Liquidation de SAF Cacao : « Que l’exécutif ne s’y mêle pas ! », prévient Me Béma Sangaré

« Que l’exécutif ne s’y mêle pas ! » La liquidation en cours du groupe , spécialisé dans l’achat, l’exportation et la transformation des fèves de cacao, en Côte d’Ivoire, inquiète , avocat conseil du groupe.

L’homme de droit a exprimé, lors d’un point de presse, ce samedi 25 juin 2018, à Abidjan, capitale économique ivoirienne, son « grand malaise » devant la tournure prise par cette opération de liquidation. « Que l’exécutif ne se mêle pas à cette affaire pendante devant les juridictions ivoiriennes», a-t-il asséné, laissant entrevoir une certaine colère.

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Selon lui, l’interférence des hommes du pouvoir, dans l’affaire de la liquidation de SAF Cacao, comprenant l’exportateur et , ne saurait garantir une meilleure pratique du droit par les spécialistes. « Les responsables politiques, a-t-il critiqué, n’ont pas le courage de se mettre au-dessus de certaines affaires ».

Me Béma Sangaré à dit s’expliquer difficilement, que la Cour d’appel refuse d’arrêter l’exécution de l’ordonnance de liquidation, alors que tous les dossiers existent pour attester de la solvabilité d’un groupe, versant 72 milliards FCFA de recettes fiscales, par an à l’Etat, et comptabilisant plus de 3 000 emplois directs et 10 000 indirects. L’avocat a poursuivi en s’étonnant, que l’entreprise SAF Cacao soit liquidée pour 293 millions FCFA, après un investissement de 57 milliards FCFA pour sa construction. Il a notifié, par ailleurs, que ce sont 340 à 400 milliards FCFA de chiffres d’affaires par an, que produit l’entreprise.

Plainte du Conseil café-cacao…

Basé à Sans Pedro, dans le Sud-Ouest ivoirien, SAF cacao appartient à des Ivoiriens d’origine libanaise. Sa liquidation est intervenue à la suite d’une plainte du Conseil café-cacao, lui réclamant 16 milliards de FCFA, de DUS, droit unique de sortie, réduits ensuite à 7 milliards de FCFA, après vérification, dans le protocole de vente du cacao, entre ledit conseil et l’exportateur.

« La campagne café-cacao s’ouvrant en octobre prochain, il se demande s’il sera autorisé au groupe de continuer ses activités d’achat, pendant que les travailleurs perçoivent toujours leurs salaires »

Et pourtant, soutient Me Béma Sangaré, les banques partenaires du groupe n’ont exprimé aucune intention dans ce sens. La campagne café-cacao s’ouvrant en octobre 2018, l’avocat s’est demandé s’il sera autorisé au groupe de continuer ses activités d’achat, pendant que les travailleurs continuent de percevoir leurs salaires, sans leurs dirigeants, dont le fondateur .

Le groupe achète, par an, en Côte d’Ivoire, entre 150 mille et 200 mille tonnes de fèves de cacao. « Un vrai manque à gagner, a précisé l’avocat, si les activités d’achat ne peuvent se poursuivre, dès l’ouverture de la campagne cacaoyère. »

Concernant la procédure de liquidation en cours, Me Béma Sangaré a soutenu regretter que « la forme ne soit pas respectée, et le droit non dit». « Nous ne cherchons pas un passe-droit, nous voulons juste que la vérité triomphe. », a-t-il conclu.

Nolan Israël

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