Affaire apprenti gbaka tué après le détachement d’une portière: projet de renouvellement du parc automobile ivoirien, en panne sèche, un an après son lancement ?

Gbaka L’Abidjanais
Gbaka L’Abidjanais © Crédit Photo DR

Projet de renouvellement du parc automobile ivoirien, en panne sèche ? Un apprenti Gbaka a trouvé, le 10 juin 2024, la mort dans des conditions dramatiques à Yopougon.

Le décès tragique d'un apprenti gbaka, victime du détachement d'une portière, plonge la communauté ivoirienne dans l'émoi et met en lumière les dangers quotidiens auxquels sont confrontés les acteurs du transport en commun. Cet accident, loin d'être un cas isolé, vient tristement illustrer l'état de vétusté avancé du parc automobile ivoirien, dont la moyenne d'âge atteint 22 ans, faisant de lui le plus vieux de la .

Ferro Bally, journaliste ivoirien, donne son avis sur le décès tragique de l'apprenti gbaka. Ci-dessous son analyse :

Le choc. Un apprenti d'un minicar appelé Gbaka a trouvé, ce lundi 10 juin 2024, la mort dans des conditions dramatiques à Yopougon (commune d'Abidjan).

Accroché, comme à leur habitude, à la portière du véhicule pour héler les potentiels passagers, il a été emporté quand cette celle-ci s'est détachée. Et dans sa chute sur l'asphalte, il a été écrasé par la voiture qui suivait (photo d'illustration).

Ce tragique accident met au goût du jour le projet du gouvernement, qui pâtine. En 2023, en raison d'un parc automobile considéré comme le plus vieux de l'espace CEDEAO, avec une moyenne d'âge de 22 ans, les autorités ivoiriennes ont lancé, à partir du 1er mai, la phase pilote du renouvellement du parc automobile ivoirien.

Quarante minicars de type gbaka, made in Côte d'Ivoire et estampillés « L'abidjanais », ont été attribués à des bénéficiaires. Ils ont commencé, en fanfare et en grande pompe, leurs activités à Yopougon et à Abobo.

Ce projet, qui s'inscrit dans la modernisation du transport routier au plan national, vise les buts suivants: favoriser la mobilité des populations dans le confort, en particulier à Abidjan, lutter contre l'insécurité routière et réduire la pollution de l'environnement liée à la vétusté des véhicules.

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Dans cette perspective, Sotra Industrie devrait produire 500 véhicules. Et le directeur de la Société des transports abidjanais (Sotra), Bouaké Méité, était très optimiste. Il promettait une production de deux à trois véhicules par jour pour réaliser l'objectif.

Mais, la modernisation du parc automobile se trouve, un an plus tard, en panne sèche et sur cale. Plus aucun véhicule n'est livré et « L'abidjanais », qui voulait damer le pion à ses vieux concurrents, est de plus en plus rare dans la circulation.

Le projet, expliquait-on, avait été freiné, à son départ, par l'argument prêt-à-porter: la guerre en Ukraine. Et celle-ci, hélas! se poursuit et prive les autorités de solutions. Résultat, ce sont des tacots, des cercueils ambulants, qui continuent de mettre la vie de tout le monde en danger.

F. M. Bally

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Written by Ferro Bally

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