« Le coup d’Etat de 1999 a ouvert la boîte de la promotion de la médiocrité sous Gbagbo et se renforce sous celui de Ouattara »

Selon Jean Bonin, le coup d’Etat de 1999 a ouvert la promotion de la médiocrité sous le régime de Gbagbo et s’est renforcée sous celui de Ouattara.

Le problème, c’est que de plus en plus nos concitoyens n’ont plus de respect pour la fonction présidentielle …

La Côte d’Ivoire a connu un très grand président en la personne de Félix Houphouët-Boigny. Un homme de paix, de dialogue et de partage. Il a su donner à notre pays ses lettres de noblesse alors que la plupart des États autour de nous se cherchaient.

Puis, vint le coup d’Etat de décembre 1999 avec son corollaire d’exaltation de la culture de la violence et ses nominations fantaisistes au plus haut niveau de l’Etat. Pour la première fois de son histoire, notre pays verra émerger une nouvelle classe de 1er ministre, de ministres, de préfets de région et de hauts gradés de l’armée illettrés ou analphabètes pour certains, et notoirement incompétents pour la plupart.

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Le coup d’Etat de 1999 a donc ouvert la boîte de Pandore de la promotion de la médiocrité dans notre pays. Cette dynamique se perpétuera sous le régime du président Gbagbo et se renforcera sous celui d’Alassane Ouattara, l’actuel chef de l’Etat, sans que cela ne leur pose vraiment un problème de conscience. Et pourtant ils sont nombreux les diplômés sortis de nos meilleures universités et grandes écoles qui eux, peinent à trouver un simple stage ou un emploi.

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Résultat des courses, aujourd’hui, n’importe qui veut être président de la République et croit pouvoir exercer cette fonction qui, pourtant, exige de son titulaire qu’il soit capable de résoudre les nombreux problèmes et défis auquel notre pays est actuellement confronté et au nombre desquels figurent l’absence de cohésion nationale, la cherté de la vie, l’insécurité et le chômage.

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Pour avoir du respect pour la fonction présidentielle, il faut préalablement la prendre au sérieux. Or, force est de constater que nos compatriotes, majoritairement blasés et désespérés, pris sous le feux croisé des mensonges et des incohérences des politiciens d’une part, et, d’autre part, de la culture de l’auto célébration et des clashs des DJ (vociférants), des pasteurs (marmailleurs) et des rondeurs de plantureuses créatures du show-business, ne prennent plus rien au sérieux. Ils s’amusent et rigolent de tout, y compris de la mort et de leur propre (mauvais) sort.

Il est temps que nos concitoyens sortent de leur état hypnotique et de leur hallucination collective au risque de voir ce magnifique pays, si prometteur, sombrer à moyen terme dans les tréfonds abyssaux du désespoir puis, fatalement, du chaos.

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