Si Gbagbo est le frère de Ouattara, pourquoi il veut le maintenir à la CPI ?

Assoa Adou a animé ce 30 octobre 2019 une conférence presse sur l’ingérence du gouvernement ivoirien dans le procès de Gbagbo et Blé Goudé à .

Je voudrais vous remercier, au nom du Front Populaire Ivoirien, de la plateforme EDS d’avoir répondu à notre invitation pour partager avec vous, notre réaction relative à la honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans le procès du président et du ministre Charles Blé GOUDE devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

1. Le 15 janvier 2019, les juges de la chambre de première instance de la CPI ont acquitté le président Laurent GBAGBO et le ministre Charles Blé GOUDE de toutes les charges alléguées contre eux et ont ordonné leur libération immédiate et sans condition.

2. Mais, contre toute attente, par des manœuvres politiciennes, loin des considérations de droit, les juges de la chambre d’appel ont imposé des conditions restrictives à la liberté du président Laurent GBAGBO et du ministre Charles Blé GOUDE, en attendant un éventuel appel de la procureure.

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3. Ces conditions, pour nous, sont assimilables à une prise d’otage des personnes acquittées sur lesquelles ne pèse aucune charge.

4. Le 16 septembre 2019, dans les dernières heures ouvrables, la procureure a effectivement déposé son acte d’appel de la décision d’acquittement en soulevant un vice de forme et de procédure de la décision d’acquittement.

5. Dans les soumissions écrites qu’elle a déposées le 15 octobre 2019, elle a demandé l’annulation de la décision d’acquittement et, curieusement, l’annulation de toute la procédure elle-même et de remettre l’affaire dans ses mains afin qu’elle décide de la suite à lui donner.

6. Cette requête aussi étonnante que provocatrice avait suscité, déjà de notre part, une déclaration, le 16 septembre 2019, dans laquelle nous avions dénoncé la posture politique adoptée par la procureure Ben Souda dans le dossier du président Laurent GBAGBO.

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7. Le 07 octobre 2019, au regard de la nouvelle posture politique adoptée par la procureure, l’équipe de défense du Président Laurent GBAGBO a introduit, à bon droit, auprès de la chambre d’appel, une requête en reconsidération de sa décision du 1er février 2019 par laquelle la chambre d’appel avait imposé des conditions restrictives à la liberté du Président Laurent GBAGBO et de libérer, sans condition, cette personnalité acquittée de toute charge afin qu’elle jouisse de ses droits fondamentaux.

8. Alors que la question reste pendante devant la chambre d’appel de la CPI, le Front Populaire Ivoirien et la plateforme EDS apprennent avec stupéfaction et indignation, que l’Etat, c’est-à-dire, le gouvernement ivoirien vient de s’inviter assez curieusement au débat en s’opposant, à travers un courrier adressé à la CPI, le 25 octobre 2019, à la libération sans condition, telle que requise par la défense du président Laurent GBAGBO.

9. Or, la défense a pris le plus grand soin de mentionner dans sa requête le rôle important que doit jouer le président Laurent GBAGBO dans le processus de réconciliation auquel il a appelé ses concitoyens dès le 07 janvier 2019 par la voie de son Parti, le .

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10. Comment comprendre cette opposition du chef de l’Etat à la libération et au retour en Côte d’Ivoire du président Laurent GBAGBO dont il dit « C’est mon frère, je n’ai rien contre lui. Ce n’est pas moi qui l’ai envoyé à la CPI » ?

Mesdames et messieurs les journalistes,

11. Vous conviendrez avec moi que par ces agissements, le RDR et son président, Alassane Ouattara, viennent de faire tomber, enfin le masque derrière lequel ils n’ont pas arrêté de manipuler la procureure de la CPI dont le cuisant échec crée aujourd’hui une grande panique dans leurs rangs.

12.Bien plus, Cette action du gouvernement ivoirien montre aujourd’hui, à suffisance, qu’en Côte d’Ivoire il existe désormais deux camps.

