Laurent Gbagbo : « donnez-moi le Pouvoir en 2025 et je vous le rendrai « 

Laurent Gbagbo au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire pour son investiture
Laurent Gbagbo au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire pour son investiture © Crédit Photo SerCom PPA-CI

Le discours intégral de Laurent Gbagbo le vendredi 10 mai 2024 lors de son investiture comme candidat du PPA-CI à la présidentielle de 2025.

Chers camarades, messieurs les Chefs, chers invités, je vous remercie d'être tous là. Merci d'être venus et de me faire l'honneur de répondre à mon invitation. Il se fait tard, on va aller vite.

Chers amis, Une fois de plus, une fois encore, j'accepte d'être votre candidat. J'accepte d'être votre candidat pour aller à la bataille ! Parce qu'il s'agit de la Côte d'Ivoire et il s'agit de l'Afrique. C'est chez nous ! L'Afrique, c'est chez nous ! La Côte d'Ivoire, c'est chez nous ! Et nous ne pouvons pas laisser les autres se battre pour nous. Nous devons nous battre pour nous-mêmes.

Quelques fois, quand je parle à des plus jeunes et même à mes enfants, je leur dis que les Africains ont de grandes admirations pour les Occidentaux, mais, ces Occidentaux, leurs parents et leurs grands-parents ont souffert le martyr. Les Américains dont on parle souvent, ils ont souffert de la guerre de libération contre la Grande Bretagne. Puis, ils ont fait la guerre intérieure, le Sud contre le Nord. Et tout ce que nous voyons aujourd'hui, c'est le résultat de ces guerres. Ils se sont battus pour que leur pays soit propre, pour que leur pays soit bien. Eh ben, aujourd'hui leur pays est bien ! Mais nous, on veut être bien sans se battre. On veut être bien sans traverser des périodes difficiles. Mais enfin ! Mais enfin ! Abraham Lincoln, il est mort. Georges Washington qui a laissé son nom à la capitale et qui a été le premier président, il est mort. Mais ce sont leurs petits enfants qui aujourd'hui profitent du combat qu'ils ont mené !

Mes chers amis, Si nous voulons que notre pays soit bien, menons des combats. Sans combat, nos pays n'auront rien. Je vous le dis : en vérité, en vérité, sans combat, nos pays n'auront rien ! Vous croyez que quand nous nous battons à longueur d'années, quand nous allons en prison, c'est parce que nous aimons la prison ? Non, ce n'est pas parce que nous aimons la prison, c'est parce qu'il y a des combats à mener. Et ces combats, personne ne les mènera à notre place. Donc nous nous battons.

Et le premier engagement que je peux prendre devant vous, c'est que je vais faire un seul mandat ; je vais faire un seul mandat pour fixer les clous parce qu'il y a beaucoup de personnes qui jouent avec la gestion de l'État, vu que les clous n'ont pas été fixés. Nous devons le faire. Et on n'a pas besoin de plus d'un mandat pour ça. Ils ont vu clair et c'est pourquoi ils nous ont fait la guerre à partir de 2001. Ils ont vu où nous allions. Ils ont dit : “On ne peut pas le laisser terminer ce mandat. Si on le laisse terminer, on est cuit pour demain”. Donc, le premier engagement, c'est de dire que je vais faire un mandat mais un mandat où tout sera bouclé.

Le deuxième engagement que je prends, c'est que notre pays a connu beaucoup de problèmes, beaucoup de frottis frottas, beaucoup de luttes, de guerres, mais nous ne connaissons pas la vérité sur tous ces conflits : Qui a soulevé la rébellion ? Qui a fait la rébellion ? Ce ne sont pas les enfants que nous voyons là ! Qui a pensé à la rébellion ? Qui a fait le coup d'État de 1999 ? Qui a créé tous ces conflits qui nous emmènent là où ne devrions pas être ! Il faut, chers amis, chers frères, chers camarades, repenser tous ces problèmes et réconcilier les Ivoiriens.

