Soro répond « aux courageux après la guerre » du RDR: « Quand ils ne jetaient pas leur téléphone, ils l’éteignaient »

les populations du Haut-Sassandra (Daloa), ont été reçues par l’ex- Président de l’Assemblée nationale . Ce dernier a fait des révélations sur les premières discussions de la crise ivoirienne à et a levé un coin du voile sur sa candidature en 2020.

« Vous avez décidé de mener le combat pour la démocratie et la liberté. Mais c’est cela notre rêve. Quand, à 28 ans, on s’engage comme Secrétaire général du sans savoir si le lendemain on allait survivre, il y a des gens qui sont courageux aujourd’hui qui disent qu’ils auraient pu le faire et qu’ils sont intelligents. Mais pourquoi à l’époque, ils ne sont pas venus ? Lorsqu’on cherchait des gens pour venir dans le , quand ils ne jetaient pas carrément leurs téléphones, ils l’éteignaient. Les cadres, pour aller à Lomé pour discuter, j’en cherchais, je n’ai pas trouvé.

Première négociation pour aller à Lomé, j’étais le seul civil et j’étais accompagné par Tuo Fozié, Chérif Ousmane, Jean Baptiste et Fofana Abdoulaye. Les gens qui disent qu’ils sont intelligents et qu’ils auraient pu gérer le MPCI, où ils étaient ? J’ai cherché des civils pour m’accompagner, je n’ai pas vu. Oui, on est courageux après la guerre. Même des marmitons revendiquent des faits d’armes. C’est comme ça que je suis allé me retrouver devant le président Eyadema en face de la délégation gouvernementale qui était composée de Laurent Dona Fologo, il y avait le RDR, le PDCI et le FPI contre moi.

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C’est depuis Lomé que j’ai commencé à appeler d’autres amis qui étaient dehors dont Dakouri-Tabley et Konaté Sidiki qui était en Allemagne et qui sont venus me trouver à Lomé. Les courageux qui parlent aujourd’hui étaient où ? Pendant que nous étions là-bas, on ne savait même pas si le lendemain, on serait vivant. Sinon le 19 septembre, il y a beaucoup que j’ai appelés et j’avais 28 ans quand ça se faisait. Aujourd’hui, j’ai 47 ans vous voulez que je reste sur un tabouret. Non, je ne veux plus de tabouret. », a-t-il lancé.  Il a, en outre, invité le MVCI à jouer un rôle important de « modulateur » de la paix et de la réconciliation. « (…) On veut nous tirer vers le bas dans des débats ethnicistes.

Chacun est libre de choisir son parti. Il ne faut pas opposer les Ivoiriens les uns aux autres. Il ne faut pas diviser les Ivoiriens. La Côte d’Ivoire a déjà souffert. Maintenant, il faut réconcilier les Ivoiriens. Et j’engage le Mvci dans cette voie, il n’y a pas d’autres issues.  Ne répondez pas aux injures, on veut nous détourner. Pour être président d’un pays, c’est la relation de confiance entre un peuple et un homme. C’est tout. Donc allez établir cette relation de confiance. (…) On pense qu’il faut appauvrir les gens pour gagner les élections. Si c’était cela, on dirait que Gbagbo allait gagner parce qu’il avait plus d’argent que tout le monde ici. Ce n’est pas l’argent qui gagne une élection. C’est la proximité, c’est être méticuleux, c’est le travail qui permettent de gagner une élection. Il faut vous mettre au travail.

« Nous allons créer, innover, inventer une nouvelle façon de faire la politique en Côte d’Ivoire et nous allons y aller crânement »

Sur sa candidature en 2020

« Des gens me demandent si je suis candidat. Mais c’est vous qui devez me démontrer que je peux l’être. Sinon si c’est la volonté de chacun, les 23 millions que nous sommes en Côte d’Ivoire, on est tous candidats pour être président. Mais n’est pas candidat qui veut mais qui peut. Et le pouvoir, c’est vous. Le pouvoir appartient au seul peuple, c’est vous. Et le peuple délègue en location ce pouvoir pour 5 ans à un homme. Je disais à un ami que dans 10 ou 15 ans, les partis traditionnels vont disparaitre. En France, ça a commencé. Le clivage gauche et droite, Macron l’a cassé.

Mais il a fallu qu’il ose. Nous, en Côte d’Ivoire, nous devons oser. Et c’est avec vous que nous allons prendre ce pari. Nous allons créer, innover, inventer une nouvelle façon de faire la politique en Côte d’Ivoire et nous allons y aller crânement. (…) On travaille et le travail avance. On est prêt. Il y a des petits réglages, c’est tout, mais on est prêt. On sera prêt à discuter avec les uns et les autres. On a vu tout le monde passer. Depuis 1990, on est dans la lutte. C’est pourquoi je dis, nous allons innover. Et on innovera avec vous.

« Ce n’est pas parce que je n’ai pas milité dans un parti donc délit de ne pas militer au , on va m’amener en prison »

Bientôt, nous allons sillonner tout le pays. Nous devons ensemble considérer que la rencontre d’aujourd’hui ouvre l’ère du travail de terrain. Chacun d’entre vous doit labourer le terrain. Seuls le contact et le dialogue direct avec les populations comptent. Ceux qui pensent que l’argent peut acheter les Ivoiriens seront surpris. Et nous allons compter chacun d’entre vous. En ce qui me concerne, n’ayez aucune inquiétude. Je suis très serein. On me dit, Guillaume a quitté la présidence de l’Assemblée nationale maintenant on va l’amener en prison.

Je suis serein. Alain est parti en prison, il est revenu. Je considère que chacun doit faire son travail. Et on se doit d’être des hommes de conviction. Ce n’est pas parce que je n’ai pas milité dans un parti donc délit de ne pas militer au RHDP, on va m’amener en prison. Depuis 90, on se bat, c’est pour ça ? Lorsque tu refuses de militer au RHDP, on te met en prison. En tout cas, cette période, on n’a pas encore connu ça. Donc restez sereins. », a-t-il rassuré.

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