13. D’un côté et, c’est l’écrasante majorité, qui aspire à la réconciliation nationale et à la paix durable dans le pays et de l’autre, le clan minoritaire de monsieur Ouattara qui refuse cette réconciliation.

14. En effet, depuis l’appel en faveur de la réconciliation que le Président Laurent GBAGBO a lancé le 07 janvier 2019, par la voix de son Parti, force est de constater que toute la classe politique à, les organisations de la société civile, les chefs religieux et chefs traditionnels, ne manquent aucune occasion pour relayer ce message de paix et de réconciliation vraie entre les filles et les fils de ce pays, à l’exception du RHDP.

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15. Le 29 juillet 2019, les présidents et Laurent GBAGBO ont donné l’exemple en lançant l’appel de Bruxelles auquel les ivoiriens, dans leur grande majorité, ont répondu à travers le Giga meeting historique du 14 septembre dernier au Parc des sports de treichville.

16. En agissant ainsi, le gouvernement ivoirien, donc monsieur Ouattara, gagné par une grosse panique depuis que la chambre de première instance a prononcé l’acquittement du Président Laurent GBAGBO et du ministre Charles Blé GOUDE, veut prendre le peuple de Côte d’Ivoire en otage pour ses intérêts égoïstes au détriment du désir de paix et de réconciliation clairement exprimé par les ivoiriens.

17. Le Procès du Président Laurent GBAGBO et du ministre Charles Blé GOUDE n’est donc rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire gênant.

18. Avec cette intrusion de l’Etat ivoirien dans cette affaire, nous pouvons affirmer, sans risque d’être contredits, que l’appel nocturne de dernière heure contre la décision de libération immédiate ordonnée par les juges suite à leur décision d’acquittement, tout comme la demande scandaleuse du procureur qui demande l’annulation pure et simple de toute la procédure, qui dure depuis 8 ans, et la remise en ses mains de l’affaire ont été tous téléguidés par le gouvernement ivoirien.

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19. Ce dernier, voyant que la mission confiée au procureur de la CPI s’est soldée par un cuisant échec, a décidé lui-même de monter au créneau. Comme il le fait avec la justice ivoirienne qui vient de condamner le président Laurent GBAGBO à 20 ans de prison pour, dit on, « le braquage de la »,

20. La demande que l’Etat de Côte d’Ivoire a faite à la CPI, et l’ouverture à Abidjan d’un autre procès contre le ministre Charles Blé GOUDE et la condamnation scandaleuse de M. , Président du Conseil de la région du Gbêkê (Bouaké), illustrent le refus du Chef de l’Etat ivoirien de la réconciliation nationale, pourtant appelée de tous leurs vœux par le peuple de Côte d’Ivoire et tous les acteurs de la scène sociopolitique ivoirienne.

21. Devant cette fuite en avant du gouvernement Ivoirien qui met ainsi en péril notre pays, le FPI et la plateforme EDS appellent les ivoiriens à plus de vigilance et de mobilisation, sans faiblesse pour imposer la paix par la réconciliation nationale.

22. Le FPI et la plateforme EDS condamnent fermement cette autre entrave à la réconciliation nationale que le gouvernement ivoirien vient de poser.

23. Cet acte constitue une provocation de trop que le peuple de Côte d’Ivoire, qui a soif de paix et de réconciliation, ne peut ni accepter ni tolérer plus longtemps.

24. Le Président Laurent GBAGBO reste attaché à la réconciliation et à la paix pour sauver la Côte d’Ivoire dont il place l’intérêt au-dessus de tout. Rien ne peut par conséquent le détourner de cette voie.

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25. Le FPI et la plateforme EDS attirent l’attention de la communauté internationale sur les risques que fait courir le gouvernement ivoirien à la réconciliation et la paix durable en Côte d’Ivoire.

Ils demandent à la CPI d’éviter de s’immiscer dans le débat politique au risque d’assumer une grande part de responsabilité dans le désordre vers lequel le gouvernement ivoirien veut diriger le pays.

26. En tout état de cause, le peuple saura prendre ses responsabilités, le moment venu, pour assurer à la Côte d’Ivoire, la paix et la réconciliation dont dépend la stabilité de notre pays.

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