« La base sur laquelle devra se construire la société ivoirienne est l’hymne national » (Sylvain Takoué)

Ivoiresoir.net vous propose les explications de , président de «  » (R.F.I.), sur la situation socio-politique de la Côte d’Ivoire.

Depuis que le « Rassemblement des Fiers Ivoiriens », en abrégé R.F.I. est lancé sur l’échiquier politique national de notre pays, on nous interroge partout, en nous demandant : « Est-ce encore un parti politique ? »

On nous pose cette question, comme si on voulait nous coller un procès d’intention, encore que, créer un parti politique, n’est plus, depuis 1990, un événement en Côte d’Ivoire, puisque le décret du 30 avril 1990 a consacré et réinstauré le multipartisme dans la Loi constitutionnelle de la République ivoirienne. Et les partis politiques, il en existe d’ailleurs beaucoup trop, près de 200, aujourd’hui. C’est devenu un fait banal et cacophonique, parce que cela donne l’impression d’un effet de mode ou d’une compréhension exagérée ou trop indigène du multipartisme. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin qu’il existe 1000 partis politiques pour être une vraie démocratie. Prenez le cas des Etats-Unis d’Amériques : avec seulement le parti des Républicains, celui des Démocrates et, dans une certaine mesure, le parti des Libéraux-verts, ce pays est considéré comme une grande démocratie dans le monde. Pareil pour l’Angleterre, avec, seulement le parti travailliste et celui des conservateurs.

« …Il faut croire en soi, croire en son génie (…) Nous ne devons pas nous contenter d’être créatifs seulement dans le domaine de la musique, du théâtre, mais être inventifs aussi dans le domaine de la technologie et de l’invention des idées politiques ».

Donc, que les choses soient claires : nous n’avons pas créé un parti, mais un mouvement politique. C’est une option d’ouverture que nous avons voulue. Pourquoi ? Pour ratisser large et rassembler. Mais rassembler qui ? Les Ivoiriens. A quelle fin ? Les éveiller à détenir la souveraineté de décision et de contrôle politique, c’est-à-dire les amener à faire valoir la primauté de leur volonté de peuple sur les ambitions politiques personnelles de ceux qui aspirent à l’Exécutif ou qui l’incarnent.

Sylvain Takoué, président du « Rassemblement des Fiers Ivoiriens » (R.F.I.)

Cette option, on le voit, prend à contre-pied la pratique politique autocratique dans notre pays et entend restituer à la démocratie, telle qu’elle nous a été apprise et enseignée, sa définition universelle de « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». C’est sur cette base que notre mouvement politique lutte pour que la Côte d’Ivoire prenne politiquement un nouveau départ et pratique une démocratie irréprochable, convenable à notre nouvelle génération.

En cela, il faut vraiment prendre l’éminent Pr. au mot, quand, récemment, à l’occasion du colloque consacré à l’acteur , il a, sur les ondes de la radio RFI, dit ceci, avant qu’il ne décède, parlant des Africains : « …Il faut croire en soi, croire en son génie (…) Nous ne devons pas nous contenter d’être créatifs seulement dans le domaine de la musique, du théâtre, mais être inventifs aussi dans le domaine de la technologie et de l’invention des idées politiques ».

Je retiens, pour ma part, la fin de ses propos : être inventifs, et cela, en matière d’invention d’idées politiques. Faire la politique qui correspond vraiment à nos attentes et à nos espoirs : par exemple, ne plus avoir besoin de recourir à la violence politique et de faire éclater la guerre armée pour conquérir le pouvoir d’Etat et l’exercer par la terreur. Il s’agit plutôt, aujourd’hui, d’inventer des idées politiques humanistes qui intéressent notre temps et notre génération. C’est à ce sacerdoce que notre mouvement politique appelle la nouvelle génération à laquelle nous appartenons. C’est pourquoi, le slogan de notre mouvement est : « Côte d’Ivoire, le nouveau départ ! »

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Car il s’agit, pour nous, de faire prendre un nouveau départ politique à la Côte d’Ivoire pour en faire une vraie société de paix et de bonheur, telle que le veulent les êtres humains que nous sommes tous. La base idéologique et philosophique sur laquelle devra se construire une telle société, c’est l’hymne national de la Côte d’Ivoire, qui est un grand texte de référence, oublié par notre classe politique.

