Trois attaques à Dreupieu et Kpéaba (Danané) en 5 ans : Où est donc l’Etat ivoirien ?

Les populations de Dreupieu continuent de s'interroger sur la présence réelle de l'Etat dans leur localité
Les populations de Dreupieu continuent de s'interroger sur la présence réelle de l'Etat dans leur localité

Trois attaques à et Kpéaba () en 5 ans : Où est donc l’Etat ivoirien ? Une question que se posent les citoyens de cette localité, située à la frontière avec la . Lire l’analyse de la Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire. Attaques Dreupieu Kpéaba.

La base d’une paix durable est la cohésion sociale qui permet tout le monde de profiter de la richesse d’un pays. Malheureusement, comme de nombreux citoyens habitant en zone rurale, les populations frontalières ne profitent pas assez de la croissance économique de la Côte d’Ivoire.

À part certains grands passages de la frontière, leur degré de développement est souvent faible, en ce qui concerne l’état de leurs routes, le nombre d’emploi pour leurs jeunes et la qualité de leurs écoles. En outre, leur sécurité est également menacée dans certains endroits.

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Le village ivoirien de Dreupieu, situé à 43 km de la frontière guinéenne, dans le département de Danané, a été récemment l’objet d’une incursion d’hommes armés venus de Guinée. Ces derniers se sont attaqués au drapeau ivoirien et ont enlevé six personnes, dont le chef du village et le directeur de l’école primaire publique (libérés après plusieurs jours de séquestration, NDLR). Comme justification à cette action ils réclament la propriété des terres et demandent le départ des populations. Il s’agit de la troisième attaque en cinq ans après, celles survenues en 2013 et en 2016 à Kpéaba.

« Malheureusement, ces régions sont coupées du reste du pays à cause des routes impraticables »

Alors que la probabilité d’une guerre entre la Côte d’Ivoire et la Guinée est quasi-inexistante, la récurrence de tels actes risque de mettre à mal la cohabitation entre les communautés frontalières et de faire monter la méfiance au sein de la population ivoirienne qui ne se sent pas assez protégée. Les citoyens de ces localités s’interrogent : où est l’Etat ?

Le chef de Dreupieu et des compagnons d'infortune, après leur libération
Le chef de Dreupieu et des compagnons d’infortune, après leur libération

En effet, face à une telle situation, les premières réactions des autorités devraient être d’envoyer des forces pour sécuriser la région et d’informer les habitants pour les rassurer. Une bonne communication entre les autorités et les citoyens est essentielle pour assurer la sécurité de la population. En particulier, c’est valable pour les populations vivant aux frontières, comme elles sont la première vitrine face aux pays voisins, ainsi que la première ligne de défense.

Attaques Dreupieu Kpéaba et présence de l’Etat

Mais pour communiquer, il faut déjà pouvoir accéder à ces zones. Malheureusement, ces régions sont coupées du reste du pays à cause des routes impraticables. Pourtant, l’accès partout avec de bonnes routes est une condition clé de la sécurité ; pour faciliter l’envoi de forces, contre les coupeurs de routes et contre le grand nombre des accidents mortels en Côte d’Ivoire.

Chers sociaux-démocrates cette situation nous amène à nous interroger sur les conditions de vie et d’intégration des populations vivant aux frontières, car aucun développement durable n’est possible sans la sécurité. Or la sécurité passe par la présence des forces de l’Etat, par une communication rassurante et par une amélioration des conditions de vie avec des opportunités économiques pour tous. Car la sécurité est humaine.

Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire

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