Mamadou Touré : « L’amnistie du 6 août ne prenait pas en compte Laurent Gbagbo »

Mamadou Touré
Mamadou Touré

Dans une interview accordée à (), Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse et le porte-parole adjoint du , annonce que sera bientôt accueilli en . A l’en croire son retour en Côte d’Ivoire devra être discuté avec . Aujourd’hui les 3500 victimes de la crise post-électorale et leurs proches savent que les auteurs de ces crimes ne seront peut-être jamais condamnés ni par la justice ivoirienne, ni par la justice internationale.

Comment réagissez-vous ?

Nous sommes très sensibles à la situation de ces victimes, d’ailleurs sans attendre forcement la procédure de la CPI, l’Etat de Côte d’Ivoire s’est engagé et a pris beaucoup d’initiatives en faveur des victimes de la crise post-électorale. Plus de 2 000 d’entre eux ont pu être indemnisés et l’Etat de Côte d’Ivoire continuera à amplifier ses actions pour soulager et soutenir ces victimes. Les victimes expriment leur douleur, c’est-à-dire les partisans de Laurent Gbagbo clament leur joie dans les rues d’Abidjan.

Est-ce que la Côte d’Ivoire est coupée en deux ?

La volonté du président Alassane Ouattara est de réconcilier la Côte d’Ivoire en tenant compte de la justice et de la réparation des victimes.

Apres son acquittement ne craignez-vous pas que Laurent Gbagbo injustement accusé ne gagne en popularité dans l’opinion ivoirienne ?

Cela n’est pas notre préoccupation ; Laurent Gbagbo est un homme politique. Aujourd’hui, la préoccupation à notre niveau est de continuer d’agir non seulement pour soulager les victimes et continuer sur notre lancée en allant dans le sens de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale telle que voulu par le président Alassane Ouattara et à amplifier nos actions de développement en faveur des populations les plus vulnérables.

Le jour où Laurent Gbagbo rentrera en Côte d’Ivoire, ne craignez-vous pas qu’il n’y ait pas une grande démonstration de force ?

Nous n’en sommes pas là aujourd’hui. Ce que nous savons, c’est que Laurent Gbagbo sera probablement en Belgique qui a accepté de l’accueillir. Il y sera pour rejoindre sa seconde épouse et son fils. Tout retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, sera certainement discuté avec le président de la république Alassane Ouattara.

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Vous confirmez que la Belgique a donné son accord pour accueillir Laurent Gbagbo ?

Oui, la Belgique a donné son accord pour Laurent Gbagbo compte tenu du fait qu’il y’a sa seconde épouse et son fils.

Il en est de même pour Charles Blé Goudé ?

Selon nos informations, autant la Belgique a donné son accord pour Laurent Gbagbo, la Belgique a refusé d’accueillir Blé Goudé.

En ce qui concerne Laurent Gbagbo, cela veut dire qu’il pourrait arriver à Bruxelles les heures qui viennent ?

Je ne sais pas ça dépendra des procédures à leur niveau mais ce qui est important à retenir, c’est que la Belgique a donné son accord pour le recevoir. Tout retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire sera envisagé à partir de discussion avec le président de la république.

C’est-à-dire que la Côte d’Ivoire envisage aussi de donner son accord à Laurent Gbagbo pour un retour plus tard ?

La discussion autour du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire sera avec le président de la république.

Dans le cadre d’une négociation ?

Ça se fera à travers des discussions avec le chef de l’Etat qui est le premier responsable du pays. Toutes les questions relatives à son retour en Côte d’Ivoire, feront l’objet de discussion avec Alassane Ouattara. En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a été condamné il y’a quelques temps à vingt ans de prison pour le braquage de la .

« L’amnistie du 6 août dernier ne prenait pas en compte Laurent Gbagbo qui était déjà en procédure à la CPI »

Est-ce qu’il risque la prison à son retour ?

Cela relève de la justice de notre pays qui devra faire son travail. Nous n’avons pas de commentaire particulier par rapport au processus de justice.

Laurent Gbagbo est-il couvert par l’amnistie prononcé par le président de la république le 6 août dernier ?

A ce stade non mais toute demande d’amnistie du président Laurent Gbagbo relève du pouvoir discrétionnaire du président de la république Alassane Ouattara.

C’est-à-dire qu’en plus de l’amnistie du 6 août dernier il peut y avoir une nouvelle amnistie ?

L’amnistie du 6 août dernier ne prenait pas en compte Laurent Gbagbo qui était déjà en procédure à la CPI. La loi d’amnistie relève du pouvoir discrétionnaire du président de la république.

Depuis deux jours tous les cadres du disent que le jour où il rentrera, Laurent Gbagbo sera dans une démarche de réconciliation. Est-ce que vous y croyez ?

C’est ce que nous souhaitons. Le président de la république Alassane Ouattara a pris beaucoup d’initiatives en faveur de la réconciliation et de la cohésion sociale. Comme l’a dit le communiqué du gouvernement, nous souhaitons que les différentes décisions qui sont prises aujourd’hui concourent à la consolidation de ce que le président Ouattara a contribué. Quand le FPI demande avant le rendez-vous électoral de 2020 une remise à plat des institutions comme le conseil constitutionnel, comme la commission électorale.

Qu’en pensez-vous ?

Nous ne sommes pas un pays qui est en crise ; nous sommes un pays qui a des institutions qui fonctionnent normalement qui fait au niveau économique la fierté de la sous-région. Il n’y a pas de raison que toutes les institutions soient remises en cause. Le chef de l’Etat a donné des orientations claires. Le premier ministre entamera des discussions avec l’opposition sur la recomposition de la en vue des élections de 2020.

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Apres son retour en Côte d’Ivoire, pensez-vous que Laurent Gbagbo sera candidat à la présidentielle de 2020 pour le FPI ou sera-t-il un sage qui se retirera au village ?

Posez cette question à Laurent Gbagbo pour l’heure au niveau politique notre agenda c’est le congrès de la création du parti RHDP que nous envisageons dans une dizaine de jours qui devrait nous permettre de rassembler le maximum d’Ivoiriens autour de l’idéal de paix, de démocratie et de développement. Face à Laurent Gbagbo requinqué par son acquittement et qui vous ai ouvertement hostile.

Est-ce que votre futur parti RHDP ne risque pas de se retrouver isolé ?

Vous êtes encore dans la configuration de 2010. Depuis lors, les lignes ont fortement bougées en Côte d’Ivoire et le 26 janvier vous le constaterez. Si Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se présentent en 2020, beaucoup d’observateurs pensent qu’Alassane Ouattara lui-même devra à nouveau se présenter. Sur la question, le président a été clair ; sa volonté, c’est de transmettre le pouvoir à une nouvelle génération mais il a pris soins de dire que sa décision finale sera en 2020 en fonction de l’évolution de la situation par rapport avec la stabilité. Nous nous en tenons à cela.

Propos recueillis sur RFI par Karina Fofana

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