Maguy Serge-Alain (ex-capitaine des Éléphants) : « L’équipe nationale est trop politisée »

En vacances à Abidjan, , vainqueur de la Coupe d’Afrique 92 au Sénégal, a bien voulu s’ouvrir à « Le Nouveau Réveil ».

Maguy Serge-Alain, vous êtes en vacances à Abidjan. Est-ce que vous pouvez nous dire où vous vivez  et ce que vous faites?

Maguy Serge-Alain vit en France. Précisément à Lille. Je suis toujours dans le sport.

Que faites-vous exactement?

Je suis éducateur sportif. Je donne un coup de main à la jeune équipe de Lille. Je suis éducateur sportif des U12 jusqu’aux U15.

La reconversion a-t-elle été facile?

Oui parce que je suis footballeur de haut niveau.

Que fait Maguy Serge-Alain à part le football?

Je suis agent de la mairie.

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Toujours en liaison avec  le football ivoirien que vous avez servi?

Je suis en contact avec les anciens restés à Abidjan. On a eu à faire  un match de  gala à Gagnoa. Mais j’avoue que je ne suis pas trop le championnat ivoirien.

Quelle idée faites-vous aujourd’hui du football ivoirien?

Il y a un manque de moyen. Au niveau des jeunes joueurs, il y a beaucoup de talents, mais le problème, c’est qu’ils sont pressés. Conséquence, le championnat a baissé. Le football ivoirien a beaucoup régressé également. Il est un peu effacé.

N’est-ce pas la faute à la Fédération?

Je dis non. Il faut trouver des sponsors pour que les joueurs soient à l’aise. Quand un joueur n’a pas de salaire, n’a pas de prime, il n’est pas prêt dans la tête.

Les Éléphants sont relativement bien « gâtés » mais ça ne marche pas aussi. Pourquoi?

C’est peut-être au niveau de la Fédération ou de entraineur que le problème se situe. C’est possible. Mais il y a que les joueurs sont tous des professionnels.  Mais le gros problème, c’est de se demander si les enfants écoutent l’entraineur. Est-ce que la Fédération maitrise les enfants, est-ce que la communication passe bien.

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Des clubs demandent le départ du président de la Fif?

Moi, je crois qu’il faut laisser le président de la Fif travailler. Je trouve son bilan un peu positif.

Que proposez-vous pour relever le niveau du football ivoirien?

Il n’y a plus d’espace pour jouer. En notre temps, on jouait des comités parce qu’il y avait des espaces. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Et les enfants ne peuvent pas s’exprimer comme ils veulent.

Maguy Serge-Alain peut-il accepter de venir à Abidjan pour apporter son expérience à ses jeunes frères?

Je ne suis pas prêt à le faire. Même avec l’équipe nationale. Parce que ce n’est plus l’équipe nationale de 90-91. Elle est trop politisée aujourd’hui.

Vous êtes à nouveau en  Côte d’Ivoire. Comment vous trouvez votre pays?

Mon pays a beaucoup changé. Il évolue. Il faut soutenir le président. J’ai remarqué qu’il y a beaucoup de routes. Les embouteillages aussi.

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On parle de réconciliation, comment appréciez-vous le processus?

C’est une bonne chose. Il faut que les Ivoiriens se réconcilient. Entre nous, on a fait la guerre. Des Ivoiriens qui ont fait la guerre regrettent, il faut maintenant mettre balle à terre.

Quelles sont vos relations avec les autres Ivoiriens vivants en France?

Je fais des matchs de gala pour la réconciliation avec les grands frères Gadji Celi et Tiéhi Joël. Mais ils n’ont pas la possibilité de revenir à Abidjan. Il faut faire en sorte qu’ils reviennent au nom de la réconciliation.

 

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