Quand je suis arrivé de La Haye (acquitté par la Cour pénale internationale, Ndlr), un journaliste me voit et dit : « Mais Président, il faut demander pardon ». Alors, je dis : ‘'Pourquoi ? Je vais demander pardon pour quelle chose ?'' On dit : « Oui, il y a un tel qui est venu, et il a demandé pardon ». Je dis ‘'Mais, moi je ne suis pas untel. Je suis ancien Président de la République”. Il y a des gens qui parlent et qui disent : “Oui, il y a des femmes qui sont mortes à Abobo'' ; mais qui les a tuées ? Il y en a même qui pensent qu'ils sont intelligents, ils disent : ‘'C'est la responsabilité''. Mais pour ça, il n'y a pas une question de responsabilité. Quand il y a un meurtre, il y a un auteur, un meurtrier. Sur toutes ces questions, il faut discuter et réconcilier les Ivoiriens. Allez à Duékoué, Guitrozon, Bangolo, Guiglo. Il y a des gens qui sont morts. Presque 1 000 en un seul jour ! Mais vous croyez que ces gens peuvent être réellement réintégrés à la République si on ne discute pas de ce problème et qu'on ne donne pas les noms des auteurs, même si on doit les relâcher après ? Mais on connaît les auteurs !

Donc je m'engage à engager le débat pour que sur toutes ces crises, on trouve les responsabilités et les responsables. À partir de ce moment, le pays peut faire sa vie normale. Ici même tout près, à Abobo, il y a des villages Ebrié qui ont été investis par des éléments de la rébellion. Ils ont tué des gens, égorgé certains, ils ont tiré sur d'autres. Si, tout près de nous, à Abobo ici, on a commis de telles horreurs, que dire de ce qui s'est passé loin de nous ?

Moi, je connais quelqu'un qui fait aujourd'hui les Réseaux sociaux, mais quand tu dis un certain nom, il tressaillit et il pleure parce qu'on a tué son père et il ne le dit pas toujours. Les rebelles dans leur descente, ont tué son père. Il nous faut apporter, aux Ivoiriens qui ont souffert, l'apaisement. En ce qui me concerne, je suis content de ce point de vue, qu'on m'ait jugé de 2011 à 2019 à la CPI, et qu'on ait trouvé que je suis innocent. Et ce serait hypocrite de dire que je ne suis pas heureux pour cela. Aller en prison, c'est une mauvaise chose et on n'aime pas aller en prison. Mais quand vous allez en prison et qu'on vous déclare innocent, et qu'on vous rend à la liberté, à votre pays et à votre famille, vous êtes un homme heureux.

Il faut rendre la Justice effectivement indépendante du Pouvoir Exécutif. J'ai gouverné ce pays 10 ans. On ne trouvera pas dans ce pays, un juge qui peut dire que le Président de la République, , m'a appelé pour me dire que dans cette affaire, rends ce jugement-ci. Jamais ! Et je le dis haut et fort, devant témoins. D'abord, parce que ce n'est pas dans ma nature de faire des combines de ce genre ; mais ensuite, ce n'est pas propre au niveau de la République. Ce n'est pas propre de vouloir faire des combines de ce genre. Nous n'avons jamais fait ça, et c'est pourquoi personne ne nous a jamais accusés de cela.

Il faut rendre la Justice libre, indépendante du Pouvoir Exécutif et établir des règles pour que les juges puissent avancer dans leur fonction sans avoir à venir s'accroupir chaque matin ou soir dans le bureau du Président de la République pour mendier un poste, un avancement. À quoi ça ressemble ça ? À rien du tout !

Je m'engage à désendetter la Côte d'Ivoire. Ça, je sais le faire un peu. Mais c'est vrai qu'on a un problème en Côte d'Ivoire. Des gens croient que gérer un pays, c'est une affaire d'économiste. Je ne sais pas où ils ont été à l'école et où ils ont appris ça. Non, les techniciens que nous utilisons pour appliquer telle ou telle décision sont des économistes, oui. Mais, la politique économique d'un pays, c'est la politique d'abord. Maintenant, une fois cette politique définie, comme j'appelais à l'époque, les Mamadou Koulibaly, les Bohoun Bouabré, je dis :''Bon, on va faire ça, alors trouvez comment on peut faire ça !''. Mais, ‘'on va faire ça'', c'est politique. Maintenant trouver comment on peut s'y prendre, ça c'est à vous de le faire.

