Charles Banny : « Houphouët a mis mon frère en prison pendant 4 ans, il était condamné à mort »

Charles Konan Banny au meeting du PDCI à Gagnoa le samedi 18 août 2018
Charles Konan Banny au meeting du PDCI à Gagnoa le samedi 18 août 2018

Après la cérémonie de remise des cartes PDCI aux 175 militantes de la section Konian Kodjo de Morofê, le Vice-président du a accordé un entretien aux hommes des médias à Yamoussoukro. Dans cette interview de Charles Banny, celui-ci s’est prononcé sur la marche du PDCI, de la crise qui oppose le plus vieux parti ivoirien au unifié, non sans oublier le front social en ébullition avec les grèves.

Monsieur le Vice-président du PDCI, vous avez reçu, avec vos frères et sœurs, le président Henri Konan Bédié, le 6 mars dernier. A cette occasion, il a délivré un message au peuple baoulé, pensez-vous que ce message a été compris, quel constat faites-vous ?

Merci, je crois que le message, comme vous le dites, lancé par le président Henri Konan Bédié ne s’adressait pas uniquement au peuple baoulé. Si ça a été compris ainsi je crois que très rapidement, il faut redresser les choses. En Côte d’Ivoire, le Pdci-Rda n’a jamais été adepte d’une politique communautariste, c’est important ! Et la Côte d’Ivoire ne peut pas se développer sur une base de communautarisme, d’ethnicissisme, de tribalisme. Ce n’est pas dans l’ADN du Pdci-Rda, depuis toujours. Consultons les archives et nous verrons que le Pdci-Rda n’a pas été constitué, à travers le Syndicat agricole africain, par les Baoulé. C’est vrai, Houphouët est un Akouè, c’est vrai qu’il a été soutenu par ses frères baoulé ; en politique, on appelle ça le phénomène de l’Enfant du pays.

Quand un Enfant du pays entreprend quelque chose, défend un combat qui est reconnu comme étant d’envergure nationale, c’est naturellement que ses autres frères du pays, de sa communauté le soutiennent. Mais rapidement, ça va au-delà de cela. Et l’une des caractéristiques qu’on doit reconnaitre au Pdci-Rda, c’est qu’il dépasse les frontières ivoiriennes. Donc le message de Bédié même s’il a été fait de Yamoussoukro, au demeurant capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire, ville natale de , si ce message a été fait à partir de Yamoussoukro qui, c’est vrai, géographiquement, est le cœur du pays baoulé, même si quelquefois, pour mieux communiquer avec son auditoire, il a parlé en baoulé, ce message ne s’adressait pas uniquement au peuple baoulé, il s’adressait à toute la Côte d’Ivoire dans sa diversité culturelle, dans sa diversité de tribus, de races, de religions.

Nous disons oui, les enfants d’Houphouët doivent pouvoir se retrouver pourvu qu’ils partagent toujours la même philosophie et le même principe d’action politique.

Donc c’est un message à caractère national lancé par le président du Pdci-Rda à tous les Ivoiriens qui se réclament de la philosophie de Félix Houphouët-Boigny. Et qui sont soit adhérents du Pdci soit sympathisants du Pdci. Donc en conclusion, c’est un message national. Qu’est-ce qu’on en fait aujourd’hui ? Je crois que ce message est en cours, il produit ses effets. Vous l’avez vu, l’engouement des adhésions, des demandes d’adhésions. Comme on le dit, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Nous sommes en train de récolter les résultats des messages lancés soit par Bédié soit par les autres responsables du Pdci.

Et donc aujourd’hui, on peut dire que les messages des émissaires du Rhdp n’ont plus d’effet et qu’ils sont battus en brèche par les populations après ce passage du président Bédié ?

