« Boga, Bouabre, Tagro … auraient pu vivre et continuer à servir ce pays si Soro n’avait pas été nombriliste »

L’analyste politique, Malan Aka, invite Guillaume Soro à rejoindre le combat pour la restauration de la Démocratie en Côte d’Ivoire.

Que Guillaume Soro sache, une fois pour de bon, qu’il ne pourra pas motiver une insurrection populaire dans ce pays simplement parce que ses proches collaborateurs sont détenus dans les geôles de M. Ouattara.

Les Ivoiriens sont plutôt préoccupés par leur sort en cette année électorale ; préoccupés par les questions majeures notamment sur les conditions d’organisation de la présidentielle de 2020, et ce qu’il en sera pour leur vie à l’issue du scrutin. Les Ivoiriens sont face à des chantiers tels que : la révision de la liste électorale, la refonte consensuelle de la commission électorale. En plus de ces questions problématiques, M. Ouattara a annoncé vouloir modifier la constitution et le code électoral. Il souhaite effectuer ces réformes à sa guise pour créer les conditions optimales d’une victoire certaine pour un éventuel troisième mandat (constitutionnellement illégal) à l’issue de la présidentielle d’octobre 2020.

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Tous les Ivoiriens ont un devoir envers leur pays : c’est celui d’éviter de faire replonger ce pays dans un bain de sang, à l’instar des événements post-électoraux de 2010/11 maladroitement gérés par nos politiques.

Que Guillaume sache que les Ivoiriens ne souhaitent aucunement assouvir ses intérêts personnels sous le prétexte perfide de l’emprisonnement de ses compagnons (rebelles) de lutte armée.

La classe sociale ivoirienne n’est pas tombée du ciel un matin de février 2019 ; elle n’est pas née ce jour où vous avez été contraint de quitter vos fonctions de Président de l’Assemblée Nationale.
Bien avant cette date, nombre d’opposants étaient emprisonnés. Des démocrates ont connu l’enfer carcéral pendant des années. D’autres encore y séjournent jusqu’à ce jour, et ce, depuis le coup d’Etat réussi de M. Ouattara et Sarkozy en avril 2011.

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Les moins chanceux ont perdu la vie du fait des sévères répressions subies sous le joug de la dictature de M. Ouattara. Les Ministres Boga Doudou, Bouhoun Bouabre, Jean-Jacques Béchio, Désiré Tagro, Miaka Oureto, Sangaré Aboudrahamane auraient pu vivre et continuer à servir ce pays si vous n’aviez pas été nombriliste.

Des milliers d’Ivoiriens ne se seraient pas exilés dans la diaspora (abandonnant boulots et familles derrière eux). L’exil a coûté la vie à certains d’entre eux. Messieurs Ben Soumahoro et Paul Dokui, et bien d’autres auraient eu la chance d’être toujours en vie aux côtés de leurs enfants et arrières petits-enfants.

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M. Soro, qu’aviez-vous fait pour empêcher tout cela lorsque vous étiez Premier Ministre, Ministre de la Défense pour le compte de l’actuel régime d’Abidjan ? Que nenni ! Vous étiez plutôt au cœur de la machine qui faisait connaitre la terreur aux opposants politiques à Ouattara ; aux Ivoiriens.

Depuis septembre 2002, vous ne faites que piétiner les corps de milliers d’Ivoiriens pour vos insipides ambitions politiques. Si aujourd’hui, celui pour qui vous avez pris les armes vous fait vivre la misère : alors, il faut bien que vous compreniez que le peuple de Côte d’Ivoire ne peut être sensible à quoique ce soit lorsque la rébellion armée (qui lui a tant fait de mal) bouffe ses enfants.

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M. Guillaume Soro, nous vous souhaitons bonne chance pour vos collaborateurs et vous. Nous vous souhaitons tout le meilleur afin que vous rejoigniez au plus vite le combat pour la restauration de la Démocratie dans notre pays ; ce combat cher à l’opposition significative, contre le régime cancérigène d’Abidjan.

M. Ouattara doit quitter le pouvoir ; mais par les urnes. Les Ivoiriens, quel que soit le camp duquel ils se réclament, ne soutiendront plus la prise des armes contre un régime politique de ce pays. Le changement de régime en Côte d’Ivoire se fera par les urnes, et non par les coups d’Etats. Peu importe le nombre d’années que cela pourra durer, le peuple de Côte d’ivoire se battra pour que sa volonté soit royalement respectée.

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