J'écoute quelquefois des gens et je dis mais, on n'a pas fait les mêmes universités ou quoi ? De Gaule n'était pas un économiste. Pompidou n'était pas un économiste. François Mitterrand n'était pas un économiste. Jacques Chirac n'était pas un économiste. Mais enfin ! Enfin ! Il ne faut pas qu'on se trompe. Les gens croient qu'il faut être économiste pour tracer les sillons d'une politique économique. Le dernier Premier ministre de Mitterrand, qui a été ministre de l'Economie et des Finances, avant d'être Premier ministre, Pierre Bérégovoy, c'était un ouvrier. Pierre Bérégovoy n'a pas été à l'université. C'est un ouvrier ! Est-ce-que vous comprenez ? Et il a été ministre de l'Economie et des Finances de la France, et il a été Premier ministre de la France ! De la France, je n'ai pas dit les petits pays d'ici.

Il faut qu'en Côte d'Ivoire, les gens cessent de confondre la pensée, la décision et l'applicabilité concrète. C'est l'homme politique qui décide de la politique économique. Il décide d'une politique d'abord. Il peut utiliser des gens qui ont fait de l'Economie pour appliquer ça. Mais c'est lui qui décide, qu'il soit philosophe, latiniste. Et moi je suis très fier d'être historien. Ça m'a appris beaucoup de choses qu'ils ne savent pas. Parce qu'ils n'ont pas les repères historiques pour le savoir. Vous comprenez ?

« Oui j'ai été un banquier ». Ici en Côte d'Ivoire, on cherche un chef d'État. On cherche un Président de la République. C'est-à-dire qu'on cherche quelqu'un qui va prendre des décisions qui vont orienter notre Economie, notre Politique. C'est ça qu'on cherche. On ne cherche pas un ancien banquier. Vous voyez ?

Je m'engage aussi à casser cette CEI (Commission électorale indépendante) et à mettre en place un organe chargé d'organiser des élections qui apaisent tout le monde ? Vous organisez une élection puis chacun sort en se proclamant Président. Mais, qu'est-ce-que vous avez fait là ? Il faut que vous, les frères que vous êtes, sachiez que notre idée de la Commission électorale indépendante a été travestie, gâtée, pourrie.

En 1990, le premier à avoir été candidat contre Houphouët, le seul, c'est moi ! Quand j'ai été candidat, j'ai vu, j'ai entendu ce qui s'est fait et ce qui n'a pas été fait alors que ça aurait dû être fait. À partir de cette élection présidentielle d'Octobre 1990, nous au FPI, avons réclamé à cor et à cri une commission neutre chargée d'organiser les élections pour que chaque candidat ait son véritable poids politique. Et puis en rencontrant tous les amis africains, les Bazoum et Issoufou du Niger, les Landing Savané au Sénégal, etc., on a discuté avec les uns et les autres et puis nous étions tous tombés d'accord pour la mise en place dans nos pays respectifs d'un organe neutre chargé d'organiser des élections crédibles. Bon, on nous a renvoyés balader évidemment. Et puis, à la faveur du coup d'État de 1999 en Côte d'Ivoire, nous avons réussi à faire passer l'idée parce que Gueï Robert avait réuni tous les acteurs politiques et tous les acteurs de la vie sociale pour discuter de la sortie de la crise.

Je remercie un homme comme Degny Seguy (ancien Président de la Ligue ivoirienne des Droits de l'Homme, Lidho, Ndlr) qui a usé de son poids de professeur de Droit. Je remercie Honoré Guié aussi (président de la première commission électorale créée dans la transition militaire, Ndlr). Et on a porté ça et Gueï a accepté. On était heureux. Et on a bien fait d'être heureux. Parce que cette CEI a proclamé que l'élu de la Présidentielle de 2000 n'était pas le Président en fonction, mais que l'élu était son adversaire, Laurent Gbagbo. Ah ! Problème ! Parce que lui (Guéi Robert, chef de la junte, Ndlr), il avait pensé comme tout le monde que, Président sortant et militaire, il a gagné.

Lida est là ? Ah, il est là ! C'est lui Lida, qui s'occupait de ma sécurité et, chaque soir, il m'emmenait dormir quelque part, parce qu'on ne sait jamais ! (la salle pleine à craquer éclate de rires). C'est lui que la hiérarchie de l'Eglise catholique a envoyé me chercher. Donc, on est allé à la Cathédrale. C'est là d'ailleurs que j'ai vu pour la première le Bishop Benjamin Boni. Gueï était là, j'étais là. Ils nous ont demandé ce qui se passait. Gueï dit qu'il a gagné. Moi, je dis que j'ai gagné. Les Evêques ne savaient plus quoi dire.

