Après une série de baisses entre avril 2025 et février 2026, qui avaient ramené le super sans plomb de 875 à 820 F CFA le litre et le gasoil de 715 à 675 F CFA sur l'ensemble du territoire ivoirien, une première remontée était déjà intervenue en mai 2026, portant ces prix à 875 et 700 F CFA. La Direction générale des Hydrocarbures (DGH), organe du ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, a publié le 31 juillet une nouvelle grille de prix maxima applicable du 1er au 31 août 2026, qui acte un second relèvement en quatre mois.
Trois produits directement concernés
Le litre de super sans plomb passe de 875 à 905 F CFA, soit une hausse de 30 F CFA. Le gasoil moteur, carburant de référence pour le transport de marchandises et de personnes, grimpe de 700 à 735 F CFA, une progression plus marquée de 35 F CFA. Le pétrole lampant, très utilisé dans les zones rurales et par les ménages modestes, passe de 745 à 760 F CFA le litre.
Le gaz butane échappe une nouvelle fois à l'ajustement : les bouteilles de 6 kg (2 000 F), 12,5 kg (5 200 F), 25 kg (11 610 F) et 28 kg (13 000 F) restent inchangées, preuve que l'État continue de sanctuariser ce poste sensible du budget des ménages. Dans le district d'Abidjan, les produits industriels suivent en revanche la même trajectoire haussière : le DDO passe de 821 à 859 F CFA/kg, le DDO exonéré de 747 à 776 F CFA/kg, et le fuel oil 180 de 642 à 667 F CFA/kg.
Un Brent sous tension qui rattrape Abidjan
Cette révision s'explique par l'envolée des cours mondiaux depuis la mi-juillet. Le baril de Brent, longtemps stabilisé autour de 75-80 dollars, a bondi au-delà de 100 dollars sous l'effet de l'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz.
Les attaques de tankers en mer Rouge et les menaces de blocus des Houthis contre l'Arabie saoudite ont accentué la nervosité des marchés. Goldman Sachs anticipe désormais un Brent susceptible de dépasser 120 dollars au quatrième trimestre si ces perturbations persistent, avec un prix moyen autour de 100 dollars l'an prochain.
Depuis mars 2026, l'État ivoirien absorbe une partie du différentiel entre le coût réel des produits pétroliers et leur prix plafonné à la pompe, un soutien budgétaire déjà conséquent. Sans cet effort, le litre de super aurait dépassé largement les tarifs actuels.