Guikahué répond au RDR : « C’est le même Bédié, les mêmes chefs baoulé et le même dialecte qui a été utilisé en 2010 à Yakro »

Guikahué-Bédié-
Guikahué-Bédié-

, Secrétaire exécutif en chef du , était face à la presse, le mercredi 26 septembre 2018. Ci-dessous ses réponses aux questions des journalistes.

Est-ce que le PDCI qui est tiraillé par des divisions internes se sent prêt pour les élections du 13 octobre ?

Le PDCI-RDA est un parti politique et il est prêt à tout moment. Le PDCI est prêt pour aller aux élections.

Quel est votre sentiment personnel sur la polémique qui a cours relativement à la rencontre entre le président Bédié et les chefs akans. Le porte-parole du RDR, Joël N’guessan, a réagi en traitant le président Bédié de tribaliste.

Voyez-vous en Côte d’Ivoire, ce qui est désolant, c’est qu’il y a beaucoup d’hommes politiques qui sont souvent amnésiques. Et qui interprètent l’actualité en fonction de leurs intérêts. Joël N’guessan a parlé, mais quand, en novembre 2010, le président Bédié a convoqué tous ces mêmes chefs, à la résidence du président Houphouët à , devant le bélier et qu’il s’est adressé aux chefs en baoulé et que ceux-ci ont répondu par la voix de leur porte-parole, le chef de Grouminankro, Bédié n’était pas tribaliste.

C’est ce jour-là qu’ils ont baptisé le président de la République, Allah Gnissan. Donc Bédié est bon quand ça arrange le RDR et Bédié n’est pas bon quand ça n’arrange pas le RDR. Donc, ça devient une vision ondulante. Or en politique, il faut être droit. Donc, un cadre du RDR est mal placé pour critiquer ce qui s’est passé à , lundi dernier. C’est le même Bédié, les mêmes chefs et c’est le même dialecte qu’ils ont utilisé. S’ils refusent aujourd’hui ce qui s’est passé à , c’est que ce qui s’est passé en novembre 2010, n’était pas bon. Donc, à vous d’apprécier.

Comment vous appréciez la participation du ministre Adjoumani, le lundi matin au Bureau politique du PDCI à Daoukro et l’après midi à la cérémonie d’investiture des candidats unifié à l’hôtel Ivoire ? Est-il encore membre du PDCI-RDA puisque nous avons entendu ici au siège de votre parti qu’Adjoumani s’est exclu de lui-même ?

Nous n’avons pas exclu Adjoumani du PDCI-RDA. On dit qu’il s’est exclu lui-même. Il est venu au Bureau politique et on l’a laissé entrer. Après il est parti.

Le président Alassane Ouattara a annoncé un remaniement ministériel. Pensez-vous que cette annonce a un lien avec la présence de certains membres du gouvernement au Bureau politique à Daoukro ?

Dans tous les cas, nous on attend. Le 6 Août, le président avait dit que la CEI sera réformée avant les prochaines élections. Chez nous, quand quelque chose sort de la bouche du chef de l’Etat, c’est parole d’évangile. Après on nous dit que ce n’est pas pour ces élections mais pour plus tard. Donc, moi, je deviens Saint Thomas. Quand le remaniement sera fait, je vais constater.

Est-ce que vous ne craignez-pas des fraudes à ces élections à venir. Surtout que la CEI n’est pas encore réformée. Est-ce que les résultats vont refléter véritablement le poids du PDCI sur l’échiquier électoral ?

Le PDCI sait faire face. En Afrique, même dans les pays développés, on vole. Lors de l’élection entre Bill Clinton et Al Gore, les gens ont compté plusieurs fois. Pour les fraudes, nous allons faire face à cela. C’est cela aussi être un parti politique. Et s’ils fraudent, ça nous permettra déjà de détecter les mécanismes de fraudes et de trouver des solutions pour mieux faire en 2020.

Mais si on ne va pas à ces élections, comment on saura pour contrecarrer 2020. Donc, allons-y en octobre aux élections. Ils vont frauder et nous allons identifier leurs méthodes et on va leur imposer des solutions pour qu’en 2020, ils soient inefficaces. Je souhaite même qu’ils fraudent pour qu’on voie mieux les méthodes. Le PDCI part à ces élections parce que comme le président Bédié l’a dit, ce sont des élections de développement.