Ecoutez, il y a une chose qui me gêne. Hier, c’était 2005, le Pdci-Rda, par le biais d’Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara qui était alors président du Rdr, après d’importantes brouilles, dont en sait quelque chose, ont eu la hauteur d’esprit de dire qu’il faut se remettre ensemble, il faut laisser les querelles pour aller à l’essentiel. A l’époque, l’essentiel, c’était que le régime du président n’avait pas la même philosophie que celle de l’Houphouëtisme, puisque le Président était le premier opposant politique moderne, à l’époque il y en a eu avant les indépendances ; donc il fallait se regrouper pour combattre le régime du président Gbagbo d’où le Rhdp. C’est ça le Rhdp historique. Dites-moi quelle est la différence aujourd’hui où vous me parlez, entre le Rhdp historique conçu comme tel, groupement politique et ce dont vous parlez que je ne connais pas.

Mais excellence, on parle de Rhdp unifié aujourd’hui.

Nous allons en parler. Unifié ça veut dire quoi? C’est peut-être là le problème. Nous avons compris qu’il y a un désir de regrouper les partis qui se réclamaient de la philosophie de Félix Houphouët-Boigny, de les regrouper en un seul et même parti. Jusque-là, la démarche n’est pas insultante, n’est pas gênante. C’est une volonté, c’est un désir sauf que ceux qui ne veulent pas prendre le risque de faire revenir le parti unique pouvaient faire quelques réserves. Il s’agit de regrouper dans une même enceinte ceux qui partagent la philosophie de Félix Houphouët-Boigny. Mais la philosophie d’Houphouët et l’héritage que Houphouët nous a laissé et les enfants d’Houphouët qu’il a fait en politique, quand il partait (à son décès), ils étaient où ? Ils étaient tous au Pdci-Rda.

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Nous disons, nous réaffirmons sur cette volonté que les enfants d’Houphouët se retrouvent, le Pdci n’a jamais été contre. Mais pas en effaçant l’histoire et les traces, comme dit l’autre, de Félix Houphouët-Boigny. Il y a un qui dit qu’il va marcher sur les traces c’est pour l’effacer ou pour faire quoi? Vous comprenez, nous disons oui, les enfants d’Houphouët doivent pouvoir se retrouver pourvu qu’ils partagent toujours la même philosophie et le même principe d’action politique. Moi en tout cas, j’ai les mêmes refus d’un certain nombre de choses la violence. Regardez, Houphouët est mort, nous avons fait la guerre. Tous ceux qui ne sont pas pour la guerre doivent lever la main et doivent se compter au Pdci. Tous ceux qui sont pour que nous construisions la nation ivoirienne en respectant les diversités doivent lever la main et se retrouver au Pdci-Rda ; tous ceux qui ne clivent pas des choses, qui ne divisent pas pour régner doivent lever la main et se retrouver au Pdci-Rda. C’est ensemble que nous devons construire la nation ivoirienne. Est-ce que sur cette philosophie, quelqu’un peut prendre en porte à faux le Pdci-Rda?

Donc si le groupement politique qui n’était pas l’unification d’un parti a pu réussir quelques succès, c’est parce qu’ils n’ont pas eu l’ambition d’unifier et d’effacer certaines traces de Félix Houphouët-Boigny mais de reconnaitre les diversités et de les accepter. Le problème, c’est que quand on se retrouve, ce n’est pas d’effacer ou de faire disparaitre le Pdci-Rda. Pour un certain nombre d’entre nous, ça serait parjure, il faut respecter la mémoire d’Houphouët-Boigny. ça parait aliéné, non la fidélité n’est pas un défaut. Ça ne veut pas dire qu’on est autiste, qu’on ne veut pas faire évoluer les choses ; mais soyons fidèles d’abord surtout sur les fondements. Maintenant, ensemble, on travaille. Pourquoi on a voulu, ici et maintenant et tout de suite, à pas forcés, aller vers quelque chose qui posait problème, manifestement au Pdci-Rda. Ça s’appelle de l’autoritarisme. Et c’est ça qui est gênant. Sans peut-être pas porter suffisamment d’attention à un parti dont nous sommes tous issus. C’est gênant, nous sommes tous des Africains et nous sommes très sensibles à cela.