Alors j'ai dit : ‘'Messeigneurs, c'est moi qui ai gagné, hein !'' (Rires et applaudissement dans la salle). Gueï crie : ‘'Frère, tais-toi, je suis ton grand-frère, c'est moi qui ai gagné !''. Finalement, soudain, des ministres de Gueï ont fait irruption dans la salle où nous étions. Ils ont dit que Gueï est en train de raconter des histoires et que c'est Gbagbo qui a gagné. Ces propres ministres, hein ! (Rires et applaudissements dans la salle).

Vous voyez, l'histoire de la CEI est une histoire difficile et longue. C'est là que pour la première fois, devant les Evêques et ce Pasteur, je me suis rendu compte qu'on est encore loin de la démocratie. Parce que cette élection, comment quelqu'un peut se lever pour dire : “c'est moi qui ait gagné. Ce n'est pas Gbagbo”. Évidemment, pour dire ça, il a annulé les votes de Divo, Lakota, Gagnoa, Soubré, Issia, enfin de tout le pays bété. Dano Djédjé était dans la commission électorale d'ailleurs. Donc finalement, la mobilisation du Peuple a fait que Gueï est parti. Quand on lui a dit que les gens marchaient, ils venaient de Yopougon. Il est monté dans un hélicoptère. Quand il a vu la masse qui arrivait, il a dit au pilote : “Emmène-moi au Togo ». Le gars lui dit qu'il n'y a pas assez de carburant pour arriver au Togo. Il dit : “Bon, dépose-moi chez Papa Nouveau ». C'est comme ça qu'on l'a emmené chez Papa Nouveau, près de Grand-Lahou. Quand le pilote est revenu, il est venu me dire ça mais je ne l'ai pas dit parce que je ne voulais pas que les militaires aillent le débusquer pour lui faire du tort. Ces amis à lui, français avec qui il avait fait l'école de Saint-Cyr, sont arrivés. C'est à eux que j'ai dit, où était Gueï. Et je les ai fait accompagner par des chauffeurs et des officiers pour aller voir Gueï. C'est comme ça qu'ils ont pris Gueï et ils l'ont emmené dans son village, à Kabakouma. Mais, la CEI a une histoire en Côte d'Ivoire.

Aujourd'hui, on veut nous faire croire à des blagues. Parce que ce qu'ils sont en train de dire, ce sont des blagues. Comment on peut dire que c'est difficile de revoir la liste électorale. Ce n'est pas difficile. On demande au Sous-préfet de Ouragahio de donner l'ordre à chaque village de Ouragahio de faire la liste des majeurs en âge de voter. Mais, dans chaque village, en une journée, c'est fini ça ! Chez Gadji Céli, comme ils sont un peu têtus, ils vont durer un peu, un jour et demi, mais dans nos villages, on fait ça tranquillement. Donc la CEI, vraiment il faut la changer. Je ne dis pas qu'il faut changer les hommes mais il faut changer sa conception. Un jour, j'ai vu sur une photo, des gens qui sont à la CEI. Je les ai regardés et j'ai ri. Je dis mais, si ceux-là sont dans un organe qu'on appelle un organe indépendant et neutre, ceux-là ! Moi je les connais à ici. Ils ne peuvent pas être neutres. Abidjan ici on se connait en long et en large. Je le dis haut et fort, il faut changer la CEI, il faut changer la structuration et il faut changer les hommes parce que dedans, il y a trop de personnes qui ont faim. Et ce n'est pas à une personne affamée qu'on demande d'être neutre, parce que vous lui donnez un morceau de pain, il est avec vous. Or qui peut vous donner un morceau de pain ? C'est lui qui est assis dans une boulangerie. Il y a trop de personnes à l'intérieur de la CEI qui ont faim et je le dis haut et fort pour qu'ils m'entendent. Et s'ils m'entendent, ils savent de qui je parle. Eux-mêmes, ils savent. Et ils diront : « Ah, Gbagbo m'a dénoncé mais sans dire mon nom”.

