La vraie histoire des Agni par le Pr Ekanza : la migration des Agnis en Côte d’Ivoire (fin)

Les Agni en Côte d'Ivoire
Les Agni en Côte d'Ivoire

Suite et fin de notre feuilleton sur la vraie historie des . Dans ce dernier épisode, le Professeur revient sur la migration des en Côte d’Ivoire.

A quel moment les Agni entament leur migration du , vers la Côte d’Ivoire ?

La guerre, entre le d’une part et l’ et ses alliés dont l’Ebrosa d’autre part, eut lieu. Elle se solda par l’éclatante victoire des alliés sur le Denkyira  à Feyase en 1701. L’Aowin avait placé beaucoup d’espoir dans cette victoire ; Il y voyait, entre autres, la fin des exactions multiples et autres tributs exigés par le Denkyira .

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Mais c’était sans compter avec l’ambition de l’Asante, son allié d’hier qui, pour asseoir et consolider son autorité, adopte le même comportement que l’ennemi commun d’hier, le Denkyira : il entreprend, après la victoire de Feyase, une série de guerres, tantôt punitives, tantôt de conquête. Cette turbulence de l’Asante contrastait avec la force tranquille que respirait l’Aowin. Celle-ci lui venait de sa puissance militaire, s’accroissant de jour en jour avec l’afflux incessant de réfugiés. Elle ne tarde pas à inspirer crainte et méfiance à l’Asante.

« Les deux Etats devinrent alors très méfiants l’un de l’autre. La guerre devint menaçante »

Elle sera déclenchée par l’Asante qui en attendait l’occasion. Celle-ci lui sera offerte en 1712. Cette année-là, l’Aowin accorde l’asile à tout un corps d’armée asante, fort d’environ trois mille hommes. Envoyés pour soumettre le territoire d’, les soldats Asante pillent et saccagent la localité, puis le régiment au complet se réfugie avec tout le butin dans l’Aowin .

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C’était l’acte à ne pas commettre, qui attisa la colère de . Cela d’autant plus que ce geste de provocation venait s’ajouter à d’autres qui menaçaient l’équilibre dans la région: l’Aowin, après s’être rendu maître des voies d’accès reliant le centre du pays akan aux comptoirs européens de la côte ouest, avait annexé les riches gisements aurifères du pays Ahafo, le berceau des ancêtres Asante, situés à l’ouest de Begho, le centre commercial le plus réputé de l’époque, reliant le pays akan aux grandes villes du Sahel. Cet ensemble d’actes provocateurs, jugés insolents par l’allié d’hier, ne pouvait rester impuni. L’Asante envahit alors l’Ebrosa. Le dénouement en sera la bataille d’Anyuãnyuã de 1715, suivie de la défaite et de l’exode des Aowin en direction de l’Ouest.

« La route de la migration sera empruntée successivement par les ancêtres des futurs Ndenyen, Sanvi, Morofouè et tous les autres groupes Agni »

Quel enseignement tirez-vous de cette histoire qu’on pourrait qualifier de fabuleuse ?

Je souligne que cette histoire dévoile l’essentiel sur le passé des Agni : leurs origines, leurs errances à travers le temps, leurs activités, mais aussi le nom du héros, fondateur de la nation avant son éclatement, survenu à la défaite d’Anyuanyuan, cause de la migration.

« L’histoire nous renseigne aussi sur le refus du peuple Agni de toute forme d’oppression et la volonté de s’en libérer par l’union sacrée de tous ses enfants autour d’un leader »

Mais peut-on arrêter l’histoire ? Celle-ci se répète inlassablement. A l’issue de la migration, sur les sites récemment occupés, chacune des fractions du peuple répète  l’histoire mais à un autre niveau : comme aux temps anciens, du milieu du peuple, de nouveaux leaders émergent, des Etats se bâtissent ; les modes de vie, les valeurs, les normes et les institutions propres au peuple sont ressuscitées, reprennent vie, au besoin en subissant des transformations ; c’est le signe du dynamisme du peuple.

La vraie histoire des Agni racontée par Pr Ekanza : lumière sur Ano Asoman, ancêtre des Agni (suite)

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