En 2019, « le même nombre d’Ivoiriens pauvres qu’en 2008 » : Cette partie du rapport de la Banque mondiale qu’on vous cache

"Ne donne pas ta voix à la pauvreté" : affiche de campagne du candidat Alassane Ouattara, en 2010

Dans son rapport sur la Côte d’Ivoire, paru en février 2019, la pointe les belles performances macroéconomiques, mais souligne le peu d’avancées en matière microéconomique. Extrait.

Pour durer sur le long terme, la croissance économique d’un pays doit être bien redistribuée. Or, même si les dernières données statistiques sur la pauvreté recueillies en 2015[1] montrent que le revenu national s’est accru de 80 % entre 2012 et 2015 et, que la Côte d’Ivoire enregistre pour la première fois depuis 40 ans une diminution de son taux de pauvreté, cette diminution reste faible, de 51 % à 46,3 %, avec le même nombre d’Ivoiriens pauvres qu’en 2008, soit environ 10,7 millions de personnes. En 2015, près de 46 % des Ivoiriens vivaient encore avec moins de 750 francs CFA par jour (environ 1,3 dollars).

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Les inégalités ne sont pas seulement économiques mais aussi géographiques. Les pauvres sont plus nombreux en zone rurale (56,8 %) qu’en milieu urbain (35,9 % dont 22,7 % à Abidjan), même si cet écart tend à diminuer au fil du temps avec un taux de pauvreté qui s’est réduit dans les campagnes (-5,7 %) entre 2008 et 2015 et, qui a augmenté dans les centres urbains (+6,4 %). Par ailleurs, le nord et le nord-ouest du pays sont plus pauvres (plus de 60 %) que le littoral et le sud-ouest (moins de 40 %).

Elvire Ahonon

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