Côte d’Ivoire : Immersion dans la vie méconnue des femmes de la pêche artisanale

Union des sociétés coopératives des femmes de la pêche et assimilées de Côte d’Ivoire (USCOFEP-CI)

Les femmes jouent un rôle important dans la pêche, d’un point de vue économique, social et environnemental en Côte d’Ivoire. Mais comme partout, elles font face à de nombreux problèmes. Sur tout le territoire ivoirien, les femmes actives exerçant dans la pêche sont réunies au sein de l’ (), qui réunit 14 coopératives.

L’incursion dans ce milieu permet de comprendre que les femmes jouent un rôle crucial dans l’environnement maritime et les économies halieutiques, particulièrement dans le secteur de la pêche artisanale et à petite échelle, bien que leur contribution soit encore invisible et non reconnue. Dans ce secteur, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à l’assainissement est gravement compromis.

Combatives et souvent fières d’un métier grâce auquel elles s’autonomisent et peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants et de leur famille. Selon Georgette célibataire, mère de sept enfants et fumeuse de poisson au marché d’Abobo, « les femmes qui travaillent dans la pêche jouent un rôle important pour leurs familles. Les métiers de la pêche sont des métiers nobles. Quand le poisson est là, les femmes ont les ressources pour s’occuper de leurs enfants. Ce que j’aime dans mon métier, c’est que je ne dépends de personne. J’arrive à me prendre en charge moi-même. C’est grâce à cela que je scolarise mes enfants. Leur papa est là, mais j’aide quand même pour la scolarité et ça me rend fière. (…) Pour cette journée de la femme 2019, je souhaite qu’on nous aide car le poisson est devenu cher. Il y a trop d’intermédiaires. Aujourd’hui quand on achète du poisson, on le revend souvent à perte. Ça crée des dettes. On veut travailler, mais on a besoin d’aide pour retrouver du poisson à un bon prix, pour qu’on puisse continuer à vivre de notre travail ».

Notre travail est important car il nous permet d’aider nos maris. Ils ne rentrent pas tous les jours à la maison avec de l’argent, alors ce travail nous permet de les aider et d’envoyer les enfants à l’école.

Martine une veuve, mère de trois enfants, fumeuse au marché de Yopougon santé renchérit, « les femmes du secteur jouent un rôle très important pour nourrir leurs enfants. Moi qui suis veuve, c’est grâce à ce travail que je peux prendre mes enfants en charge. Je n’ai pas honte de mon métier, au contraire j’en suis fière car c’est grâce à lui que je peux élever mes enfants. Ce métier, je l’ai choisi. (…) La perte de mon mari a été un événement triste pour moi et mes enfants, mais ça m’a rendu autonome car j’ai dû m’occuper seule de mes trois enfants. Mon travail de fumeuse m’a même permis d’envoyer les enfants à l’école ».

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Les connaissances que possèdent les femmes ne sont pratiquement pas reconnues, bien qu’elles aient des idées précieuses sur la manière d’améliorer l’utilisation durable des ressources marines. « Notre travail est important car il nous permet d’aider nos maris. Ils ne rentrent pas tous les jours à la maison avec de l’argent, alors ce travail nous permet de les aider et d’envoyer les enfants à l’école. Mon métier me rend fière car je ne reste pas les bras croisés et je peux aider mon mari et mes enfants. Quand ils ont besoin d’argent pour l’école, il leur dit que papa n’a pas d’argent et qu’il faut aller voir maman. Les nouvelles pratiques de fumage que la nous a apprises ont changé beaucoup de choses pour nous. Pour cette journée de la femme 2019, et en tant que femme, je veux dire à toutes les femmes de ne pas rester les bras croisés, d’être toujours motivées », explique Esther une mère de quatre enfants, fumeuse de poisson au marché de Marcory-Anoumabo.

Ces femmes bien que battantes, ont besoin de l’appui des autorités et de la société pour pouvoir continuer à vivre de leur métier et n’ont pas de continuer à survivre.

Karina Fofana

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