Tehfour Koné (Fin) : « Soro candidat en 2020, c’est donner une chance à la jeunesse »

Dans cette deuxième et dernière partie de son interview, Tehfour Koné, candidat aux élections municipales Côte d’Ivoire 2018, dans la commune d’ parle de politique nationale. candidat en 2020 ? Le responsable du répond.

Si d’aventure, vous êtes élu maire de la commune d’Abobo, êtes-vous prêts à aller présenter votre victoire à votre famille politique le RDR ?

La liste citoyenne que je conduis est une liste qui prend en compte des militants et cadres du RDR, du FPI, PDCI, ainsi que des membres de la société civile il est donc inconcevable qu’après une telle victoire, je puisse aller me rallier à un parti politique. Ce sera, trahir notre lutte. Je pourrai seulement présenter cette victoire qui est d’ailleurs imminente à Alassane Ouattara parce qu’il incarne la première institution de ce pays. Je ne devrai ma victoire ni au RDR ni au RHDP.

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Comment jugez-vous les 17 années de règne d’Adama Tounkara en tant que maire d’Abobo ?

Adama Tounkara n’a jamais eu pour objectif le développement de la commune d’Abobo. Le RDR l’avait envoyé en mission pour asseoir un RDR fort. Il a réussi ce pari. Nous lui en sommes reconnaissants. Cependant, au plan développement local, le bilan d’Adama Tounkara est négatif. Il suffit de regarder l’état de délabrement de la cour de la mairie pour s’en rendre compte. Il est alors temps que nous amorçons le développement de notre commune et pour y arriver, il faut un fils d’Abobo.

Vous êtes membre actif du Réseau des Amis de la Côte d’Ivoire (RACI), mouvement proche de Soro Guillaume, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, êtes-vous pour que ce mouvement se transforme en parti politique?

Pour le moment, nous n’y sommes pas encore. Les membres du RACI sont des Ivoiriens issus de tous les partis politiques de Côte d’Ivoire. Ce sont des gens qui veulent la réconciliation et qui ont soif de paix. Nous sommes un mouvement citoyen qui apporte sa contribution dans le processus de réconciliation nationale mais dans le renfoncement des institutions de la République de Côte d’Ivoire.

Que pensez-vous d’une probable candidature de Guillaume Soro à l’élection présidentielle de 2020 ?

Guillaume Soro incarne des valeurs de courage, de travail, d’honnêteté, de solidarité et de partage sans oublier des valeurs humaines. Il n’a jamais dit quelque chose de méchant. Il continue de prôner le pardon, la réconciliation même lorsqu’il est attaqué. Après tout cela, cet homme inspire forcément un tel plébiscite de la part des personnes qui se reconnaissent en lui. En politique, il n’y a pas de génération spontanée, penser Guillaume Soro candidat aux élections de 2020, c’est donner une chance à la jeunesse pour assumer de hautes responsabilités.

Dans le mois de mai, lors d’une réunion de la jeunesse du RACI à Korhogo, l’étudiant Soro Kognon a été assassiné par dit-on des personnes proches du Premier ministreAmadou Gon. Qu’est-ce que ces accusations vous inspirent ?

Après l’assassinat, le présumé tueur a été mis aux arrêts, il faut qu’on puisse éclairer la population ivoirienne surtout les parents et camarades du défunt. J’en appelle au président de la République et au Premier ministre pour une lumière sur l’assassinat de ce jeune étudiant. Je suis convaincu que si c’était l’enfant d’un des leurs, on aurait connu dans les deux ou trois jours les résultats des enquêtes. Il y a certainement des politiciens qui sont tapis dans l’ombre et qui ont commandité cet assassinat, il faut qu’ils soient dévoilés.

Abobo est connu comme le nid des ‘’syndicats  » communément appelé ‘’Gnambro »  » et des microbes depuis 2010, quelle solution pour ce fléau?

Les ‘’gnambro’’ c’est juste une question d’organisation. Il faut pouvoir les identifier et les recadrer à travers des formations. Concernant les enfants en conflits avec la loi, communément appelés ‘’ microbes « , ils tirent leur origine de la déscolarisation. Le manque de moyens des parents, le manque de fournitures scolaires et la faim sont des facteurs qui essentiels pour que des enfants soient livrés à eux-mêmes.

Je suis enseignant et je sais de quoi je parle. La loi 2003-208 que nous avons voté à l’Assemblée nationale dit que le développement local concernant les élèves du primaire doit être à la charge de la mairie. La construction des cantines scolaires, la distribution de kits scolaires et les prêts scolaires pour les parents à revenu faibles doivent être le fait de la mairie. Ces enfants sont purement des victimes d’une politique locale non maîtrisée.

L’actualité politique en Côte d’Ivoire est la naissance du parti unifié le RHDP, présidé d’ailleurs par Alassane Ouattara, que pensez-vous de cette alliance?

L’alliance est née sur la base de compromis cependant, elle a été mal ficelée. Les négociations n’ont pas abouti et les deux grands qui finissent par se tourner le dos. Il faut aujourd’hui la mise en œuvre de la démocratie vraie dans ce pays. Quand on veut tuer la démocratie en s’arrogeant le droit de tout décider, c’est ce qui peut arriver. Je demande au président Alassane Ouattara de renouer le dialogue avec le président Bédié pour l’amour de la Côte d’Ivoire.

Interview réalisée par Roxane Ouattara

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