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# Assassinat Thomas Sankara : la France remet des documents classés confidentiels au Burkina
- URL: https://www.yeclo.com/thomas-sankara-des-documents-de-la-france-au-burkina/
- Published: 2021-04-18T08:05:25.000Z
- Updated: 2021-04-18T08:07:09.000Z
- Author: Mohammed Ouattara
- Tags: A la une, Actualité, Actualité au Burkina Faso, Featured, Politique, Blaise Compaoré, Burkina Faso, Emmanuel Macron, France, Thomas Sankara, #wp, #wp-post, #Import 2026-06-10 22:03

## La France a remis le 17 avril 2021, au Burkina, un dernier lot de documents déclassifiés sur l'assassinat de Thomas Sankara.

Ce « troisième et dernier lot », constitué de « trois enveloppes scellées » arrivées « fin février » à Ouagadougou, contient des « documents produits par les administrations françaises sous le régime de Sankara, pendant et après son assassinat » a indiqué l'ambassadeur de [France](https://www.yeclo.com/tag/france/) au [Burkina Faso](https://www.yeclo.com/tag/burkina-faso/), Luc Hallade.

Il concerne essentiellement les archives du ministère français de l'Intérieur, en lien avec cet assassinat, a-t-il précisé.

En octobre, puis décembre 2018, la France avait déjà transmis à la justice burkinabè deux premiers lots de documents, concrétisant une promesse du président [Emmanuel Macron](https://www.yeclo.com/tag/emmanuel-macron/) qui avait annoncé, en 2017 à Ouagadougou, la déclassification de tous les documents français concernant l'assassinat de [Thomas Sankara](https://www.yeclo.com/tag/thomas-sankara/), président du Conseil national de la Révolution (CNR) qui a dirigé le Burkina Faso jusqu'en 1987.

Ces deux premiers lots d'une centaine de documents, comportaient « des productions issues à la fois des administrations centrales et des postes (diplomatiques, ndlr), pour l'essentiel à Ouagadougou, Abidjan, Lomé, Dakar et Alger » et « des notes d'analyses, des notes de renseignements ou des documents locaux », dont une partie était classifiée en France, a précisé M. Hallade.

**LIRE AUSSI : [Un détenu se suicide, l'Etat condamné à verser 12.000 euros aux parents](https://www.ivoiresoir.net/wp-admin/post.php?post=232103&action=edit&ref=yeclo.com)**

« Ces documents, y compris le travail qui a été fait par le juge d'instruction du tribunal militaire du Burkina Faso, vont nous éclairer sur cette affaire », a déclaré le ministre délégué burkinabè en charge de l'Intégration africaine, Maxime Koné.

Le dossier judiciaire de l'assassinat de Sankara a été renvoyé mardi devant le tribunal militaire de Ouagadougou par la juridiction de l'instruction, après confirmation des charges contre les principaux accusés, dont l'ancien président [Blaise Compaoré](https://www.yeclo.com/tag/blaise-compaore/) porté au pouvoir par le coup d'Etat de 1987, poursuivi pour « complicité d'assassinats » et « d'attentat à la sûreté de l'Etat ».

Parmi les accusés figurent également le général Gilbert Diendéré, l'un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987, devenu ensuite chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, ainsi que des soldats de l'ex-garde présidentielle.

Le général Diendéré purge au Burkina Faso une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'Etat en 2015.

**LIRE AUSSI : [Gros retard dans la confection des nouvelles CNI : les Ivoiriens crient leur colère](https://www.ivoiresoir.net/wp-admin/post.php?post=232065&action=edit&ref=yeclo.com)**

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1983, le président Sankara a été tué par un commando le 15 octobre 1987 à 37 ans.

La mort de Sankara, devenue une figure panafricaine et surnommé le » Che Africain », était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de M. Compaoré, lui-même renversé par une insurrection populaire en 2014.

L'affaire a été relancée, après la chute de M. Compaoré, par le régime de transition.

Un mandat d'arrêt a été émis par la justice burkinabé en mars 2016 contre l'ancien président, exilé en Côte d'Ivoire, pays dont il a obtenu la nationalité et d'où il ne peut donc être extradé.