les communiqués de presse de la direction de cette plateforme qui se comporte aujourd’hui comme une véritable police politique que certaines personnes activent lorsqu’il s’agit de faire taire des citoyens, considérés comme militants des partis politiques de l’opposition en Côte d’Ivoire. Disons en somme pour mettre au cachot des opposants politiques, activistes politiquement incorrect. Lorsque j’ai été arbitrairement détenus, jugés et condamnés, l’on m’a dit que des services de l’Etat, hyper équipés avaient eu la preuve que mon tweet écrit le 8 janvier 2019, avait provoqué des contestations populaires dans plusieurs quartiers d’Abidjan, occasionnant des troubles graves, les 4, 5 et 6 janvier 2019. Mon œil! Une sorte de voyage dans le passé.

LIRE AUSSI: Doing Business 2020: voici ce que dit la Banque Mondiale sur l’économie ivoirienne

Il y a quelques semaines, plus précisément le septembre 2019, l’un de nos collaborateurs, Photojournaliste est invité par la PLCC à répondre à une convocation pour affaire le concernant. Au terme de l’entretien, au moment où il s’apprêtait à sortir des locaux, il est rappelé pour une urgence. Et en guise d’urgence, c’est une garde à vue de plus de 48 heures qui se terminera à la Préfecture de police à , avant son enfermement à la MACA. Il lui est reproché d’avoir diffamé un avatar derrière lequel se cacherait un député, qui n’arrive pas à assumer son état-civil.

Le Conseil national des droits de l’homme que j’ai interpellé sur le sujet reconnaît que le Photojournaliste Guy Lasme Kouamé est enfermé à la MACA pour avoir écrit ce qu’il suit :

« Soro avait remis 30 millions à Palenfo pour ses soins après le attentat du 29 juin 2007. Où Charles Lopèz Gnahoré a mis cet argent? »Tel est le libellé de la publication de Monsieur Guy, écrit la Présidente du CNDH.

LIRE AUSSI: A quand la fin des travaux de la baie de Cocody ?

Bien qu’il soit illégal d’enfermer un citoyen qui simplement posé une question sans réponse, le CNDH s’est contenté d’écrire qu’il s’est saisi de ce dossier. Et depuis le 27 septembre qu’il croupit à la MACA sans procès, la PLCC a une nouvelle fois été mise en alerte pour convoquer et certainement réserver le même cadeau à un autre collaborateur, Jean-Paul Beugréfoh.

Je doute fort que ce sera pour lui annoncer qu’il est l’heureux bénéficiaire d’un leg ou d’un héritage d’un riche homme d’affaires ivoirien. Le rendez-vous a été pris pour le mercredi 6 novembre 2019. On verra. On espère que le CNDH n’attendra pas une nouvelle détention destinée en réalité à priver un autre citoyen de sa liberté d’expression, avant de se saisir de cet autre dossier. Ce sera une autre violation de trop. Une violation de la Constitution du 8 novembre 2016.

LIRE AUSSI: Nathalie Yamb, la conseillère de Mamadou Koulibaly qui fait trembler le Quai d’Orsay

Personne n’a oublié le sort réservé à Ouattara Adama Kolotcholoma, ce jeune enseignant ivoirien convoqué par la PLCC pour une simple plaisanterie avec un allié. Malgré ses explications quant à l’origine communautaire des propos qu’il a exprimés sur Facebook, il est toujours détenu à la MACA. Les experts des condamnations des opposants ivoiriens, n’ayant toujours pas trouvé le texte à utiliser pour le condamner.

La plateforme de lutte contre la cybercriminalité serait-elle devenue la jumelle de l’ex Guépéou ou GPU, la Police politique soviétique? Ses attributions font-elles de la PLCC, la Securitate ou la police politique secrète roumaine sous l’ère communiste?

LIRE AUSSI: Yopougon – un jeune homme brûlé vif par une foule en colère: voici ce qui s’est passé

Il y a lieu de s’interroger, et en ma qualité de Député de la Nation, je n’hésiterai pas à poser le problème de cette plateforme de lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire qui laisse les vraies proies pour s’acharner sur des ombres. Cette plateforme doit traquer les cybercriminels et protéger les cyberactivistes.

La PLCC ne doit pas tuer la liberté d’expression en Côte d’Ivoire déjà contenue par la restriction du droit à l’information avec la monopolisation des médias publics au seul service du parti au pouvoir.

Personnalités liées avec l’article