Excellence, vous avez été Premier ministre au moment où la Côte d’Ivoire était en proie à des difficultés. Ensuite vous avez conduit la Cdvr qui a fait son chemin et dont les résultats sont connus. Pour vous, y a-t-il encore espoir que les deux leaders que sont Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se retrouvent pour fumer le calumet de la paix et ramener une certaine quiétude en Côte d’Ivoire ?

Merci pour cette question. Dans la première partie, vous avez évoqué les responsabilités que j’ai exercées. Parce que j’entends des hommes politiques dire, on l’a mis à la Cdvr il n’a rien fait, on l’a mis Premier ministre, il n’a rien fait. C’est de l’obscurantisme et c’est tromper le peuple. Ce qui est extraordinaire, c’est que ces gens-là étaient dans mon gouvernement. Quand vous êtes dans un gouvernement, le résultat de l’action gouvernementale est réduit à un individu ? Oui, j’assume la responsabilité politique quand j’étais Premier ministre et encore de n’avoir pas pu aller au bout. Mais je n’étais pas maître du temps, je n’avais pas le curseur. La résolution qui m’a emmené là et même la deuxième ne mettait pas fin à ma fonction.

Des gens qui aspirent nous gouverner demain, qui raisonnent comme ça, il n’a rien fait, on l’a mis à la Primature, on l’a mis à la Cdvr, il n’a rien fait, il a fallu qu’on emmène à la Conariv, vraiment, c’est une ignorance qui me désole. Parce que la Conariv, ce n’est pas la Cdvr. La Conariv à la limite, c’est une caisse pour payer les victimes sur le travail de la Cdvr. Après que nous avons identifié parfaitement ou imparfaitement, totalement ou partiellement les victimes. On donne l’argent à la Conariv pour payer les victimes. Est-ce que c’est ça la réconciliation? Si c’est ça la réconciliation, il eut fallu ouvrir simplement une grande caisse et dire aux uns et aux autres « vous qui estimez avoir été victimes, alignez-vous, on vous paye et puis vous avez oublié, on paye les cadavres et puis vous oubliez » Non ! J’ai essayé, en tant que président d’une Commission, de faire ce que  je pensais qu’on devrait faire pour que les Ivoiriens puissent se retrouver.

Les rapports sont là, ces rapports ont été appréciés par toute la communauté internationale, paix à son âme, Kofi Annan, Secrétaire général de l’Onu.

Les rapports sont là, ces rapports ont été appréciés par toute la communauté internationale, paix à son âme, Kofi Annan, Secrétaire général de l’Onu. Ces appréciations, c’est quoi, il y a eu un travail scientifique qui a été fait quant il est venu me voir. A Bamako, il y a eu des réunions où nous avons présenté le modèle ivoirien de la réconciliation. Cela a été apprécié car on nous a dit vous avez apporté quelque chose de nouveau à ce qu’on appelle la justice transitionnelle, la justice de pardon, après une crise aussi sévère. Et puis la réconciliation, ce n’est pas du prêt-à-porter, ce n’est pas du « ado ka flè ». Si c’était ça, je serais allé acheter tout de suite pour habiller les Ivoiriens pour qu’ils soient réconciliés. Soyons sérieux surtout quand on aspire gouverner la Côte d’Ivoire. Derrière tout ça, c’est quel visage, nous allons présenter aux autres concitoyens qui fasse en sorte qu’on rapproche les Ivoiriens nonobstant nos différences, nonobstant nos diversités?

Cette mise au point faite, les Ivoiriens peuvent-ils espérer une paix des braves entre les présidents Bédié et Ouattara ?

