Malnutrition et carence en fer : 80% des enfants souffrent d’anémie en Côte d’Ivoire

L’hôpital général de Bingerville
L’hôpital général de Bingerville

Malnutrition, carence en fer et en iode : 80% des enfants souffrent d’une anémie en Côte d’Ivoire. Une triste réalité qui en dit long sur la fragilité du système de santé en Côte d’Ivoire, alors que la Couverture maladie universelle (CMU) chantée à cor et à cri, depuis plusieurs années, peine à être une réalité.

Les carences en micronutriments constituent un problème de santé publique dans nos Etats africains ainsi qu’au niveau mondial. En Côte d’Ivoire, les carences en micronutriments (vitamine A, Fer, Iode…) ou « faim cachée » constituent, de par leurs prévalences, une préoccupation majeure.

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Elles contribuent de manière directe ou indirecte à la forte mortalité infantile, infanto-juvénile et maternelle que connaît le pays. Elles ont également des conséquences sur le rendement scolaire et sont responsables de pertes économiques très importantes.

« En Côte d’Ivoire, la carence en fer est responsable d’environ 80% de cas d’anémie chez les enfants, 50% des cas chez les femmes et 20% chez les hommes »

Dr M’Bahia-Yao Crystel-André, médecin chargée d’études au Programme national de nutrition, a établi les chiffres qui donnent froid dans le dos « En Côte d’Ivoire, la carence en fer est responsable d’environ 80% de cas d’anémie chez les enfants, 50% des cas chez les femmes et 20% chez les hommes.

Quant à l’hypovitaminose A, malgré une baisse des dernières années de 33% à 26.7%, 60% des enfants de 6 à 59 mois sont à risque selon les études 2011-2012. La consommation  de sel iodé par les ménages est passée de 90% à 60% en 2016. »

Anémie en Côte d’Ivoire

Vu ce triste tableau, le ministère de la Santé entend éradiquer, selon Dr M’Bahia, le mal d’ici 2020 « L’un des objectifs à l’horizon 2020 au plan spécifique du Plan national multisectoriel de nutrition 2016-2020 est d’éliminer les troubles dus à la carence en iode, faisant passer le taux de ménages disposant de sel iodé de 90% à 95%. »

C’est pour atteindre cet objectif qu’un atelier de renforcement des acteurs des structures de contrôle sur les normes des aliments enrichis a été organisé en vue de l’utilisation des kits testeurs qui leur seront distribués. Ouvrant les travaux, Egou Assi Hugues, économiste de santé, chargé d’études, au nom du directeur général de la Santé, a indiqué que « la qualité de l’alimentation des Ivoiriens pour une nutrition optimale est l’une des voies pour améliorer leur état de santé, et plus particulièrement de celui du couple mère-enfant. »

Avec lui, Dr Woï-Messé Lynda, spécialiste nutrition Unicef Côte d’Ivoire, partenaire technique et financier dudit atelier. Qui a marqué l’engagement de la structure mondiale à accompagner l’Etat ivoirien, à travers le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, à éradiquer le mal.

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