Ils sont une vingtaine, venus des hôtels et restaurants d'Abidjan et d'ailleurs, à avoir fait le déplacement au siège de la Confédération Ivoirienne des Syndicats Libres (CISL-DIGNITÉ) le vendredi 21 août 2026. Réceptionnistes, cuisiniers, serveurs ou encore responsables syndicaux d'établissement : tous partagent le même quotidien, fait de longues heures debout, d'horaires décalés et, trop souvent, de contrats précaires. Le temps d'une journée, ils ont mis ce quotidien sur la table, à l'occasion d'un atelier de réflexion consacré aux « Défis et perspectives du secteur de l'hôtellerie et de la restauration en Côte d'Ivoire ». La rencontre s'inscrit dans le programme de partenariat entre la CISL-DIGNITÉ et l'organisation syndicale belge ACV-CSC International, au titre du plan d'action 2026.

Un secteur qui fait vivre le pays, mais qui use ses travailleurs

Le secteur pèse lourd dans l'économie ivoirienne : plus de 1 471 hôtels à Abidjan, 177 à San Pedro, près de 49 536 chambres sur le territoire, et une contribution estimée à 7,3 % du PIB national (CEPICI, 2024). Derrière ces chiffres, des milliers d'emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, et un véritable tremplin professionnel pour beaucoup. Mais Kouakou Konan Maurice, professeur de gestion hôtelière et coach formateur venu animer les échanges, n'a rien caché des zones d'ombre : contrats de travail souvent informels, faible couverture sociale, pression constante en période de forte affluence, manque de qualification, métiers encore mal valorisés, retard pris dans le numérique, exigences d'hygiène et de sécurité alimentaire, et défis environnementaux. Autant de réalités que les participants ont reconnues, chacun y retrouvant un peu de son expérience.
Se former pour mieux défendre ses droits — et connaître ses devoirs.

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A la suite des travaux de groupe et des échanges en plénière, les participants ont insisté sur le besoin urgent de formation continue, à la fois sur leurs droits fondamentaux au travail — contrat, rémunération, repos, protection sociale, égalité professionnelle — et sur leurs devoirs et responsabilités au sein de l'entreprise. Plusieurs ont plaidé pour la mise en place d'un programme régulier de formation et de certification des travailleurs du secteur, associé à un dispositif de suivi des conditions de travail. D'autres ont recommandé un renforcement des capacités des délégués syndicaux et du personnel eux-mêmes, afin qu'ils puissent mieux informer leurs collègues, mieux négocier avec les employeurs et devenir de véritables relais du dialogue social dans les établissements

Au terme des travaux, le coordonnateur du programme, Gaha Cyriaque, s'est réjoui des résultats obtenus : « les recommandations de cet atelier, en termes de défis et perspectives, vont nous permettre, en tant qu'organisation syndicale, de mieux adresser les problèmes du secteur » ; a-t-il conclu.

De son côté, le Secrétaire Général Adjoint de la CISL-DIGNITÉ, Djihi Michel, s'exprimant au nom du Président Elie Boga Dago, a salué l'assiduité et la rigueur des participants tout au long de la journée. Il les a invités à rester en contact régulier avec les instances syndicales et à faire remonter, sans attendre, les difficultés rencontrées sur le terrain, « pour que des solutions idoines soient trouvées de concert ».