Nucléaire : Trump relance les essais américains, Poutine en ligne de mire
Le président américain Donald Trump a ordonné ce 30 octobre 2025 la reprise des essais nucléaires américains, interrompus depuis trois décennies, en réponse directe aux récentes déclarations de Vladimir Poutine sur de nouvelles capacités atomiques russes.
La décision de Donald Trump de relancer les essais d'armes nucléaires américaines marque un tournant brutal dans les relations internationales. Annoncée jeudi, cette mesure intervient quelques minutes avant une rencontre du président américain avec Xi Jinping, son homologue chinois, à Busan. Elle signale un durcissement de Washington face au Kremlin, alors que les efforts pour une paix en Ukraine peinent à avancer.
« En raison des programmes d'essais menés par d'autres pays, j'ai demandé au ministère de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d'égalité. Ce processus commencera immédiatement », a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social. Le président s'est même félicité de la suprématie américaine.
Une course aux armements relancée ?
Cette affirmation est cependant nuancée par les données de l'Institut de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri). Selon cette institution, la Russie détient 5 489 ogives nucléaires contre 5 177 pour les États-Unis et 600 pour la Chine. Au total, le monde compte plus de 12 200 ogives détenues par neuf puissances. La nature exacte des tests n'a pas été précisée par Donald Trump, mais une explosion d'ogives constituerait une violation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) dont Washington est signataire.
Interrogé à bord d'Air Force One, le président a justifié sa décision par l'activité de ses rivaux. « S'ils font des essais, j'imagine qu'on doit en faire », a-t-il affirmé, sans donner plus de détails sur les dates ou lieux, se contentant de répondre : « Cela sera annoncé. Nous avons des sites. » Cette reprise des essais d'armes nucléaires américaines est une réponse directe aux annonces répétées de Vladimir Poutine.
Poutine avait déjà agité le spectre atomique
Le président russe, Vladimir Poutine, avait lui-même agité le spectre d'une escalade ces derniers jours. Dimanche, il avait salué l'essai final réussi du missile de croisière Bourevestnik, vantant sa « portée illimitée » et sa capacité à déjouer les systèmes d'interception. Mercredi, il avait également évoqué l'essai d'un « drone sous-marin Poséidon », compatible avec des charges atomiques, affirmant qu'« aucun autre appareil dans le monde n'est égal à celui-là par sa vitesse et la profondeur » d'opération.
Ces déclarations russes avaient déjà semé l'inquiétude. Pékin a d'ailleurs réagi à la décision américaine en souhaitant que Washington respecte « sérieusement » les obligations du TICE et prenne « des mesures concrètes pour préserver le système mondial de désarmement et de non-prolifération nucléaires ». Les relations entre Donald Trump et Vladimir Poutine, autrefois marquées par une certaine proximité, se sont nettement refroidies, notamment à cause du conflit ukrainien. L'Otan, de son côté, a mené la semaine dernière des exercices aux Pays-Bas pour simuler l'utilisation d'une arme atomique, un geste rare en présence de journalistes. Le traité New Start, qui limite les arsenaux stratégiques, doit expirer en février, ajoutant une couche d'incertitude à la situation.
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