Les autorités maliennes ont présenté, mercredi 29 juillet 2026, un nouvel avion de commandement destiné aux déplacements officiels des plus hautes autorités de l'État. L'appareil, un Boeing 737 modernisé, a été acquis pour 15,6 milliards de FCFA (environ 23,8 millions d'euros), en remplacement de l'ancien avion présidentiel rendu inutilisable après l'attaque de l'aéroport militaire de Bamako en septembre 2024.

Le ministre d'État chargé de l'Économie et des Finances a visité l'appareil aux côtés du secrétaire général de la Présidence de la République et du coordinateur du Groupement aérien de la Présidence. La télévision publique ORTM (Office de radiodiffusion télévision du Mali) a diffusé des images de la cabine et du poste de pilotage, montrant les nouvelles capacités de l'aéronef.

Selon les responsables techniques, le Boeing appartient à la même famille que l'ancien avion de commandement, mais a bénéficié d'une modernisation complète : avionique entièrement rénovée, plusieurs équipements du cockpit remplacés et cabine réaménagée pour les missions officielles. L'appareil dispose d'une cuisine, d'un espace de repos avec chambre et d'aménagements destinés au confort des délégations gouvernementales.

Autonomie de 11 500 kilomètres

Le nouvel avion affiche une autonomie de 11 500 kilomètres, soit près de quatorze heures de vol sans escale. Il peut voler à une vitesse moyenne de 950 km/h et atteindre une altitude de croisière de 41 000 pieds, soit environ 12 300 mètres, ce qui lui permet d'assurer des liaisons intercontinentales directes.

L'ancien avion de commandement avait été gravement endommagé lors de l'attaque du 17 septembre 2024 contre l'aéroport militaire de Bamako, revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), organisation affiliée à Al-Qaïda. Les assaillants avaient notamment incendié l'un des moteurs de l'appareil. Les expertises menées après l'attaque ont conclu à d'importants dommages structurels et mécaniques, rendant une remise en état économiquement peu viable, ce qui avait contraint les autorités maliennes à recourir à des solutions alternatives pour leurs déplacements.

Le ministre des Finances a précisé que l'assurance de l'ancien appareil avait déjà versé 6 milliards de FCFA au Trésor public malien. Des négociations sont par ailleurs engagées pour la cession des pièces détachées et accessoires de l'ancien avion, dont la valeur est estimée entre 3 et 4 milliards de FCFA, afin de réduire le coût net de cette nouvelle acquisition. Cette opération intervient alors que la sécurisation des infrastructures aéroportuaires demeure une question centrale pour les pays du Sahel, dont la Côte d'Ivoire surveille l'évolution sécuritaire à ses frontières nord.