Le PDCI est logique. C’est en novembre 2016. En décembre 2016, on a participé aux élections avec cette CEI. En mars 2018, on a participé aux élections sénatoriales avec cette même CEI. Donc les élections municipales et régionales bouclent la série des élections en cours. Il n’y a jamais deux sans trois. Donc on va faire trois. Nous sommes partants pour ces élections.

Mais dès que les élections municipales et régionales passent, le PDCI engage le combat de la réforme de la CEI. On avait souhaité que ce soit fait avant, mais avec le temps qui reste… mais quelle que soit la CEI, nous irons.  Vous avez vu que Lyon a battu Manchester. Donc, on peut les battre. Ce n’est pas parce que vous avez joué sur votre terrain que vous allez gagner.

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Vous pouvez gagner quelqu’un sur le terrain adverse, c’est ce que le PDCI veut faire. Ils n’ont pas dit comme on n’est pas chez nous on va perdre le match. Ils sont partis et ils ont gagné. Nous aussi on peut gagner et soyez sûrs, le PDCI va gagner. Méfiez-vous des apparences. On entend des cadres dire qu’on a tout pour gagner. Si tu as tout pour gagner, tu n’as pas besoin de dire ça. Mais nous on est confiant. En tout cas, on ne sera pas ridicule.

M N’guessan Jérôme qui a attaqué les décisions du Bureau politique du 17 juin 2018, a encore déclaré que les décisions prises à Daoukro sont nulles et de nul effet, compte tenu du fait que l’affaire est toujours pendante devant la justice, qui ne s’est pas encore prononcée sur l’annulation. Quelle est votre réaction sur la question ?

Il ne doit même plus parler d’autant plus qu’il a eu peur d’aller au Bureau politique. C’est lui qui a porté plainte. Nous avons pris des dispositions. Nous avons dit que pour retirer le badge, le concerné vient avec sa carte de membre et la photocopie de sa carte d’identité. Et il émarge là-dessus pour dire qu’effectivement le badge a été retiré. Deuxièmement, à Daoukro, un huissier de justice supervise les inscriptions sur les registres.

Tous ceux qui ont pris leur badge et qui entraient dans la salle étaient filmés. Et pendant le débat, vous étiez filmés. Chaque fois qu’il y avait une résolution, le président invitait ceux qui étaient pour à se lever. Toute la salle se levait. Et il posait la question : qui est contre ? Adjoumani était seul à être contre. Il demandait qui s’abstient ? Et Patrick Achi était le seul qui s’abstenait.

Ça a été comme ça pour toutes les 6 résolutions et le communiqué final. Les autres membres du gouvernement qui étaient dans la salle ont voté toutes les résolutions et le communiqué final, à part ces deux personnalités, l’une qui était contre et l’autre qui s’abstenait. C’est leur droit le plus absolu. Et chaque fois l’huissier comptait. Donc, nous sommes tranquilles.

Jérôme N’guessan a envoyé quelqu’un prendre son badge. On lui a dit d’emmener une procuration en bonne et due forme. Il envoie un écrit sur papier libre. Les réceptionnistes ont dit qu’ils ne connaissaient pas la signature de Jérôme N’guessan. Qu’il est mieux alors de faire la photocopie de sa carte d’identité et qu’il signe dessus. L’émissaire de N’guessan est reparti et il n’est plus revenu. Voilà comment ça s’est passé.

Si on remettait le badge sans ces précautions, il pouvait aller dire plus tard, voici : la preuve. Ils ont donné un badge à quelqu’un qui n’est pas membre du Bureau politique. Il pouvait le faire comme c’est un affabulateur. Comme lui, il aime le droit, on a fait le droit avec lui, sans faiblesse et il n’est pas venu.

Et on avait dit que si vous ne prenez pas votre badge, samedi, vous pouviez le faire dimanche de 16 à 20h30 et on a même fini jusqu’ à 23 h, le dimanche de 8h30 à 10h à Daoukro, vous pouviez retirer votre badge. Donc, il y avait trois possibilités : samedi de 10h à 20h. Dimanche de 16h à 20h30 et lundi de 8h30 à 10h. Donc, il a eu peur de venir au Bureau politique, qu’il ait la décence de se taire.

Vous avez dénoncé une ingérence de la justice ivoirienne dans les affaires intérieures du PDCI-RDA. Le règlement intérieur du PDCI est-il supérieur aux lois de la République pour ne pas que la justice ait son mot à dire sur une affaire qui concerne le PDCI-RDA ?