Il faut favoriser le leadership des femmes et des jeunes. Sur ce problème des femmes, il y a aussi, les femmes elles-mêmes à qui il faut qu'on parle. Il y a les femmes elle-même et puis il y a leurs maris aussi. Il y a des femmes qui font souvent le choix. Elles disent : « Si j'occupe tel poste ou tel poste, je serai souvent absente de mon domicile et étant souvent absente, mon mari. » J'ai beaucoup d'amies femmes donc on discute. Et puis il y a des hommes qui sont jaloux de voir leurs femmes occuper certaines hautes fonctions. Quand j'étais Chef d'État, j'avais un certain nombre de femmes ministres, il y a eu des problèmes qui ont éclaté dans presque tous les foyers où la femme était ministre, sauf un ou deux. Mais ça venait souvent de la jalousie non dite des hommes. Il y en avait un même qui est venu me voir. Il dit : « Écoute, tu as nommé ma femme ministre et moi, qu'est-ce-que tu fais de moi ? » Je dis : « Frère, est-ce-que ça c'est palabres ça ? Ce n'est pas digne de toi ». Donc c'est ça qui fait les complications.

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Je m'engage aussi à transférer effectivement la capitale à Yamoussoukro. Pourquoi je dis cela ? Vous savez que Yamoussoukro n'est pas mon village, donc je n'ai pas dit que je vais mettre la capitale à Mama. Il faut lire les rapports. Il y a un changement climatique et depuis les côtes du Nigéria jusqu'aux côtes du Libéria et de la Sierra-Leone, l'eau de mer monte. Allez à Lagos, il y a aujourd'hui des villages lacustres qui sont en face de Lagos. Les gens vont à la maison en pirogue. Arrivés, ils montent par des petits escaliers en bois jusqu'à dans leurs maisons. Et les rapports disent ça. C'est pourquoi, le Nigeria lui-même a transféré sa capitale à Abuja. Regardez même ici en Côte d'Ivoire, à Grand-Lahou, pour nous les bétés de Gagnoa, c'était Lahou notre grande ville maritime. Mais aujourd'hui, Grand-Lahou, il n'y a rien. Toutes les tombes sont envahies par l'eau, la ville de Lahou est envahie par l'eau. C'est consigné dans des rapports mais les gens ne veulent pas lire. Et moi j'avais trouvé les moyens de construire Yamoussoukro sans prendre un seul franc de crédit. J'ai construit l'assemblée nationale. Je n'ai pas pris de crédit. J'ai commencé à construire la Présidence de la République, je n'ai pris aucun franc de crédit. C'est seulement, l'autoroute que j'ai tiré de Singrobo jusqu'à Yamoussoukro. C'est seulement cette autoroute pour laquelle j'ai pris des crédits. Mais des crédits chez les arabes. Qui ne sont pas autorisés à demander des intérêts exorbitants sur les prêts qu'ils accordent. On peut demander à quelqu'un, Patrick Achi, c'est lui qui était mon Ministre. C'est lui que j'ai envoyé là-bas. Donc on peut faire Yamoussoukro parce qu'il faut échapper à la montée des eaux. Le Brésil nous a déjà devancé. Ils ont quitté Rio pour aller à Brasilia. Le Nigeria aussi. Ils ont quitté Lagos pour Abuja. Nous, on attend quoi ? On attend que l'eau vienne dans les maisons des gens. Il faut lire les rapports. Dans le Parti, j'ai confié les problèmes d'environnement au Ministre Pierre Lokrou Vincent qui est un homme très compétent. Il va nous sortir ça. Il y a des choses pour lesquelles il faut aller à Yamoussoukro que je ne dirai pas maintenant parce que le moment n'est pas encore venu. Il y a des moments pour dire certaines choses. Voilà !

