Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, pourrait modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat en 2028.
Le processus est enclenché au sein de l'appareil législatif congolais. Après le vote par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi référendaire, le Sénat a validé le texte à l'unanimité la semaine dernière. Cette loi, désormais sur le bureau de Félix Tshisekedi, ouvre la porte à une consultation populaire visant à réviser la Constitution de 2006. Ce document dispose pourtant, dans ses articles fondateurs, que la limite de deux mandats présidentiels ne peut faire l'objet d'aucune modification.
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Le chef de l'État, dont le second mandat s'achève en décembre 2028, justifie cette démarche par une possible demande du peuple. Les opposants politiques, emmenés par Martin Fayulu et Delly Sesanga, dénoncent une manœuvre de conservation du pouvoir. Ils rappellent que le pays traverse une crise sécuritaire majeure dans sa partie orientale, où les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, occupent d'importantes zones urbaines comme Goma et Bukavu depuis le début de l'année 2025.
Le risque du glissement électoral
Au-delà de la question constitutionnelle, l'analyste Ithiel Batumike, du centre de recherches Ebuteli, alerte sur la stratégie du « glissement ». Ce procédé consiste à arguer de l'insécurité pour reporter sine die les élections, prolongeant ainsi le mandat en cours. Pour la Côte d'Ivoire, premier partenaire commercial de la RDC en Afrique de l'Ouest, l'évolution de cette situation politique est suivie de près. La stabilité de Kinshasa demeure un pilier de la coopération économique régionale au sein de la zone francophone.






