Mise en place de l’Intersyndicale de la presse : « La quête de la liberté est permanente » (Président des journalistes)

Intersyndicale de la presse ivoirienne

L’Assemblée générale élective de l’intersyndicale du secteur des médias s’est tenue samedi 23 mars 2019 à Abidjan-Plateau, à la maison de la presse. Au cours de cette cérémonie, Moussa Traoré, président de l’Union des journalistes de Côte d’Ivoire a expliqué l’étendue du sens du syndicalisme au niveau de la presse en Côte d’Ivoire. Ci-dessous un extrait de son intervention.

Mon bureau est devenu un centre social, on paye les facture d’électricité, on paye les facture d’eau on paye l’eau donc vraiment, moi-même je suis pressé de la fin du mandat pour que je puisse faire de la place à celui qui va venir. Nous avons créé la mutuelle pour ça et donc vraiment je vous assure que je suis fatigué.

J’aimerais profiter de cette tribune pour féliciter notre doyen Amonzam tous les combats que nous avons mené, il était en première ligne. Nous-nous sommes déplacé jusqu’au parlement pour aller bloquer la loi sur la presse qui ne nous convenait pas et Amonzam était avec nous au parlement. Applaudissez pour lui.

Nous-nous sommes déplacés jusqu’à l’Assemblée nationale et c’était la première fois dans l’histoire de notre pays que des journalistes avec le président de l’ en tête dans le parlement pour bloquer la loi et les gens ont reculé, ils ont pris nos textes en douce et calmement ils y ont glissé nos revendications dans le texte. Aujourd’hui nous sommes tranquilles. Nous n’irons plus au tribunal pour aller récupérer un journaliste en prison, vraiment je pense que c’est une avancée notable. La vie est un combat et la quête de la liberté est permanente.

Reconnaissons déjà qu’avec la loi que nous avons, l’application ça va poser un autre problème mais la loi est déjà bonne. C’est pour cela qu’on doit se féliciter nous-mêmes pour le combat que nous avons mené. Aujourd’hui, ma situation est ouverte, j’entends plein de chose. Je pense que vous êtes assez majeurs tous les électeurs à l’UNJCI ont un BAC plus trois. Quand tu as Bac plus trois, ça veut dire que tu as une capacité de réflexion mais regarde parmi ceux qui sont là, qui parmi eux peut faire ton affaire c’est ça ! Ce n’est pas celui qui a couru pour venir prendre ta carte d’électeur.

L’an passé, il n’a pas payé ta carte pourquoi cette année il paye ta carte ? Quand tu as le Bac plus trois, tu dois t’arrêter pour réfléchir donc je vous invite à la réflexion. Parmi les individus qui sont là, qui peut emmener vos patrons à payer vos salaires, c’est ça qui est le plus importants qui peut véritablement poser des actes sur le développement en faveur du secteur c’est ça qui est le plus important. Donc faites attention au VI. On est entre nous, quand je dis VI, vous savez de quoi je parle. Chers amis, je suis là ce matin pour apporter mon soutien à l’intersyndicale qui nous a vraiment aidé à avancer dans le combat dans quelques mois, on va faire le 3 mai, la journée mondiale de la liberté de la presse.

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C’est ce jour-là que nous-nous mobilisons pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de respecter la liberté de la presse qui est un principe. Donc on doit se battre pour cette liberté il ne faut pas croire que parce qu’on n’est pas brimé, on ne doit pas célébrer la liberté de la presse. On doit chaque jour mettre dans la tête des gens que notre liberté, elle est fondamentale. La marche de l’an dernier, on était entre 200 et mille personnes. Nous avons compris que la majorité est assise à la maison et nous on lutte pour eux.

J’invite donc les journalistes, à se mobiliser encore pour le 3 mai qui arrive. Houphouët-Boigny le disait, ‘’celui qui a faim, n’est pas un homme libre’’ et notre liberté ne sera définitive que si nous mangeons. Mais si nous ne mangeons pas, nous ne pouvons pas payer nos loyers, on ne peut pas payer l’électricité. On prend des doyens de la presse qu’on veut vider de leurs maisons, c’est incroyable, on est obligé de courir pour aller chercher l’argent dans nos propres comptes pour aider les gens qu’on est en train de vider de leurs maisons ce n’est pas normal. On doit se battre pour que les patrons de presse puissent payer au moins les salaires.

Monsieur le parrain, j’ai un dernier plaidoyer, il faut que les députés accordent 1% du budget de l’Etat au secteur des médias et 1% aux partis politiques. On ne veut même pas 2%. 1% ça fait 6 milliards, je crois qu’avec ça, celui qui dit qu’il ne paye pas les salaires, il est de mauvaise foi, on va l’attraper pour le mettre en prison. Nous devons donc changer de stratégie parce que celui qui veut quelque chose de grand, doit pouvoir se limiter donc, limitons nous à demander 1% du budget. Si on le fait chaque fois, je pense que les députés qui sont l’émanation du peuple vont porter ce combat et nous, nous pouvons faire des propositions de lois pour envoyer aux députés et ils pourront l’introduire auprès du chef de l’Etat pour qu’à la nouvelle loi de finance, on puisse avoir un plan Marshall pour la presse.

Véritablement notre métier est en danger. Nous, par notre position, on parcourt le monde on va dans certains pays comme en Afrique du Nord, l’aide à la presse est destinée au payement du salaire. C’est qu’ils sont convaincus qu’il y a un problème et le problème n’est pas seulement en Côte d’Ivoire. Nous on fait le tour du monde on voit dans presque tous les pays, l’aide que l’Etat apporte aux médias.