Les partis politiques concourent à l’expression de la démocratie. Donc, les partis politiques sont constitutionnels. Ils sont dans notre constitution. Et ils ont la liberté de faire leurs activités. C’est consacré par la constitution. Si dans une organisation, on a fait du mal à quelqu’un, s’il pense que ses intérêts sont lésés, il peut saisir le tribunal.

Mais les décisions du Bureau politique où nous nous sommes mis ensemble pour dire que si une décision est prise, elle n’est pas attaquable par un membre du Bureau politique. Ce sont des décisions qui ne sont pas susceptibles de recours. Le fait que le juge écoute quelqu’un qui attaque ces décisions fait dire que le juge s’est ingéré dans le fonctionnement du parti.

Il ne faut pas voir cela comme le fonctionnement du PDCI, tous les partis politiques devraient lever une vive protestation. Parce que ce qui arrive au PDCI peut arriver à un autre parti. On dit au village que quand tu as des enfants, il y a des choses que tu ne fais pas. Quand tu as une calebasse d’eau, tu ne lances pas de pierres.

Ce que le juge a fait ne concerne pas le PDCI seulement, mais tous les partis politiques. C’est une ingérence et ce n’est pas normal. Nous n’avons pas dit que nous sommes supérieurs à la loi, mais nous sommes dans la constitution. Donc, nos libertés sont garanties et nous concourons à l’expression de la démocratie. Et les règles que nous nous sommes données doivent être respectées sinon, il n’y a plus de démocratie.

Certains des cadres du PDCI sont à la fois candidats du PDCIet candidats du RHDP. Quelle attitude votre parti va adopter vis-à-vis de ces cas-là ?

J’ai déjà répondu à cette question. Adjoumani est le matin PDCI et le soir RHDP, tirez-vous-même la conclusion. Un journal a rapporté ce qu’Adjoumani a dit. Il affirme que c’est le congrès qui doit prendre ces décisions du Bureau politique. Ça, c’est l’amnésie. Le RHDP a été créé à Paris le 18 mai 2005. Donc, on peut faire les réunions, partout.

Quand ça a été fait, pour que cette alliance fonctionne en juin, le président Bédié a convoqué une réunion du Bureau politique qui a endossé la création du RHDP. C’est le même Bureau politique qui dit qu’on quitte le RHDP après le discours d’orientation du président. Parallélisme des formes.

Et qu’est-ce qui s’est passé ? C’est quand on a fait le prochain congrès que le Bureau politique a informé le congrès qu’entre-temps, en tant qu’organe de décision entre deux congrès, nous avons une alliance avec d’autres partis et le congrès en a pris acte. Donc, au 13ème congrès, on va informer ledit congrès que l’alliance qu’on vous avait présentée, on n’est plus dedans et le congrès va en prendre acte.

Au Bureau politique du 17 juin, on a endossé la signature du président Bédié. Pourquoi on ne nous a pas demandé d’aller au congrès, c’est parce que c’est le rôle du Bureau politique. Le Bureau politique est l’organe de décisions entre deux congrès. Ce qu’il ne peut pas faire, c’est adopter les statuts, élire le président et vérifier les comptes du parti. Ça, le congrès est jaloux là-dessus.

C’est pourquoi, on a dit que le Bureau politique prend acte des décisions et va les soumettre au 13ème congrès. On dit pourquoi, on fait un Bureau politique à Daoukro ? Mais, que chantons-nous en Côte d’Ivoire ? Appel de Daoukro. Est-ce qu’on dit appel d’Abidjan. On était content de l’Appel de Daoukro. Quand on a fini le Bureau politique, j’ai dit que Dieu existe.

Il n’y a pas de hasard et c’est dans même Daoukro-là qu’on a quitté le Rhdp. C’est à Daoukro, on a dit candidat unique et c’est dans même Daoukro qu’on a quitté le RHDP. Et si on a accepté l’Appel de Daoukro à Daoukro, acceptons le retrait du PDCI du RHDP à Daoukro.

Concrètement, comment les candidats qui ont le double parrainage vont s’y prendre. Comment les militants vont-ils se retrouver ?