Nous entendons donc faire revenir la Côte d’Ivoire à ses fondamentaux-là, qu’il nous faut actualiser, pour construire, au profit de notre nouvelle génération, le dessein national contenu dans cet hymne national, qui reste un chant patriotique inspirateur et dans lequel nous avons tiré la dénomination même de notre mouvement, le « Rassemblement des Fiers Ivoiriens ».

C’est une mission politique de rassemblement national que nous nous donnons, au cœur de la nouvelle génération actuelle, pour que les Ivoiriens se réapproprient la fierté de construire leur pays comme un modèle de nation d’humanité, de vraie fraternité et de solidarité agissante, et assis sur les valeurs humaines et sociales fondamentales exprimées dans l’hymne national, l’.

Servir le peuple en réalisant la volonté de celui-ci

Ce dont nous rêvons, ce n’est donc pas le pouvoir pour le pouvoir, mais de sauvegarder l’objectif pour lequel le pouvoir politique se conquiert : servir le peuple en réalisant la volonté de celui-ci, restituer à l’Exécutif, au sommet de l’Etat, son rôle régalien d’exécuter la volonté commune, collective, nationale en faisant un usage contrôlé (par des contre-pouvoirs impartiaux et indépendants) des moyens de l’Etat, constitués à la sueur des efforts des contribuables, à travers les forces de travail et de production de la richesse nationale.

Nous rêvons donc d’une Côte d’Ivoire calquée sur le modèle de vie chanté par l’hymne national du pays. C’est autour de ce rêve de justice sociale que nous entendons rassembler, désormais, les Ivoiriens célébrés par l’Abidjanaise comme de fiers artisans de la grandeur d’un pays ramené sur le chemin du bonheur.

On voit bien que pour faire ce travail transversal, un parti politique n’aura qu’un rôle réducteur, du point de vue de son entendement classique et traditionnel : il ne  réunit que des individus qui prennent ainsi son parti, qui prennent parti. C’est une attitude sectaire, clanique. C’est pourquoi, cette stature restrictive confère bien souvent l’image de groupuscule, de clan ou de secte aux partis politiques. C’est, d’ailleurs, pour avoir  fait ce constat, que des partis politiques forment, de plus en plus en Côte d’Ivoire, des alliances pour élargir leur sphère en groupements politiques.

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Seul un mouvement à idéologie nationale comme le nôtre, organisation élastique et transversale, peut emmener chaque ivoirien à se reconnaître en lui, puisque c’est un Mouvement qui incarne les paroles et les valeurs chantées dans l’Abidjanaise dont il fait la promotion.

Le « Rassemblement des Fiers Ivoiriens » est donc un mouvement à la fois philosophique et politique, un mouvement de vie, un mouvement de la vie quotidienne des Ivoiriens, qui se donne la capacité d’aider les Ivoiriens à reconstruire leurs mentalités et leurs comportements. Le seul objectif ? Les amener à reprendre confiance dans le fait que ce sont plutôt eux, rassemblés en peuple, qui ont le pouvoir souverain de décider de la vie et de l’avenir du pays et, surtout, à le forger en le façonnant tel que le veut notre hymne national qui dit bien ceci :

Salut, ô Terre de l’Espérance,

Pays de l’Hospitalité,

Tes légions remplies de vaillance

Ont relevé ta Dignité.

Tes Fils, chère Côte d’Ivoire,

Fiers Artisans de ta Grandeur,

Tous Rassemblés pour ta gloire,

Te bâtiront dans le Bonheur.

Fiers Ivoiriens, le pays nous appelle,

Si nous avons, dans la paix, ramené la Liberté,

Notre Devoir sera d’être un Modèle

De l’Espérance promise à l’Humanité,

En forgeant unis dans la Foi nouvelle,

La Patrie de la vraie Fraternité.

Le Rassemblement des Fiers Ivoiriens adopte ce texte de base comme sa charte d’existence et d’action. Chaque mot de cet hymne national devra résonner comme un devoir pour chaque Ivoirien qui se reconnaît, désormais, dans le « Rassemblement des Fiers Ivoiriens« , et qui se place ainsi au-dessus des clivages engendrés par les partis politiques traditionnels.

Sylvain Takoué, 

Président du Rassemblement des fiers ivoiriens (R.F.I.)

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