Je viens maintenant à la question. Y a-t-il encore une petite chance ? Il y en a toujours. Moi je vous parle en tant que responsable, je suis quand même aujourd’hui un responsable en Côte d’Ivoire, j’ai un certain âge, j’ai un âge même certain (rire). Dieu merci, j’ai encore quelque chose dans la tête et j’observe. La Côte d’Ivoire est mon obsession, c’est ma passion, je ne dors pas de voir mon pays comme ça, il ne mérite pas cela, je n’en dors pas tant que ce pays n’a pas retrouvé ce que Dieu lui a demandé d’être, c’est-à-dire un pays terre des hommes, uni, rassemblé, convivial, fraternel ; puisque ce n’est pas ça, tant que nous sommes vivants, je pense qu’il y a toujours quelque chose à faire.

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Mais il y a des préalables : qu’on se respecte, qu’on s’écoute, qu’on ne considère pas que ce que l’on a dit, c’est la vérité, personne n’est sorti des cuisses de Jupiter. Il ne peut pas y avoir de gestion Jupitérienne de la Côte d’Ivoire. Nous sommes des Africains, il faut qu’on tienne compte de nos traditions dans nos façons de faire. Donc moi je suis toujours persuadé qu’on peut toujours faire en sorte qu’on ne retombe pas dans les horreurs que nous avons connues par le passé. Pour vous dire je suis sollicité par les leaders d’opinion qui, soit de la chefferie traditionnelle ou même de la société civile, peut-être raisonnent un peu comme vous. A la différence de ceux qui pensent que je n’ai rien fait, eux, pensent que compte tenu de ma position qui n’est pas une position extrême, moi je suis un homme du milieu, je suis un homme du consensus ; nonobstant, qui viennent me voir que nous cherchions les moyens d’éviter la catastrophe.

Ma position auprès de Bédié, ce n’est pas de le radicaliser mais aussi ce n’est pas d’affaiblir le président de mon parti. Parce que comme je vous l’ai dit, le parti de la réconciliation s’appelle Pdci-Rda.

Mais ça là les jeunes frères, moi je peux faire ma part, c’est nous tous y compris vous. Surtout vous qui tenez la plume. Vous n’êtes pas obligés de rapporter tout ce qui fait mal, tout ce qui divise, tout ce qui remue le couteau dans la plaie, qui rappelle le passé douloureux. La position que je prends-là, c’est parce que j’ai été témoin de choses inimaginables, que des Ivoiriens ont fait à des Ivoiriens. Je ne souhaiterais pas que cela recommence. Ma position auprès de Bédié, ce n’est pas de le radicaliser mais aussi ce n’est pas d’affaiblir le président de mon parti. Parce que comme je vous l’ai dit, le parti de la réconciliation s’appelle Pdci-Rda.

C’est lui qui est l’ADN de la réconciliation parce que c’est un parti qui ne connait pas la violence, qui n’aime pas la violence, Houphouët ne nous a pas appris cela. La réconciliation, Houphouët l’a faite plusieurs fois. Moi qui vous parle, vous savez qu’en politique, Houphouët est un parent, mais il a mis mon frère en prison pendant 4 ans, condamné à mort. Les gens qui s’excitent là, ils étaient où ; mais après, après il y a eu la réconciliation par la parole, par la conviction parce qu’il a su reconnaitre ses erreurs. Donc c’est toujours possible entre gens de bonne volonté. Il y a un Dieu pour les gens de bonne volonté et Dieu n’aime que des gens de bonne volonté. C’est toujours possible !

C’est toujours possible, excellence mais les Ivoiriens ont peur, ils ne dorment plus avec les prémisses de ce qui pourrait arriver, le front social est en ébullition, quel message ?