Je m'engage à faire acheter les produits agricoles au juste prix et à promouvoir l'industrialisation. Vous voyez, est-ce-que ce n'est pas une misère qu'au Cameroun, on achète le Cacao à 5000F le kilo, au Ghana à 3000F le kilo et en Côte d'Ivoire, à 1500F le kilo. Le cacao hein ! Nous sommes le premier producteur mondial. C'est pourquoi je dis qu'on cherche quelqu'un pour gouverner la Côte d'Ivoire. On ne cherche pas quelqu'un qui a travaillé dans une banque. Parce que la vision élémentaire, c'est que si tu achètes le cacao des paysans à 5000F le kilo en Côte d'Ivoire ici, tu as de l'argent qui circule dans les mains des gens et ils vont aller au marché pour acheter des choses. Et toi, tu auras les moyens de faire les taxes sur ces produits pour récupérer l'argent. Mais, ils veulent tout garder en même temps. En cherchant à garder de l'argent, on le perd. Si les gens disent encore que nous avons quelqu'un qui a travaillé dans les banques, dites-leur on ne cherche pas un banquier. On cherche un homme politique pour diriger la Côte d'Ivoire. Dites-leur ça. Ils vont cesser de vous embêter.

Katinan a parlé de lutte contre la corruption. Ça, moi j'ai déjà fait ça. Un jour, j'étais là avec quelques-uns de mes ministres devant la Présidence de la République et il y a Yodé et Siro qui sont venus me saluer. Je dis : « Mais vous deux-là, chantez votre chant. Vous avez un chant, chantez-le”. Ah, ils étaient gênés. Ils disent : « Président, quel chant ? » Je dis : « Mais vous ne connaissez pas votre chant ? Vous dites que si tu nommes quelqu'un qui vole, c'est que toi-même tu es voleur ». Yodé se grattait la tête et il dit : « Oui Président, on a chanté ça ». J'ai dit aux ministres : « C'est de vous qu'ils parlent. Et à cause de vous, ils parlent de moi aussi. Ils disent que si je nomme quelqu'un qui est voleur, c'est que moi-même je suis voleur. Ce n'est pas ça ? ». On a arrêté les gens qu'il fallait arrêter, même nos amis. Parce qu'on a été convaincus qu'ils ont volé. Mais à part mon gouvernement depuis l'indépendance, quel Chef d'État en Côte d'Ivoire, on a vu arrêter ses proches voleurs ? Qui ? Qui ? Les élections qui arrivent, voter pour quelqu'un qui met sa parole en corrélation avec ses actions. C'est tout.

Je vois des journalistes ici. Rétablir la liberté de la presse et assurer la viabilité des médias. Qu'est-ce-que je vais dire sur ça ? Rien ! Assurer la liberté de la presse. Moi j'étais président, je nommais des gens qui étaient PDCI dans la presse. Mais qu'est-ce qu'il va me dire qui va me faire mal ? Rien. Si je vois qu'il est compétent, je le nomme. Maintenant s'il me montre qu'il n'est pas compétent, je l'enlève. Donc chers amis, voilà ce que je voulais vous dire.

C'est pourquoi, depuis 2000, je vous dis, donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Les retombées du Pouvoir, ce n'est pas moi que ça regarde, c'est vous que ça intéresse. Je ne vais pas dire d'autres choses mais donnez-moi le Pouvoir en 2025 et je vous le rendrai ! Il faut que notre pays soit à la pointe d'une diplomatie qui rende l'Afrique effectivement indépendante. Nous avons des problèmes comme l'est du Congo. C'est la galère là-bas. Il y a des morts tous les jours. Nous avons des problèmes comme le Sahara occidental qui est un problème infini entre l'Algérie et le Maroc. Nous avons des problèmes comme l'AES, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont créé l'AES. Ils vont bientôt créer leur monnaie. Alors nous avons tout ça, et l'Afrique ne fait rien. Il nous faut une diplomatie qui bouscule l'Union africaine, toutes les organisations africaines, pour que sur ce terrain-là, l'Afrique s'en sorte au lieu de se battre tous les jours. Je m'engage à le faire.

Donnez-moi le Pouvoir et je vous le rendrai, parce que quand on est à cet âge-ci, Assoa Adou, vous l'a dit, on n'a passé toute notre vie à lutter. Quand on arrive à cet âge-ci, c'est pour conclure. Ce n'est pas pour chercher un salaire. Nous avons dépassé le stade des salaires importants. J'ai dépassé ça. On vit bien. On a de quoi vivre. Il faut avoir un idéal. Il faut avoir un idéal pour lequel on se bat. Il faut avoir un idéal pour lequel on continue de se battre. Je vous le dis, les amis, si vous me donnez le Pouvoir, c'est vous qui l'aurez. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !

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Written by Laurent Gbagbo

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