Fabrice Sawegnon, promoteur du groupe Life TV et directeur général du groupe publicitaire Voodoo, affirme qu'« il n'y a pas de talent chez les jeunes qui sont à l'école de journalisme en Côte d'Ivoire ». Cette déclaration provoque une avalanche de commentaires sur Facebook.
Selon M. Sawegnon, un appel à candidatures a rassemblé « 300, 400 personnes », sans qu'aucune ne soit retenue. Il invite ceux qui veulent « relever le défi » à venir passer un test dans ses locaux.
Une partie des internautes conteste ce constat. Plusieurs lui demandent de définir le talent et d'en préciser les critères. « Un test de recrutement sélectionne des candidats. Il ne délivre pas un certificat d'incompétence à toute une génération », écrit Barry Keriwel. D'autres retournent la critique vers les programmes de Life TV, ou soupçonnent le recruteur de chercher des influenceurs plutôt que des journalistes.

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Le silence de l'Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC) est aussi relevé. Michael Nda y voit une question de crédibilité pour l'école. Kôrô Kôrô estime que le propos banalise le travail des enseignants des universités et grandes écoles de communication. Aucune réaction de l'ISTC n'a été relevée à ce stade.
Talent, diplôme et emploi des jeunes
D'autres commentaires nuancent le débat. Fanny Yaha oppose « le diplômé » qui « a appris » au talentueux qui « sait faire ». Mondé Rufus Oulai estime que la formation ivoirienne comporte « beaucoup de théories » et peu de pratique. Un autre internaute rappelle que les jeunes ont besoin d'une première expérience, tout en leur conseillant de se former seuls en attendant.
Moussa Berthe replace la polémique dans le cadre de l'inadéquation entre compétences et besoins du marché, que les Anglo-Saxons appellent « skills mismatch ». Il estime que les entreprises doivent participer à la formation et propose des chaires d'entreprise dans les universités, l'alternance et des académies internes.
Une série de commentaires prend un tour politique. Plusieurs internautes associent la déclaration aux ambitions municipales prêtées à M. Sawegnon au Plateau, à Abidjan. Un autre juge que la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) devrait réagir. Ces opinions n'engagent que leurs auteurs.