Le double parrainage n’existe pas. Jusqu’au 24 septembre, il y a certains qui étaient partis pour faire le parti unifié. Mais depuis le 24 septembre, le RHDP, pour le PDCI-RDA, n’existe plus. Donc, un militant, un vrai militant du PDCI ne peut être RHDP. J’en profite pour dire à nos militants que ce n’est pas la peine qu’on abuse d’eux. Toute personne qui viendra pour dire que Bédié l’a désigné RHDP, c’est faux.

C’est dans le village de Bédié même qu’on a dit qu’on n’est plus Rhdp. Donc, on va expliquer sur le terrain. C’est une nouvelle situation qui est créée. Tous ceux qui sont RHDP ne sont pas PDCIi. Donc, on va dire à nos militants PDCI de ne pas se tromper. Ils peuvent voter quelqu’un, le vote est libre et secret. Mais on leur dit que s’ils sont militants, ce n’est pas la peine d’aller gaspiller les voix du PDCI.

Parce qu’après, c’est pour dire que le Rhdp a le plus de voix. Si vous êtes du PDCI, votez les listes PDCI, parce qu’à la fin, on va compter combien de personnes ont voté le PDCI et combien de personnes ont voté le RHDP. Donc, il ne faut pas aller gaspiller nos voix. On va le dire sur le terrain. On va battre campagne et on montrera le symbole que le PDCI a choisi. On va dire à toute personne que celui qui n’a pas ce symbole-là n’est pas PDCI.

On va battre campagne, donc tranquillisez-vous. D’ici quelque temps, ces troubles vont se dissiper et vous allez voir. Vous avez raison de poser la question. Il y en a qui disent je suis dans le RHDP groupement politique. Nous, on dit que le groupement n’existe plus. Donc, on ne parle plus de groupement. Le nouveau langage : si vous voyez RHDP, même s’ils n’ont pas mis, vous-mêmes, terminez : unifié.

Vous voulez dire que les ministres Patrick Achi et Alain Donwahi ne sont plus parrainés par le PDCI ?

J’ai donné les règles. On a quitté le RHDP. Chacun en tire les conséquences si on est militant PDCI.

Le Bureau politique a donné mandat au président Bédié pour la mise en place d’une nouvelle plate-forme politique. On imagine bien que dans cette plate-forme, il y aura le FPI or, le FPI est divisé. Le président Affi a rendu visite au président Bédié. Vous-même, vous avez été chez Simone Gbagbo. Est-ce à dire que le PDCI va contribuer à la réconciliation dans le FPI pour avoir une alliance forte?

Je suis un homme politique tout comme Mme Gbagbo est une femme politique. Deux personnalités politiques ne peuvent se rencontrer sans que ce ne soit politique. Mais chez nous au village, il y a des circonstances. Si quelqu’un est mort ou s’il sort de prison ou si des gens ont pris des fusils contre cette personne, ça annule tous les différends.

Si tu es au village et quelqu’un sort de prison ou que cette personne est morte ou qu’on a pris fusil contre elle et que tu n’es pas allé saluer ses parents, tu es le sorcier du village. C’est comme ça qu’on nous a éduqués. Parce qu’avant d’arriver ici, on était d’abord au village. Donc on a des valeurs. Mme Gbagbo est sortie de prison.

Gagnoa  a décidé de saluer sa belle-sœur, sa belle-fille. Je suis cadre de Gagnoa. Quand on m’a informé, j’ai donné ma participation et je leur ai dit que je serai là et on est parti. Si je n’étais pas parti, c’est que je m’exclus de Gagnoa. Maintenant comment on utilise ça ? On est politique. Un homme politique, il fait la politique. Je ne regrette pas d’être parti là-bas. Maintenant, avec le mandat qu’on a donné au président Bédié, quand il va m’envoyer, je vais là-bas en politique. Je ne vais pas me cacher.

A l’horizon 2020, est-ce qu’une alliance avec le FPI sera suffisamment solide face au RHDP unifié ?

On a parlé de toutes les forces vives et des partis politiques. Et on dit que tous ceux qui veulent de la paix et de la réconciliation. Ça veut tout dire. C’est un dossier pour la réconciliation des Ivoiriens. On a dit tous les partis politiques. Et les forces vives. 2020 n’est pas encore arrivée, vous ne pouvez pas aller vers quelqu’un et avoir des préjugés.

Si le juge des référés ne tranche pas en votre faveur en ce qui concerne l’utilisation de votre logo, qu’allez-vous faire ?

