Coupe du monde 2018, Yéo Martial : « Voici pourquoi le Mondial ne réussit pas aux équipes africaines »

Mondial 2018 équipes africaines
Mondial 2018 équipes africaines

Yéo Martial, ancien entraîneur de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au en 1992, évalue les chances des équipes africaines au mondial 2018. Ci-dessous son entretien avec Fernand Dédeh, pour le compte de DNEWS. Mondial 2018 équipes africaines.

Vous connaissez l’environnement du mondial. Comment prépare-t-on une telle compétition ?

En tant que technicien, on fait tout pour avoir tous les joueurs en pleine forme pour ne pas avoir des problèmes de joueurs défaillants pour la santé, mais surtout quand les joueurs sont en forme, en général on est plus à l’aise pour faire toutes les combinaisons possibles, en fonction des adversaires qu’on a eu à superviser.

Coupe du monde 2018 : le programme
Coupe du monde 2018 : le programme

Dans ces supervisions actuellement, nous avons toujours un analyste dans le groupe, qui va visualiser les équipes adverses, qui vous dit comment elles jouent, quels systèmes elles ont, quels sont leurs point faibles, quel est le référentiel de jeu, quelle est la partie qui est surtout le circuit préférentiel de l’équipe, sinon les circuits préférentiels au cas où le premier est bloqué, de quel côté vont-ils, et puis se mettre dans les conditions et chercher les joueurs, les éléments qu’on a au sein de l’équipe pour pouvoir appréhender toutes les difficultés et profiter de toutes les failles que cette équipe adverse peut laisser pour vous permettre de gagner les match.

A lire aussi: Maguy Serge-Alain (ex-capitaine des Éléphants) : « L’équipe nationale est trop politisée »

Vous arrive-t-il de revoir ce tournoi de 2006, la première coupe du monde des éléphants, vous étiez avec , que s’est-il passé, avez-vous un peu de regret ?

Je peux dire que nous avons beaucoup de regrets, parce que cela a été des phases finales ou nous avons fait des échecs de justesse face à l’Argentine, face à la Hollande et une victoire face à la Serbie. On pouvait éviter le coup franc qui a amené le but face à la Hollande, face à l’Argentine également. Lorsque nous partions pour le dernier match, j’entre à la tribune officielle, le président Jacques Anoma me croise et me dit coach qu’est-ce que tu penses ? J’ai dit qu’on prendra les mêmes dés des dix premières minutes, et je pense qu’on pourra quand remonter et je pense que nous pouvons gagner la Serbie et c’est ce qui est arrivé.

Pourquoi le mondial ne réussit-il pas aux équipes africaines ?

C’est le problème de manque de concentration. Les équipes africaines sont très fébriles au niveau de la concentration dans le jeu. Soit au début du match ou à la fin. Prenons le cas au mondial face à la Côte d’Ivoire, la défense ne s’est ressaisie qu’après les quinze premières minutes. Si la défense entrait bien concentrée dès les premières minutes, on aurait évité les dépressions de démarrage. J’étais derrière les buts de Tizié Jean Jacques, je le sentais fébrile. Parce que lui aussi, voyait la fébrilité de ses défenseurs.

Avez-vous l’impression que les  joueurs africains ont-ils gagné en maturité ?

Je pense qu’ils ont gagné en maturité, mais c’est une histoire de groupe. Est-ce possible qu’ils soient tous concentrés, c’est notre souhait, chacun y pensera et les techniciens continueront à leur demander la concentration jusqu’au bout, la fatigue aidant à un certain moment on a envie de baisser les bras pour respirer parce qu’on mène au score, c’est là aussi que peut venir le danger.

De toutes les équipes qui représentaient l’Afrique au mondial, il n’y a que le qui a su garder sa place avez-vous quelle impression ?

Sincèrement quand on voit l’élimination de notre pays par le Maroc sur notre terrain, cela fait mal dans la mesure où  on aurait pu depuis le match retour contre le Gabon assurer notre place. La coupe d’Afrique, la coupe du monde se gagne avec de petits détails qui sont gros pour moi. Par rapport à la Côte d’Ivoire, le match contre le Gabon, nous gagnons au Gabon. Trois après nous avons le retour. Malheureusement nous lançons au retour nos joueurs dans un quartier libre. Moi, je ne l’aurais jamais fait. Il y a des choses qu’on ne fait pas quand on est en pleine compétition. Cela dénote d’un manque de concentration.

Quelles sont les chances du Sénégal et du Nigéria dans ce mondial?

Le Sénégal a encore toutes les chances de pouvoir aller loin, compte tenu de l’ossature de son équipe, par rapport aux différentes qualités des joueurs et des clubs dans lesquels ils évoluent. Ils jouent dans des clubs huppés en Europe. Ils ont fait un exploit au Japon en battant la grande France. C’est vrai il faut parler de , mais il faudra que le coach puisse trouver quelqu’un qui puisse l’utiliser comme il est utilisé dans son club à Liverpool. Il y a les coéquipiers qui donnent les ballons où il faut, quand il faut pour permettre au joueur de briller.

« Il ne faut pas se jeter n’importe comment. Il faut avoir un objectif, moi j’ai toujours cet objectif, je me dis qu’il faut ne pas encaisser »

Avez-vous l’impression qu’ pourra être cet entraineur national capable de faire prendre un virage important à cette équipe du Sénégal ?

Je pense qu’il a du caractère, et il faut que lui-même ait du caractère. Il faut que chacun de nous les nationaux à le soutenir moralement, à lui dire de s’accrocher, j’en sais quelque chose.

On a parlé de concentration, les premiers matches sont toujours importants

Oui les premiers matches sont importants. Il ne faut pas se jeter n’importe comment. Il faut avoir un objectif, moi j’ai toujours cet objectif, je me dis qu’il faut ne pas encaisser. Je n’ai jamais joué avec plus de quatre défenseurs. J’ai parfois joué avec trois défenseurs, parfois quatre défenseurs mais pas plus. C’est l’esprit de défendre en groupe et d’attaquer en groupe. C’est tout cela qui fait un groupe homogène. Je pense que le Sénégal à la capacité de fournir ce jeu.

Est-ce que le Nigéria est un potentiel candidat au second tour au niveau Africain ?

Oui, c’est un potentiel candidat. Il y a un peu de laxisme dans certains éléments dans le jeu, je pense qu’ils vont trouver le point nécessaire pour pouvoir se concentrer et nous apporter mieux.

Retranscription Prince Beganssou

Les Éléphants unanimes : « nous ne devons pas nous attarder sur le passé »

 

 

 

 

 

 

Personnalités liées avec l’article