Ce qui se passe devrait nous conduire d’abord à modérer le langage, c’est la première attitude. Le général Guéi, jusqu’à peu, nous a laissé deux choses : une Constitution qu’il a signée, elle n’existe plus puisque nous sommes à la troisième République avec une nouvelle Constitution. Deuxième chose qu’il nous a laissé, c’est une expression, le bon ton. Le bon ton, oui, il n’est pas honteux de mettre au goût du jour cette expression. Le bon ton, le savoir parler, les paroles qui rassurent, qui apaisent, en tout cas qui ne blessent pas. Ça c’est la première chose. Il faut que les Ivoiriens apprennent à se parler, je ne dis pas qu’ils doivent dire la même chose, on peut ne pas être d’accord mais il y a des manières de l’exprimer. Moi je suis Akan, chez les Baoulé, on peut se dire la vérité sous des formes qui ne conduisent pas aux palabres. Dans les autres langues de Côte d’Ivoire, il y a des formes. C’est ce qu’on appelle le langage diplomatique. Pour apaiser l’atmosphère. Et c’est cela-là que, vous qui écrivez, je vous demande de trouver le ton pour que vos écrits ne soient pas trop méchants.

Comment pacifier le front social en ébullition avec les différentes revendications çà et là ?

Le front social, la politique, nous sommes en train de faire, c’est pour quoi faire? C’est pour qu’au final, les concitoyens se sentent à l’aise et bien dans leur pays. C’est pour qu’ils se sentent bien dans leurs activités. C’est vrai qu’ils ne peuvent pas tout avoir mais qu’ils aient le minimum. C’est vrai il y a des contraintes. Mes fonctions m’ont emmené à savoir que la plus belle femme au monde ne peut donner que ce qu’elle a. Mais il faut qu’elle donne ce qu’elle a. Il ne faudrait qu’elle me donne un peu et qu’ailleurs elle donne beaucoup. C’est comme les hommes qui ont double ménage, on a l’impression que d’un côté, il serre la ceinture et de l’autre côté, il lâche les bourses. Je ne dis pas que c’est ainsi, c’est une impression et cette impression, il faut l’effacer.

Il faut donc de la transparence dans la gestion parce que les citoyens ne sont pas idiots. On leur dit, écoutez mes frères, ce pays nous appartient tous, voici ce que nous produisons, voici les besoins, voici pourquoi on ne va pas aller loin. Mais quand tu dis il ne faut pas qu’on te voit rouler carrosse? Moi qui vous parle, quand j’étais Premier Ministre, je suis allé inaugurer deux, trois pompes d’eau à Kennedy Klouetcha. Je suis allé sous la pluie et j’ai vu les conditions dans lesquelles vivent ces concitoyens. Cela m’a marqué à vie. Et je leur dis tenez-vous bien, la vie est injuste et c’est pour ça qu’on fait de la politique. Pendant que moi je viens vous voir, vous habitez des quartiers avec des maisons au flanc des collines, penchées, ce n’est pas juste. Je ne demande pas que tout le monde vive à la Rivera, ça serait de la démagogie, mais je demande que tout le monde vive de manière décente.

Au moment où Houphouët gouvernait ce pays, il organisait le dialogue national c’est-à-dire qu’on écoute les concitoyens.

Je veux dire qu’il faut être juste, la justice sociale à partir du travail des uns et des autres. Il ne faut pas donner l’impression que le fruit du progrès n’est pas équitablement reparti. Donc le front social se soulève pour ça. Pour éviter ça, apaisons notre langage, apaisons nos propos, rassurons les populations et faisons ce que nous pouvons faire. Il y a une méthode que je vais indiquer. Quand il y a eu cette ébullition en France avec « les Gilets jaunes », je crois que le président a compris, il a organisé ce qu’on appelle le débat national, pour écouter les concitoyens.

Au moment où Houphouët gouvernait ce pays, il organisait le dialogue national c’est-à-dire qu’on écoute les concitoyens. Si on fait ça, le front social va s’apaiser. J’étais Premier ministre et c’était la première fois que je découvrais les conditions des enseignants sur certains points. Par exemple la prime de recherche des enseignants chercheurs qui était dérisoire, je l’ai relevé et depuis, ils me remercient. Je pense qu’il faut le dialogue, qu’il faut institutionnaliser périodiquement.

Interview réalisé par Jean Paul Loukou