On a fait un recours à la CEI. Elle dit qu’elle n’est pas compétente parce qu’elle prend les dossiers de candidatures. Et elle a envoyé les dossiers à la Chambre administrative de la Cour suprême. Il y a eu trois jours de jugement. Les gens sont divisés sur la question et la Chambre administrative a sorti l’argument suivant : le PDCIa signé la charte d’adhésion au RHDP. On attend que le PDCI dise qu’on n’est plus dedans, mais il n’y a pas de preuve matérielle.

Donc, nous Chambre administrative, nous jugeons sur pièce. Donc, elle nous a déboutés. Dieu merci le 24 septembre, on a pris une résolution de retrait du PDCI au RHDP. Et on a donné au juge des référés une copie signée du président. Ils peuvent prendre une décision contraire. Nous aviserons. Même s’ils vont nous donner tort, on va saisir la justice parce que nous sommes un parti légalement constitué.

Voici la décision du juge des référés sur la question du logo. Il dit que comme c’est une affaire de parti politique, il se déclare incompétent. Alors que cette même justice avait donné une décision quand il s’agissait de la plainte de Jérôme N’Guessan. Vous-même, tirez-en la conclusion. Donc, en Côte d’Ivoire, il y a des juges compétents et il y a des juges incompétents. On va chercher maintenant le nom du juge. Peut-être que c’est un autre nom. On connait le nom du premier.

Une certaine opinion croit savoir que les actions de Jérôme N’Guessan vont se poursuivre après le bureau politique du 24 septembre. Certains le soupçonnent de vouloir intenter une autre action en justice pour provoquer un congrès extraordinaire. Est-ce que vous avez connaissance de ces informations ? Est-il envisageable que le PDCI tienne un congrès avant le 6 octobre ?

Le juge n’a pas dit qu’il suspend le PDCI. Il n’a pas dit qu’il suspend les Bureaux politiques. Il dit qu’il suspend les décisions. Donc, le PDCI peut faire autant de Bureaux politiques qu’il faut. C’est la raison pour laquelle quand on est arrivé à Daoukro, on a rapporté toutes les décisions du 17 juin. Et puis on a pris de nouvelles décisions.

Maintenant si vous attaquez le Bureau politique du 24 septembre, vous allez passer votre temps dans les attaques et tout le monde va finir par se lasser de vous… Des juges finiront par ne plus recevoir de dossiers. Donc, continuez de gâter votre nom. Le Bureau politique du 24 est valable. Il a pris des décisions et c’est le rôle du Bureau politique de prolonger les mandats selon la situation.

Quelles sont les raisons profondes qui vous opposent à votre allié d’hier ? Vous avez dénoncé, dans plusieurs de vos déclarations, un régime totalitaire, la CEI et bien d’autres choses. Mais les Ivoiriens opposent une question d’éthique à vos revendications. A quel moment donc ce régime a commencé à devenir totalitaire, vu que vous avez cogéré le pouvoir avec lui jusqu’ à maintenant ? Avez-vous des motifs valables aujourd’hui pour vous constituer en opposition. Quelles sont les raisons profondes de votre divorce ?

Si vous avez lu avec attention, les résolutions du Bureau politique publiées intégralement par «Le Nouveau Réveil», vous allez connaitre les raisons. Le PDCI n’a jamais parlé de gestion. Ce sont des questions purement politiques. Nous n’avons pas de divergences. Nous sommes des amis, il n’y a pas de palabres particuliers, mais c’est pour des questions idéologiques et politiques.

Et un parti politique marche sur des principes politiques. Tout ce qui survient à côté est conjoncturel. Mais il y a des questions structurelles. Il y a une divergence de vue sur la marche du RHDP à un moment précis. La première divergence, c’est la non reconnaissance de la clause d’alternance par certains. A partir du moment où certains pensent qu’il y a alternance et que d’autres disent qu’il n’y a pas alternance, il y a divergence de vue.

Nous n’allons pas sur le point de la gérance parce que nous avons cogéré.  Deuxièmement, quand on a lu les documents, on ne peut pas faire des fédérations de partis politiques selon notre loi. Soit on est un parti politique, soit on est un groupement politique. Deuxième différence d’approche, nos amis veulent tout de suite le parti unifié. Nous avons dit que le RHDP, groupement politique ne marche pas bien.

