Casier judiciaire, passeport… : des procédures arbitraires menées par Abidjan pour écarter Gbagbo

The Appeals Chamber of the International Criminal Court (ICC) held a hearing on 6 February 2020 to hear observations on the application of Mr Laurent Gbagbo of 7 October 2019, requesting the Appeals Chamber to reconsider its judgment of 1 February 2019 which imposed conditions on the release of Mr Laurent Gbagbo and Mr Blé Goudé following their acquittal.

Le pouvoir ivoirien est-il ainsi à la manœuvre pour prendre sa revanche sur Gbagbo pour lui interdit la présidentielle et son retour à Abidjan ?

Six ans bientôt après la remise de leur rapport, le 16 décembre 2014, au chef de l'État, Charles Konan- et les membres de la , vérité et () doivent être animés de l'amer sentiment d'avoir servi de dindons de la farce dans une opération cosmétique.

Au regard des tâches qui leur ont été assignées et des recommandations qu'ils ont produites, force est de constater que le pouvoir ivoirien fait certes quelques petits pas dans la bonne direction, mais n'exécute aucun pas de géant en faveur de la et de la paix. Les chicanes et autres tracasseries que le pouvoir multiplie pour en découdre avec sont l'illustration de cette « mentalité de vengeance » que fustigeait et qui « détruit les États » au contraire de « la mentalité de pardon (qui) construit les nations ».

Du pouvoir au Collectif des victimes en Côte d'Ivoire () en passant par l'Association des parents des femmes martyres (APAFEMA) et toutes les officines du régime, personne ne veut voir Gbagbo en pointillé. C'est à y perdre son , l'argot ivoirien, dans ce qui non seulement établit les records des taux d'immigration, mais a accordé l'asile politique à des opposants comme le sécessionniste biafrais Odumegwu Ojukwu et le séditieux Jonas Savimbi. Last but not least, l'ancien président burkinabé, Blaise Compaoré, a acquis, comme lettre à la poste, la nationalité ivoirienne.

LIRE AUSSI: Billon sur BBC parle du retour de Gbagbo

Renversé par une manifestation populaire le 30 octobre 2014, il a été accueilli dans le pays de l'hospitalité. Et le 17 novembre, environ deux semaines après son arrivée, prenait la décision de sa naturalisation à l'effet d'empêcher son extradition au Faso pour son implication présumée dans l'assassinat, le 15 octobre 1987, du capitaine . « Blaise Compaoré est ivoirien; un point un trait », s'emportait, le 24 février 2016, , alors porte-parole adjointe du gouvernement, face aux questions pressantes des journalistes.

L'ex-président ivoirien n'est pas logé à cette belle enseigne. Renversé, le 11 avril 2011, aux sons des bombes et kalach des forces internationales, il a été remis à la pour les accusations de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Mais Gbagbo a déjoué tous les pronostics et confondu le pouvoir et ses alliés. À , il a été acquitté de toutes les charges le 15 janvier 2019 et, en attendant l'appel de , procureure de la Cour, il est libre, en même temps que Charles Blé Goudé, son compagnon d'infortune, de tous ses mouvements.

Le pouvoir ivoirien est ainsi à la œuvre pour prendre sa revanche. Est-ce pour lui faire subir le malheureux sort des présidents Ahmadou Ahidjo du et Mobutu Sese Seko du Zaïre, morts en exil et enterrés respectivement à Dakar, au , et , au !? Difficile d'y répondre. Mais le nom de Laurent Gbagbo a rapidement disparu de la . Il ne peut être ni électeur ni éligible. C'est un paria. Prise en flagrant délit, la CEI tente d'expliquer la supercherie, sans convaincre. Le 30 juillet 2020, autres déboires.

LIRE AUSSI: Rébellion ivoirienne : « qui a payé les armes des mercenaires ? Qui les a formés ? Qui les a organisés ? » La réponse de Gbagbo

Alors que le mal-aimé, en exil à , se démène pour obtenir, à défaut du passeport diplomatique auquel il a droit et que le pouvoir traîne pour lui accorder, un passeport ordinaire et un laissez-passer pour rentrer dans son pays, Moussa Touré, près le tribunal de première instance de , ville natale de Gbagbo, délivre un casier judiciaire qui dit que le fondateur du est condamné à 20 ans de prison. Cela ressemble à une hérésie judiciaire.

Le 18 janvier 2019, au lendemain de son acquittement à La Haye, Laurent Gbagbo écopait de cette peine, à , dans un jugement prétendu par contumace pour le «  » de l'agence nationale de la .Or, le jugement par contumace et la condamnation par contumace désignent, selon des spécialistes de la question, une décision judiciaire prononcée par un juge à l'issue d'un procès en l'absence du « contumax », le condamné qui se trouve en état de fuite ou d'évasion. Ce sont donc des procédures arbitraires menées à la hâte pour les besoins de la cause.

LIRE AUSSI: Antoine Glaser sur France 24 : le retour probable de Gbagbo crée la « panique à Abidjan » et montre « un pouvoir ivoirien extrêmement inquiet »

Gbagbo ne fuit pas et n'a jamais fui la justice de la Côte d'Ivoire. Sinon, après la CPI où il comparaissait, il ne se battrait pas pour venir l'affronter. De plus, la condamnation par contumace est comme provisoire. C'est un jugement révocable qui tombe de plein droit si le condamné se présente.

Au point que le casier judiciaire de Gagnoa court le risque certain d'être frappé du sceau du faux. C'est pourquoi Blaise Pascal dit: « La justice sans la force est impuissante et la force sans la justice est tyrannique. Mettre ensemble force et justice afin que ce qui est juste soit fort et ce qui est fort soit juste ».

Written by Ferro Bally

avion

Des essaims de criquets envahissent plus de 10.000 hectares dans le sud-ouest de la Chine – Actualités 04/08/2020

avion

Bonjour, Afrique du 04 août 2020