60% des coordinations ne marchent pas. Donc, nous pensons qu’il faut se donner le temps et travailler à la marche des coordinations du groupement, sensibiliser au maximum les militants pour qu’ils adhèrent à l’idée. Et le 15 février 2016, on a dit on va aller à un parti unifié qui s’appelle RHDP jusqu’ à ce que chacun renonce à son identité. C’est écrit noir sur blanc. Il se trouve que le PDCI ne peut pas être dissout.

Quand vous avancez et que vous vous rendez compte de certaines choses, on ne vous interdit pas de reculer. Si vous ne vous retrouvez plus sur un chemin, il n’y a pas de honte à revenir sur le chemin du retour que vous connaissez. Donc, c’est une évolution. Ce n’est pas une affaire de gestion. Ce sont des désaccords sur la question de l’alternance en 2020. Et puis le timing pour aller à un parti unifié.

Et on a dit que c’est un processus de longue haleine. J’ai toujours dit depuis février ou on me « tapait » dessus et personne ne voulait m’écouter, que si nous savons être un groupe de partage, de générosité, de solidarité, de fraternité et d’amitié vraie et qu’on fait fonctionner le Groupement, et que les gens se rendent compte que leurs intérêts sont dedans, ce sont les bases qui vont dire aux dirigeants : vous attendez quoi pour fondre tous les partis politiques.

Mais, on est loin de là. C’est tout. Et puis il y a eu la précipitation. L’article 9 du groupement politique dit que le jour ou on veut dissoudre le RHDP, ça doit être fait par le président de la Conférence. L’Assemblée générale constitutive n’a pas été convoquée par le président du RHDP. Donc, c’est une violation de l’article 9. Ensuite, ils ont fait le parti unifié avec un bureau, nous on n’est pas dedans.

C’est dire que certains étaient pressés, nous on n’est pas pressés. On reste dans la même situation et pour éviter les confusions. Si le parti unifié portait notre nom, on allait dire autre chose, là on n’allait pas agir, mais comme ça porte le même nom, pour éviter les confusions, on s’est retiré du RHDP. Retenez, le premier point, ce sont la divergence, les interprétations et le désaccord sur l’alternance.

Quand le PDCI dit qu’il faut une alternance pour que ce soit un candidat PDCI en 2020, les autres … Le célèbre accord de Daoukro disait : 1er point 2015, le président Alassane Ouattara candidat unique. 2ème point 2020, un candidat du PDCI, candidat unique du RHDP, on le vote. 3ème point comme, on se serait voté les uns et les autres, on va discuter maintenant pour aller au parti unifié. C’était 1-2-3. Et non 1-3-2. Or il y en a qui faisait en 1-3-2. Et nous on faisait 1-2-3. Donc, on ne peut pas s’entendre.

Le PDCI se retire du RHDP. Quelle est la situation des élus PDCI, élus sous la bannière du RHDP à l’Assemblée nationale et au Sénat ?

En fait, le RHDP n’est pas un parti. C’est un groupement de partis politiques autonomes et souverains. C’est ce que beaucoup n’ont pas compris. Je l’ai toujours dit, il y a deux choses. On va aux législatives et on dit que tous les postes sont mis en jeu. On se réunit en RHDP et on choisit quel que soit le candidat, quelle que soit son appartenance. C’est différent de ce qu’on a fait.

Cette fois, on s’est retrouvé et on a partagé les circonscriptions. Ça veut dire que s’il y a un PDCI, il ne doit pas y avoir un RDR. C’est un procédé pour ne pas qu’on s’attaque. Donc, c’est tout à fait normal que le PDCI ait un groupement à l’Assemblée nationale et au Sénat. On a partagé les circonscriptions et chacun est parti. Pour le compte du groupement mais en étant de ton parti.

Nous avons appris que le président de la République a renvoyé les pouvoirs du Sénat à l’Assemblée nationale, quel est votre commentaire sur la question ?

Cela relève du président, il a dit que le Sénat n’est pas prêt. Vous savez que 33 personnalités ne sont pas encore nommées. Je n’ai pas de commentaires particuliers là-dessus. Je voudrais dire à nos militants que le RHDP est mort. Vive le PDCI-RDA !

Propos retranscrits par Prince Beganssou

 

Conférence de presse de Guikahué : Voici la déclaration liminaire complète

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